Denis Coderre en 10 moments marquants

Denis Coderre tentera un retour à l’hôtel de ville, quatre après sa défaite aux mains de Valérie Plante. Le politicien présente une nouvelle image, mais a-t-il vraiment changé ? Son mandat à la mairie de 2013 à 2017 n’a pas été de tout repos. Le Devoir propose un rappel des moments marquants de son passage à l’hôtel de ville.

Quelques mois après son accession à la mairie de Montréal, en 2014, Denis Coderre réalise une de ses promesses électorales, celle de créer un poste d’inspecteur général, qu’il voit comme un remède à la corruption qui a gangrené la ville dans la décennie précédente. Pour occuper ce poste, il nomme Me Denis Gallant, une vedette de la commission Charbonneau. À ses yeux, ce geste a permis de clore un triste chapitre dans l’histoire de Montréal.

Denis Coderre entreprend aussi d’appliquer un régime minceur à la Ville par des compressions budgétaires et l’abolition de 2700 postes dans la fonction publique. Il s’attaque du même coup à la réforme des régimes de retraite, ce qui aura pour effet d’enflammer les relations de travail. Le 18 août 2014, des centaines de syndiqués envahissent l’hôtel de ville, allant même jusqu’à investir la salle du conseil municipal pour y semer le désordre. « Jamais, au grand jamais, je vais laisser qui que ce soit nous intimider pour faire notre travail », dira Denis Coderre après le départ des manifestants.

 

Marteau-piqueur, flushgate et micro-trottoir

Qualifié de « Kid Kodak », Denis Coderre aimait bien les coups d’éclat. Comme ce vendredi du 14 août 2015 quand, aux commandes d’un marteau-piqueur, il avait entrepris de détruire une dalle de béton installée par Postes Canada dans un parc pour accueillir une boîte postale. « L’aménagement du territoire, ça m’appartient. Je vais l’enlever la dalle, moi. Just watch me », avait-il lancé aux journalistes présents.

Denis Coderre se serait bien passé de la polémique entourant le « flushgate », survenu à l’automne 2015, et qui a fait jaser tant ici qu’à l’étranger. Le rejet de huit milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve à l’occasion de travaux dans l’intercepteur sud-est a fait scandale et donna lieu à une confrontation entre le maire et le gouvernement de Stephen Harper.

Les controverses se suivent, mais ne se ressemblent pas. À la même époque, le maire décide d’interrompre les travaux d’aménagement d’une piste cyclable sur la rue de Brébeuf, dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Pour sauver une trentaine de places de stationnement, un « micro-trottoir » de 70 cm de largeur fut construit le long du parc Laurier. Excédé par les critiques, le maire avait associé ses opposants à la « milice radicale ». Un trottoir de largeur standard a finalement été construit des années plus tard par l’administration Plante.

Projets ambitieux au parc Jean-Drapeau

Denis Coderre avait aussi des idées de grandeur. En mai 2015, Le Devoir révélait que l’homme d’affaires Guy Laliberté convoitait un terrain de l’île Sainte-Hélène pour y créer un espace commémoratif et permettre la tenue de célébrations funéraires privées. Denis Coderre a admis avoir lui-même sollicité le fondateur du Cirque du Soleil pour qu’il réalise un projet à l’occasion du 375e anniversaire de Montréal afin, avait-il expliqué, de réparer les torts causés à l’homme d’affaires lors de l’abandon du projet de complexe récréotouristique au bassin Peel dix ans auparavant.

Deux ans plus tard, son administration a piloté la construction d’un amphithéâtre naturel au parc Jean-Drapeau au coût de 73 millions de dollars pour la tenue de concerts tels que ceux du festival Osheaga et de Heavy MTL organisés par Evenko. Les travaux avaient entraîné l’abattage d’un millier d’arbres.

Autoritaire à ses heures, Denis Coderre a dû subir les conséquences de ses paroles. En 2012, le politicien — qui n’était pas encore maire — avait dit à une policière qui venait de lui remettre un constat d’infraction qu’il était son « futur boss ». Puis, en 2015, lors de la Fête nationale à la place des Festivals, à deux policières qui lui demandaient de se déplacer, car il entravait la circulation piétonne, Denis Coderre s’était exclamé : « Tu travailles pour moi, toi ! »

Il arrivait aussi au maire de communiquer directement avec le directeur du SPVM pour des événements l’impliquant. Après un de ces coups de téléphone, le SPVM avait ouvert une enquête pour déterminer qui avait refilé au journaliste de La Presse, Patrick Lagacé, le constat d’infraction de 2012. Le téléphone du journaliste avait alors été placé sous surveillance. Devant la commission Chamberland, Denis Coderre avait admis avoir « pété une coche » lorsqu’il avait appris qu’un journaliste avait obtenu copie de son constat d’infraction. Il a toutefois affirmé n’avoir jamais réclamé d’enquête sur cette fuite.

Un des moments forts du mandat de Denis Coderre fut l’obtention du statut de métropole pour Montréal. Le projet de loi déposé par le gouvernement Couillard, en décembre 2016, a notamment accordé plus d’autonomie à la Ville dans des domaines comme le développement économique, l’habitation et le patrimoine.

Le règne de Denis Coderre s’est terminé sur une fausse note. La tenue d’une course de Formule électrique dans les rues du centre-ville et le secret entourant les billets distribués gratuitement lors de cet événement auront été un boulet dans sa campagne électorale et ont contribué à sa défaite le 5 novembre 2017.

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