Projet Montréal propose de désarmer certains policiers

Comme cela se fait dans plusieurs pays européens, seules les brigades spécialisées du SPVM devraient être munies d’armes, ont convenu les militants.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Comme cela se fait dans plusieurs pays européens, seules les brigades spécialisées du SPVM devraient être munies d’armes, ont convenu les militants.

Réunis en congrès dimanche, les membres de Projet Montréal ont approuvé une proposition visant à revoir la nécessité pour les policiers de porter une arme. Pour mener à bien cette transformation, ils ont suggéré, dans un premier temps, la mise en place d’un projet-pilote.

« On n’est absolument pas en train de dire que, demain matin, les policiers et policières du SPVM n’auraient pas d’arme », a souligné la mairesse Valérie Plante à l’issue du congrès, en insistant sur l’importance de réaliser un projet-pilote. « Il faut que ce soit fait correctement. »

La proposition évoque l’expérience de plusieurs pays européens où seules les brigades spécialisées sont munies d’armes. Valérie Plante assure cependant que, malgré la décision des membres du parti, la montée de la violence dans le nord-est de la ville demeure une priorité pour son administration.

Outre la proposition sur le désarmement des policiers, les membres de Projet Montréal ont aussi convenu de revoir le financement du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en « misant sur des services de sécurité publique de proximité, adaptés aux besoins des citoyens et aux réalités communautaires ». Le parti suggère aussi de bonifier la formation des policiers portant sur l’intervention sociale.

« Le définancement [de la police] n’est pas sur la table », a assuré Valérie Plante. « Ce qui était clair pour les membres de Projet Montréal, c’était qu’il faut réfléchir sur les meilleurs outils pour le SPVM selon la situation. »

Plateforme électorale

En tout, plus d’une centaine de propositions ont été soumises dans le cadre de ce congrès qui s’est tenu virtuellement samedi et dimanche. De ce nombre, 27 ont été approuvées par les membres et serviront de base à la plateforme électorale du parti en prévision du scrutin de novembre prochain. Certaines d’entre elles portaient sur le développement des transports et du réseau cyclable. Les membres ont notamment approuvé la création d’une taxe kilométrique afin d’augmenter la contribution des automobilistes au financement du transport collectif.

En matière fiscale, Projet Montréal propose notamment de négocier avec Québec l’obtention d’une partie des revenus de la taxe de vente du Québec (TVQ) dépensée sur le territoire montréalais et de mettre en place un programme de report d’impôt foncier pour les ménages à faibles revenus qui subissent l’effet de l’augmentation importante de la valeur de leur propriété. Les participants ont également approuvé une proposition sur une réduction de la taxation imposée aux coopératives d’habitation et aux OBNL d’habitation. Ils ont aussi convenu d’offrir la gratuité des transports collectifs aux personnes handicapées.

Un huis clos contesté

Un huis clos avait cependant été demandé pour discuter de dossiers sensibles reliés à la lutte contre l’itinérance et au financement du SPVM, ce qui a divisé les troupes. « Nous n’avons rien à cacher à Projet Montréal », a réagi le conseiller de Jeanne-Mance, Alex Norris, samedi, qui s’est vivement opposé à cette proposition samedi.

Valérie Plante juge toutefois que ce huis clos était justifié compte tenu de l’inconfort exprimé par une membre du parti et de la crainte que des propos tenus pendant les débats soient cités hors contexte.

Dans son discours de clôture, la mairesse Plante a décoché quelques flèches à l’endroit de son adversaire Denis Coderre. « Moi, ce qui m’intéresse, ce n’est pas de retrouver Montréal, que nous n’avons d’ailleurs jamais laissée tomber, mais de retrouver les Montréalaises et les Montréalaises sur le terrain, avec leurs préoccupations, dans leur quartier », a-t-elle dit.

La mairesse, qui sollicite un second mandat, propose de relancer la ville en 500 jours. « 500 jours, c’est le temps dont une administration de Projet Montréal a besoin pour redonner à la métropole son erre d’aller, pour faire en sorte que Montréal renoue avec la croissance d’avant, dans l’économie d’aujourd’hui », a-t-elle expliqué.

Pour l’opposition, la proposition de Projet Montréal de désarmer les policiers est un non-sens. « Nous avons affaire à un parti qui préfère suivre son idéologie plutôt que d’œuvrer à la quiétude des Montréalais », a dit le conseiller d’Ensemble Montréal Abdelhaq Sari. Selon lui, l’augmentation du nombre de fusillades à Montréal exige plutôt que les policiers soient « adéquatement équipés pour faire face à des criminels qui, eux, sont armés ».

De son côté, la Fraternité des policiers n’a pas voulu commenter la proposition de Projet Montréal sur le désarmement des policiers.

Le Grand Prix

Questionnée sur la tenue du Grand Prix de Montréal, Valérie Plante a affirmé que des discussions étaient en cours avec les autres ordres de gouvernement. La Presse rapportait samedi que les organisateurs du Grand Prix de Montréal réclament 6 millions pour compenser les pertes liées à l’absence de spectateurs cette année. « L’important pour moi, c’est que le Grand Prix de Formule 1 du Canada à Montréal reste ici. Si jamais ce n’était pas possible pour cette année, il faut absolument qu’il soit là l’année prochaine, parce qu’on y tient », a soutenu la mairesse.

2 commentaires
  • Mathieu Lacoste - Inscrit 12 avril 2021 16 h 17

    « le désarmement de policiers [près du] plus grand réservoir d’armes à feu de la planète. Des armes qui ont provoqué une flambée de violence urbaine» (Yves Francœur, Fraternité des policiers)



    ...Tandis que les « flambée de violence urbaine » au Royaume-Uni causée par les armureries de l'IRA et de l'Ulster Volunteer Force» n'a pas pour autant armé les bobbys d'un pistolet…

    D'ailleurs, les victimes des balles de notre police sont surtout des marginaux, plutôt que des mafiosi…

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 12 avril 2021 17 h 17

    «le désarmement de policiers [près du] plus grand réservoir d’armes à feu de la planète. Des armes qui ont provoqué une flambée de violence urbaine» (Yves Francœur, Fraternité des policiers)


    ...Tandis que les « flambées de violence urbaine » au Royaume-Uni causée par les armureries de l'IRA et de la Ulster Volunteer Force» n'ont pas pour autant armé les bobbys d'un pistolet…

    D'ailleurs, les victimes des balles de notre police sont surtout des marginaux, plutôt que des mafiosi…
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