Éclosion de partis locaux à Montréal

Dans Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, Sue Montgomery a fondé «Courage», un parti qui présentera une équipe locale.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Dans Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, Sue Montgomery a fondé «Courage», un parti qui présentera une équipe locale.

Deux mairesses d’arrondissement, qui avaient été expulsées du caucus de Projet Montréal, tenteront de se faire réélire avec leur propre formation politique lors du scrutin municipal de novembre prochain. Dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Sue Montgomery a fondé Courage, un parti qui présentera une équipe locale, tout comme la mairesse de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Giuliana Fumagalli, qui a créé Quartiers Montréal.

La création du parti de Sue Montgomery a été autorisée en septembre dernier, mais plus tôt cette semaine, l’élue l’a rebaptisé Courage. Pourquoi ce nom ? « Parce qu’il faut avoir du courage pour changer et améliorer des choses, surtout à la Ville de Montréal », rétorque Mme Montgomery, qui, depuis 2019, a eu maille à partir avec le parti de Valérie Plante, avec lequel elle avait été élue en 2017.

Son parti présentera des candidats dans tous les districts de l’arrondissement, mais Mme Montgomery n’entend pas déborder des frontières de CDN-NDG. « Je veux me concentrer sur notre arrondissement, parce qu’il est négligé depuis longtemps par la ville centre, et même par Projet Montréal. »

Sue Montgomery n’exclut pas de faire des alliances ponctuelles avec d’autres partis, comme celui de son homologue de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Giuliana Fumagalli. « Il y a des similarités entre les deux arrondissements, comme la présence d’immigrants, la pauvreté et les logements. On pourrait travailler ensemble sur ces dossiers. »

Plus de diversité

Sue Montgomery n’a pas encore choisi ses candidats, mais elle souhaite attirer des candidats issus des minorités et des femmes. « En ce moment, le conseil d’arrondissement est très blanc et ça ne représente pas du tout notre diversité », souligne-t-elle, en précisant qu’il n’est pas question pour elle de tenter de recruter des élus actuels.

Elle n’écarte pas la possibilité d’appuyer un candidat à la mairie de Montréal, mais elle n’a aucunement l’intention de s’associer à un parti à l’échelle de la ville : « Honnêtement, j’ai trouvé très difficile d’être dans un grand parti comme Projet Montréal, parce qu’il faut voter avec le parti même si on n’est pas d’accord. »

Rappelons que Sue Montgomery est à couteaux tirés avec Projet Montréal, dont elle a été expulsée en janvier 2020 parce qu’elle avait refusé de congédier sa directrice de cabinet, Annalisa Harris, à la suite d’une enquête du Contrôleur général. Celui-ci avait conclu que Mme Harris avait fait du harcèlement psychologique à l’endroit de deux fonctionnaires, ce qu’a toujours contesté la mairesse Montgomery.

En décembre dernier, la Cour supérieure avait d’ailleurs donné raison à Mme Montgomery dans ce dossier. La Ville de Montréal n’entend d’ailleurs pas interjeter appel dans cette affaire. Mais l’élue n’est pas au bout de ses peines puisqu’elle devra comparaître devant la Commission municipale du Québec au mois d’avril prochain pour des manquements en matière déontologique.

 

Décentralisation

De son côté, Giuliana Fumagalli avait été exclue du caucus de Projet Montréal en août 2018 à la suite d’allégations de harcèlement psychologique envers un employé. Son parti, Quartiers Montréal, a été autorisé par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) le 26 janvier dernier.

Mme Fumagalli briguera un autre mandat à la mairie de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension et présentera des candidats aux postes de conseillers dans l’arrondissement, mais elle n’exclut pas la possibilité que sa formation politique ait des candidat dans d’autres secteurs de la ville. « Pour moi, Quartiers Montréal est un véhicule qui peut être utilisé par d’autres. Donc, je suis ouverte à ce que des candidats s’y joignent. »

La plateforme de son parti misera sur la décentralisation, l’habitation, la mobilité et la transition écologique. « Chaque quartier a sa spécificité et je pense qu’il faut tabler sur ça et sur ce que j’appelle l’intelligence citoyenne, explique-t-elle. Il faut que les quartiers soient au cœur de nos décisions. Je pense que c’est essentiel. Il faut revenir à la base. »

Elle cite le cas du projet de prolongement de la piste cyclable sur la rue Villeray qui permettrait aux cyclistes de traverser l’arrondissement d’est en ouest, entre le boulevard de l’Acadie et la 26e Avenue. Le projet a reçu du financement du ministère des Transports du Québec, mais il est bloqué par la ville-centre, soutient-elle.

D’autres partis locaux existent déjà, comme l’équipe Anjou, créée en 2013 par le maire Luis Miranda après son départ d’Union Montréal. À la même époque, la mairesse de LaSalle, Manon Barbe, avait fondé sa propre formation politique dans son arrondissement. Ce parti existe toujours.

Le DGEQ a autorisé d’autres partis locaux, soit Citoyen. ne.s Outremont, dirigé par Marc Poulin, et Équipe CDN-NDG, dont le chef est Alexander Montagano.

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