Un budget qui laisse Valérie Plante sur sa faim

La mairesse de Montréal, Valérie Plante
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La mairesse de Montréal, Valérie Plante

Valérie Plante estime que budget du Québec déposé jeudi est bien insuffisant pour relancer la métropole. Tout en saluant l’importance accordée à la santé et à l’éducation, la mairesse a déploré le manque d’investissements destinés à la construction de logements sociaux et à la décontamination de terrains dans l’Est de l’île.

La mairesse a accordé une note de 6,5 sur 10 au budget. « Pour moi, c’est un bon budget post-COVID. Il répond aux besoins à court terme de l’urgence sanitaire », a-t-elle expliqué jeudi, en évoquant les sommes consacrées au domaine de la santé, celles prévus pour la construction et la rénovation d’écoles ainsi que les réductions d’impôts pour les entreprises qui ont beaucoup souffert de la pandémie.

Le budget l’a cependant laissée sur sa faim. « Montréal a été l’épicentre de la pandémie. On en a beaucoup souffert. Dans cette idée d’une relance verte et inclusive, j’aurais aimé avoir des mesures très fortes », a-t-elle dit. « L’absence de sommes pour accélérer la décontamination [des terrains] dans l’Est de Montréal est problématique pour nous car ça pourrait retarder le développement de l’Est de Montréal alors qu’on sait que le REM s’en vient. C’est maintenant qu’il faut absolument peser sur l’accélérateur. »

En habitation, Montréal réclamait des investissements pour permettre la construction de 1500 logements sociaux. Or, le budget n’en prévoit que pour 500 logements pour l’ensemble du Québec. Valérie Plante a reconnu que dans les circonstances, elle ne serait pas en mesure de tenir sa promesse électorale de réaliser 12 000 logements sociaux et abordables pendant son mandat qui se termine en novembre prochain.

La mairesse s’est toutefois réjouie des investissements prévus pour le Réseau express métropolitain (REM) de l’Est et pour le réseau structurant vers le sud-ouest de la ville, identifié comme une partie de la future ligne rose. Elle a aussi bien accueilli l’attribution d’une somme de 5 millions $ pour l’Escouade de lutte au trafic des armes (ELTA) lancée au mois de janvier dernier et les investissements de 65 millions pour la lutte à l’itinérance.

Les gens d’affaire satisfaits

« Ce budget passe le test de renforcer la confiance du milieu des affaires envers la relance », estime pour sa part Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

En ajout aux 50 millions $ annoncés à l’automne dernier pour la relance des centres-villes, le budget prévoit 25 millions $ additionnels afin de « favoriser le retour des travailleurs dans certains centres-villes des différentes régions du Québec lorsque la situation sanitaire le permettra », est-il écrit. Une annonce très bien accueillie du côté de la CCMM.

Le gouvernement a fait des choix « très importants pour Montréal », souligne M. Leblanc, notamment pour le soutien de l’enseignement supérieur qui est très concentré dans la métropole, et celui des industries touristique et culturelle.

Dans son budget, Québec prévoit 14,9 millions $ pour favoriser la tenue de festivals et d’évènements touristiques (très présents à Montréal), des crédits de 29 millions $ pour soutenir les efforts promotionnels de la destination touristique québécoise, ainsi qu’un investissement de 214 millions $ sur 6 ans pour promouvoir la culture.

M. Leblanc salue également la décision du gouvernement de ne pas recourir à des hausses de taxes, en plus d’octroyer un congé fiscal pour les grands projets – ce qui « ouvre la voie à ce que le secteur privé investisse », selon lui.

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