Valorisation du français: Montréal préfère donner l’exemple plutôt que punir

La mairesse de Montréal, Valérie Plante
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La mairesse de Montréal, Valérie Plante

Montréal mise davantage sur l’exemplarité et sur la promotion que sur la coercition pour valoriser la langue française sur son territoire. Dans un premier temps, la Ville compte œuvrer à l’obtention des certificats de conformité de l’Office québécois de la langue française (OQLF) pour les six arrondissements qui ne l’ont toujours pas.

La mairesse Valérie Plante a présenté lundi matin le plan d’action de la Ville en matière de valorisation de la langue française, en compagnie de l’élue responsable du dossier au comité exécutif, Cathy Wong. « Ça fait longtemps que la Ville de Montréal aurait dû poser ce geste. Les administrations qui se sont succédé dans les dernières années ont préféré ne pas intervenir dans le débat. C’est vrai que c’est tentant de tout simplement relayer cette responsabilité au gouvernement du Québec », a-t-elle expliqué d’entrée de jeu.

Sur la litigieuse question de l’usage du français dans les commerces et le fameux « Bonjour-Hi », la mairesse a tout de même rappelé que la protection de la langue française était une compétence relevant du gouvernement du Québec, et non de la Ville.

Pour moi, c’est le français d’abord et avant tout, et ensuite, selon le contexte, il peut y avoir des moments où il y a des messages en anglais

 

Le rôle de Montréal vise plutôt l’accompagnement et le soutien aux entreprises, estime-t-elle. « Il y a une grande part qui revient au gouvernement du Québec, mais nous, ce qu’on souhaite faire, c’est travailler avec nos partenaires, dont les chambres de commerce, les sociétés de développement et PME Montréal. C’est là où on peut jouer un rôle », a affirmé la mairesse Plante, en rappelant que Québec doit bientôt présenter sa réforme de la loi 101.

Nécessaire contexte

Questionnée sur la place de l’anglais dans les communications municipales, la mairesse a soutenu que le plan de son administration ne remettait pas en question les droits des anglophones et des allophones décrits dans le préambule de la Charte de la langue française. « Pour moi, il est important de communiquer dans plusieurs langues sur les sujets où je suis interpellée, comme celui du développement économique. Dans le contexte de la pandémie, il était absolument nécessaire de pouvoir dire aux gens d’aller se faire tester ou de se faire vacciner : c’est une question de santé publique. Pour moi, c’est le français d’abord et avant tout, et ensuite, selon le contexte, il peut y avoir des moments où il y a des messages en anglais. »

En 2018, la mairesse s’était fait vertement critiquer lorsqu’elle avait prononcé un discours uniquement en anglais lors d’une annonce sur des investissements dans le domaine de l’intelligence artificielle. Elle avait présenté ses excuses par la suite.

Le plan de la Ville prévoit 24 actions, dont la création d’un prix pour récompenser un individu ou une organisation pour sa contribution à la promotion du français. La Ville compte notamment s’assurer que les réunions diplomatiques et événements internationaux se tiennent majoritairement en français.

Montréal veut également mener une campagne de sensibilisation auprès des populations allophones et des étudiants des établissements post-secondaires. Un comité dirigé par le directeur général de la Ville sera aussi mis sur pied pour suivre l’état d’avancement des actions de la politique.

Rappelons que la ville-centre a obtenu son certificat de conformité de l’OQLF en janvier dernier. Six arrondissements montréalais ne l’ont toujours pas obtenu : Pierrefonds-Roxboro, Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Montréal-Nord, Saint-Laurent, Saint-Léonard et Lachine.

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