Denis Coderre retente sa chance à la mairie de Montréal

L’ancien maire de Montréal Denis Coderre reconnaît qu’après sa défaite de 2017, il devra démontrer qu’il peut à nouveau servir les Montréalais et mériter leur confiance.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ancien maire de Montréal Denis Coderre reconnaît qu’après sa défaite de 2017, il devra démontrer qu’il peut à nouveau servir les Montréalais et mériter leur confiance.

Denis Coderre tentera de prendre sa revanche contre Valérie Plante à l’occasion des élections du 7 novembre prochain. Sur le plateau de Tout le monde en parle, dimanche soir, le politicien a annoncé qu’il sera candidat à la mairie de Montréal.

« Je ne me présenterai pas contre Valérie Plante. Je vais me présenter pour Montréal », a-t-il déclaré à Guy A. Lepage. « Oui, je serai candidat à la mairie. Je veux qu’on retrouve Montréal aussi. Je veux m’assurer qu’on peut avoir un Montréal pour tous les Montréalais. Si on veut redonner de l’espoir à la population, on a besoin d’alternatives. »

« J’ai réfléchi pendant quatre ans. Je me suis retrouvé personnellement. J’ai rencontré plein de gens. À la lumière de ce qui se passe aujourd’hui, je pense que Montréal mérite mieux. Mais je veux qu’on fasse une campagne d’idées. Il y a des enjeux », a-t-il poursuivi.

Après avoir entretenu pendant des mois le suspense autour d’un possible retour dans l’arène municipale, Denis Coderre a confirmé ce qui était devenu un secret de Polichinelle. Son annonce suit de près la publication de son livre intitulé Retrouver Montréal, dans lequel il a livré sa vision politique. Sans l’écrire explicitement, Denis Coderre laissait clairement entendre qu’il comptait bien reconquérir la mairie.

J’ai eu une très mauvaise dernière année, mais […] avec notre équipe, on est en mesure de faire renaître cette ville

 

L’ancien maire a reconnu qu’après sa défaite de 2017, il devra démontrer qu’il peut à nouveau servir les Montréalais et mériter leur confiance. « J’ai eu une très mauvaise dernière année, mais […] avec notre équipe, on est en mesure de faire renaître cette ville. Ce qui est surtout important, c’est que ce ne soit pas l’histoire d’un homme. »

Questionné par l’animateur sur sa propension à vouloir tout gérer et à faire de la microgestion, M. Coderre a admis qu’il devra prouver qu’il est « un gars d’équipe ». « On a surtout besoin d’un maire, d’une personne, d’une équipe qui va relancer Montréal. Et actuellement, Guy A., soyons honnêtes, on n’a pas l’impression qu’on est une métropole. »

Denis Coderre a mentionné que pour mener campagne, il souhaitait renouer avec Ensemble Montréal, le parti qu’il a créé en 2013. « J’ai l’intention de les retrouver. Il y en a quelques-uns [parmi les élus] qui le savent », a-t-il dit à l’animateur.

Rappelons qu’après sa défaite en 2017, Denis Coderre avait quitté son parti en le laissant avec une dette de 223 000 $. Par la suite, cette dette avait grimpé à plus de 400 000 $. Le conseiller et chef de l’opposition Lionel Perez dirige Ensemble Montréal de façon intérimaire depuis le départ de M. Coderre.

En soirée, M. Perez s’est dit « heureux » du retour de Denis Coderre et a indiqué qu’il comptait convoquer une caucus spécial sous peu. « Son expérience, son cheminement et sa vision permettront définitivement à la métropole de sortir de son marasme et de retrouver ses lettres de noblesse », a déclaré par voie de communiqué.

Formule électrique

L’animateur a fait remarquer à Denis Coderre que, dans son livre, il ne faisait aucune mention de la Formule électrique, un dossier qui a contribué à sa défaite en 2017. « J’avais dit qu’on avait fait une erreur et que j’avais fait une erreur dans les communications et qu’on n’était pas non plus pour faire de l’autoflagellation continue », a expliqué l’ancien maire. « Oui, J’ai fait une erreur et je me suis excusé et je m’en excuse encore. En même temps que je n’étais pas bien, je me braquais et ça avait l’air arrogant. Mais si on veut assurer une lutte contre les changements climatiques, il faut aussi embarquer dans l’innovation et dans le transport électrique. »

Bien qu’il soit reconnu comme un grand amateur de baseball, il a admis que la construction d’un nouveau stade n’était pas une priorité. « Le timing n’est pas bon parce qu’on est en pleine pandémie. C’est sûr que la priorité, c’est de s’occuper des choses qui sont très concrètes et immédiates », a-t-il dit. Selon lui, il faudra prendre connaissance de toutes les données au sujet de ce dossier porté par un groupe de gens d’affaires parmi lesquels Stephen Bronfman et voir s’il existe réellement des retombées économiques pour un tel projet avant de prendre une décision. « S’il y en a, le premier ministre prendra des décisions. Mais ce que je comprends, c’est qu’on n’a pas demandé d’argent [à] la Ville pour un stade. C’est clair pour moi que les priorités doivent être beaucoup plus sur la relance économique, qu’on puisse se retrouver comme Montréalais. Il y a des dossiers dont on doit s’occuper. »

« Je suis un peu tanné qu’on tire la “plogue” tout le temps sur l’ensemble des investissements avant de voir c’est quoi la feuille. »

Au sujet du Réseau express métropolitain de l’Est, dont la construction au centre-ville en mode aérien alimente la controverse, il a soutenu qu’il faudrait faire preuve de leadership. « On est capables de se parler. C’est à nous autres, la Caisse de dépôt. C’est notre fonds de pension. » Il a aussi abordé d’autres thèmes qu’il avait traités dans son livre, dont une nouvelle vision pour le service de police.

La mairesse Valérie Plante, qui a récemment reproché à Denis Coderre sa séance d’effeuillage interminable, n’a pas tardé à réagir à l’annonce de son adversaire. « On ne peut pas dire qu’on ne s’y attendait pas ! » a-t-elle écrit sur Twitter. « Blague à part, je souhaite la bienvenue à Denis Coderre dans la course. Je suis impatiente de pouvoir débattre avec vous, de notre vision pour Montréal. » 

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