Montréal a réussi à contenir la progression des variants jusqu’à maintenant

La directrice régionale de santé publique de Montréal, Dre Mylène Drouin.
 
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne La directrice régionale de santé publique de Montréal, Dre Mylène Drouin.
 

Montréal a jusqu’à maintenant réussi à contenir la propagation des variants du coronavirus responsable de la COVID-19, mais la Direction de la santé publique de Montréal appréhende l’impact de la troisième vague et s’attend à une hausse de cas dans les prochains jours, voire les prochaines semaines. Les personnes atteintes sont plus jeunes et les variants augmentent de façon significative les risques d’hospitalisation, ont constaté les autorités.

« Je m’étais promis qu’on n’allait pas être l’épicentre de la troisième vague et je garde le cap là-dessus », a commenté la directrice régionale de la santé publique de Montréal, Mylène Drouin, alors qu’elle faisait le point sur la campagne de vaccination mercredi, en compagnie de Sonia Bélanger, p.-d.g. du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

Depuis trois semaines, un plateau des cas de COVID-19 se maintient dans la métropole, avec une légère hausse dernièrement . « Mais ce n’est pas exponentiel, comme on peut le voir dans d’autres régions du Québec et en Ontario », a indiqué la Dre Drouin. Celle-ci demeure cependant préoccupée, compte tenu de la présence des variants et de la densité de population à Montréal.

Plus jeunes et plus malades

Les variants du coronavirus sont d’ailleurs présents dans 42 % des nouveaux cas, ce qui laisse présager une progression de la contamination. « On ne va pas gagner la bataille contre le variant, mais on a pu le repousser pour protéger le plus grand nombre de personnes », a soutenu Mylène Drouin.

La Santé publique montréalaise compte 142 éclosions actives liées aux variants, mais la majorité d’entre elles ne comptent que dix cas et moins. À Montréal, 265 patients sont hospitalisés, dont 71 se trouvent aux soins intensifs. « On a moins d’hospitalisations, mais le nombre de personnes en soins intensifs est quand même préoccupant. Les patients hospitalisés en soins intensifs sont plus jeunes, ils sont plus malades et leur durée de séjour est beaucoup plus longue », a expliqué Sonia Bélanger.

Celle-ci ajoute que selon les témoignages de médecins, des patients dans la quarantaine et la cinquantaine frappés par les variants se retrouvent en plus grand nombre aux soins intensifs. « Ce ne sont pas nécessairement des gens qui ont des maladies chroniques ou d’autres situations. C’est ce qui le plus surprenant », a-t-elle souligné. « Certains médecins nous ont dit que dans les grands hôpitaux de Montréal, il y a des jeunes dans la vingtaine qui sont hospitalisés. Je pense qu’il faudra suivre ça de très près. »

La Dre Drouin a d’ailleurs précisé que les risques d’hospitalisations pour les personnes atteintes par les variants étaient de 70 % supérieures à celles des personnes touchées par le virus conventionnel.

Les éclosions sont désormais plus rares dans les foyers pour personnes âgées. Ainsi, au cours de la dernière semaine, seulement une éclosion a été recensée dans un CHSLD et une autre dans une résidence de personnes âgées.

Selon les autorités, la campagne de vaccination progresse bien. Jusqu’à maintenant, 23 % de la population montréalaise est vaccinée et le taux de vaccination des personnes de plus de 60 ans dépasse 75 % si l’on tient compte de celles qui ont déjà un rendez-vous, a souligné Sonia Bélanger.

À compter de jeudi, les personnes âgées de 55 ans et plus vivant sur l’île de Montréal pourront recevoir le vaccin d’AstraZeneca sans rendez-vous dans sept sites, notamment au Palais des congrès et au Stade olympique. La vaccination des personnes atteintes de maladies chroniques et des travailleurs essentiels débutera dans les prochains jours.

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