Valérie Plante dévoile ses ambitions pour un second mandat

Malgré la pandémie, la mairesse estime que son administration a réussi à «garder le cap» sur la réalisation de la plateforme électorale sur laquelle elle s’est fait élire en 2017.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Malgré la pandémie, la mairesse estime que son administration a réussi à «garder le cap» sur la réalisation de la plateforme électorale sur laquelle elle s’est fait élire en 2017.

Développement de nouveaux quartiers résidentiels, relance économique et création de nouveaux parcs aux quatre coins de la métropole : la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a dressé samedi sa liste de priorités pour les quatre prochaines années, si elle obtient un second mandat en novembre. Certaines propositions sensibles de sa formation seront toutefois traitées à huis clos dimanche.

Près de 300 membres de Projet Montréal prennent part en fin de semaine à un congrès visant à jeter les bases de la plateforme électorale du parti de Mme Plante en vue des élections municipales de novembre. Pandémie oblige, l’événement, en cours depuis samedi matin, se déroule en format virtuel.

« S’il y a une chose qu’on n’avait pas prévue, bien c’est la pandémie, a d’ailleurs souligné samedi matin la cheffe de Projet Montréal, lors d’un discours d’ouverture. Personne, à l’échelle planétaire, n’aurait pu imaginer qu’on vive une situation comme celle-ci et évidemment, ça a eu un impact sur la progression de certains de nos projets. »

Toutefois, malgré ce contexte particulier, la mairesse estime que son administration a réussi à « garder le cap » sur la réalisation de la plateforme électorale sur laquelle elle s’est fait élire en 2017. Mme Plante a notamment souligné l’entrée en vigueur ce mois-ci d’un nouveau règlement d’inclusion en matière d’habitation et la mise en place d’allègements fiscaux pour les commerces de petite taille au cours des dernières années.

« S’il y a des gens qui nous disent qu’on ne se préoccupe pas assez des petits commerçants, c’est faux. Nous sommes la seule administration à avoir réduit autant le taux de taxation pour les petits propriétaires commerciaux », a lancé la mairesse.

Plus de parcs

La mairesse promet d’autre part « d’agrandir notre réseau de grands parcs » si elle est réélue en novembre prochain, la pandémie ayant montré à quel point ces espaces verts « sont populaires » dans la métropole. Le volumineux cahier de propositions élaboré en prévision de ce congrès propose d’ailleurs la création de nouveaux espaces verts dans l’est de l’île, comme le « Grand parc de la Pointe-de-l’Île ».

« La raison pour laquelle je suis si attachée aux parcs, c’est que je vois tout le potentiel économique et touristique d’être cette ville où on vient pour se divertir, mais aussi où on peut marcher ou peut-être louer une bicyclette pour aller d’un espace vert à l’autre d’est en ouest et du nord au sud », a illustré Mme Plante.

D’autre part, l’administration de Valérie Plante garde le cap sur la création de « quartiers carboneutres », notamment dans Lachine-Est, sur le site de l’ancien hippodrome Blue Bonnets et celui de l’ancienne brasserie Molson-Coors. Des secteurs qui pourront accueillir à terme plusieurs unités de « logement social et abordable », entrevoit Mme Plante.

La place de la voiture débattue

Pendant la première journée du congrès, samedi, plusieurs enjeux de mobilité ont aussi été débattus par les membres de Projet Montréal. La création de nouvelles pistes cyclables et de rues piétonnes et partagées a notamment été débattue. Une proposition recommandant de tenir compte des enjeux d’accessibilité universelle dans la réalisation de tels aménagements a d’ailleurs reçu un appui favorable d’une vaste majorité de membres.

D’autre part, la création d’une taxe kilométrique afin d’augmenter la contribution des automobilistes au financement du transport collectif a stimulé la discussion entre les membres.

« Je pense qu’on est rendu là. Il faut être capable de réviser la demande [sur le réseau routier] », a fait valoir le responsable des infrastructures au comité exécutif, Sylvain Ouellet. Une telle mesure fiscale permettrait selon lui de limiter la congestion routière, dont les répercussions socio-économiques sont majeures dans la métropole.

Un huis clos qui fait réagir

En tout, plus d’une centaine de propositions ont été soumises dans le cadre de ce congrès. D’ici la fin de cet événement, un peu plus d’une trentaine d’entre elles, jugées prioritaires, seront soumises à approbation. Des enjeux sensibles reliés notamment à la lutte à l’itinérance et au financement du Service de police de la Ville de Montréal seront toutefois traités à huis clos dimanche matin, loin du regard des médias.

« Nous n’avons rien à cacher à Projet Montréal. Nous pouvons tenir ces débats de façon publique. Nous avons tout à gagner à faire ça de façon transparente », a réagi le conseiller de Jeanne-Mance, Alex Norris, qui s’est vivement opposé à cette proposition. Celle-ci a finalement reçu l’approbation d’une mince majorité de 56 % des membres du parti, en fin d’après-midi.

Nous n’avons rien à cacher à Projet Montréal. Nous pouvons tenir ces débats de façon publique. Nous avons tout à gagner à faire ça de façon transparente.

Préserver l’unité

Mme Plante a d’ailleurs tenu samedi à créer un sentiment d’unité au sein de son parti, en soulignant notamment que « l’histoire de notre ville » ne s’écrira pas au « Je », mais bien au « Nous ». Une déclaration qui survient au moment où le parti se relève tranquillement de la perte d’une part importante de ses membres, dont le nombre a fondu dans les dernières années pour passer de plus de 5000 en 2017 à un peu plus de 2000 en octobre dernier, comme l’avait alors rapporté Radio-Canada.

« C’est un chiffre qui est en hausse constante depuis octobre dernier », assure toutefois le directeur des communications de Projet Montréal, Julien Acosta. En date de samedi, le nombre de membres du parti atteint ainsi 2483. « On sait qui sera finalement notre adversaire, donc ça galvanise les troupes », constate M. Acosta, en référence à la confirmation de la participation de Denis Coderre à la prochaine course à la mairie, à titre de chef d’Ensemble Montréal.

Ce sont par ailleurs quatre élus de Projet Montréal qui ont quitté le parti ou se sont fait expulser de celui-ci l’an dernier. D’autres conseillers ont d’ailleurs confirmé « leur désir de ne pas se représenter » cette année, confie M. Acosta, sans s’avancer davantage. « On va respecter leur désir de l’annoncer au moment qu’ils le souhaitent », ajoute-t-il.

Les sièges laissés vacants par ces départs seront l’occasion pour Projet Montréal de présenter des candidatures de la diversité dans certains arrondissements « où ils ont des chances de l’emporter », souligne Julien Acosta. En 2017, le parti n’a fait élire aucun candidat membre d’une minorité visible au conseil municipal. Il a depuis recruté Cathy Wong, qui avait d’abord été élue au sein de la formation de Denis Coderre.

« J’ai hâte que de nouveaux visages s’ajoutent à nous et qu’on puisse créer une équipe qui sera le reflet du Montréal d’aujourd’hui, mais aussi celui du Montréal de demain », a d’ailleurs glissé Valérie Plante pendant son discours.

Le congrès du parti reprendra dimanche matin.

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