Un nouveau programme pour la construction de logements abordables à Montréal

En vertu du nouveau programme, les logements seront mis à l’abri de la spéculation et leur abordabilité s’étendra sur une période minimale de 30 ans.
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne En vertu du nouveau programme, les logements seront mis à l’abri de la spéculation et leur abordabilité s’étendra sur une période minimale de 30 ans.

Montréal se dotera d’un nouveau programme pour la construction de logements abordables dans deux zones de la métropole, ce qui permettra aux acheteurs d’obtenir un rabais de 20 % de la valeur marchande de leur habitation. En vertu de ce programme, les logements seront mis à l’abri de la spéculation et leur abordabilité s’étendra sur une période minimale de 30 ans.

L’administration de Valérie Plante a précisé vendredi les paramètres de son programme, qui s’inscrit dans son Règlement pour une métropole mixte, aussi connu sous le nom de « 20-20-20 », qui entre en vigueur le 1er avril prochain.

Dans les deux zones de densité choisies, situées dans L’Île-des-Sœurs et dans l’arrondissement de Saint-Laurent, la contribution du promoteur atteindra 10 % de la valeur marchande du logement de manière à en réduire le prix de vente. Montréal assumera 10 % de la facture sous forme de subvention, qui sera versée en fidéicommis au notaire qui procédera à la transaction.

À titre d’exemple, une habitation dont la valeur marchande est évaluée à 500 000 $ coûtera 400 000 $ à l’acheteur compte tenu de la contribution de 50 000 $ du promoteur et de la subvention de 50 000 $ de la Ville de Montréal.

Pour une habitation dont la valeur marchande atteint 500 000 $, un ménage devra avoir un revenu inférieur à 114 300 $ pour bénéficier du programme.

« D’acheteur en acheteur »

L’abordabilité des logements sera maintenue sur une période de 30 ans. Ainsi, si l’acheteur décide de revendre sa propriété, le prix de vente devra correspondre à une augmentation maximale de 3 % annuellement par rapport au prix initial. Au terme de 30 ans, la Ville pourrait acquérir le logement abordable pour le revendre ou pour le proposer à un OBNL. « De cette façon, l’abordabilité du logement sera transférée d’acheteur en acheteur. Compte tenu du marché très actif de la métropole — on le voit ces derniers jours —, où le prix des habitations augmente beaucoup plus rapidement que 3 % par année, cette approche assurera que plus on va avancer dans le temps, plus les propriétés seront abordables par rapport à la croissance du marché », a indiqué le responsable du dossier de l’habitation au comité exécutif, Robert Beaudry.

La Ville évalue à 491 000 $ le prix de vente maximal que pourra obtenir un propriétaire lors d’une revente du logement après sept ans, dans le cas où le prix initial payé aurait été de 400 000 $.

Portée limitée

Montréal prévoit la construction d’un maximum de 315 habitations abordables pour les trois premières années du programme. Le coût pour la Ville pourrait atteindre 5,8 millions de dollars.

L’opposition considère qu’avec ce projet, l’administration Plante accouche d’une souris, compte tenu du nombre limité de logements abordables prévus. « L’administration dit vouloir atténuer l’exode des Montréalais. En 2020, 36 000 de nos concitoyens ont quitté la métropole pour la banlieue ; autant dire que Valérie Plante tente de stopper l’hémorragie avec un diachylon », a déclaré la conseillère d’Ensemble Montréal, Karine Boivin Roy.

En prévision des élections de novembre prochain, le parti entend proposer une plateforme électorale qui comportera des mesures qui « s’adresseront à l’ensemble des Montréalais, et non à 150 personnes ».

À voir en vidéo