Un peu plus du tiers des Montréalais de 80 ans et plus ont reçu au moins une dose de vaccin

Un «certain plateau» dans le nombre de nouveaux cas quotidiens a été atteint dans la métropole, selon la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Un «certain plateau» dans le nombre de nouveaux cas quotidiens a été atteint dans la métropole, selon la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin.

La vaccination contre la COVID-19 va bon train sur l’île de Montréal. Plus de 135 000 doses ont été administrées sur le territoire. Selon la Santé publique, 35 % des Montréalais âgés de 80 ans et plus ont déjà été vaccinés. Ce taux atteint 11 % chez les 70 à 79 ans.

La Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal, s’attend à ce que l’opération de vaccination de masse « progresse très rapidement ». « On a suffisamment de vaccins en mars pour couvrir les 70 ans et plus, ainsi que les travailleurs de la santé », a-t-elle indiqué lors de son point de presse hebdomadaire.

Jusqu’à présent, 62 213 travailleurs de la santé ont reçu une première dose, tout comme 10 102 résidents en CHSLD et 22 614 personnes vivant en résidences privées pour aînés.

Hausse des cas de variants

Montréal est dans une course contre la montre pour ralentir la progression des variants. Ces derniers jours, environ 15 % des nouveaux cas de COVID-19 à Montréal étaient liés à ceux-ci, a signalé la Dre Mylène Drouin. « La semaine dernière, les variants représentaient 12 % des nouveaux cas », a-t-elle précisé.

Certains secteurs montréalais sont davantage touchés par ces variants : Côte-Saint-Luc, Snowdon, Côte-des-Neiges et Outremont. En date de mercredi, 43 éclosions impliquant un variant étaient en cours en milieu scolaire, 7 en service de garde, une vingtaine en milieu de travail et 2 en milieux de soins.

Pour le moment, la majorité des éclosions avec un variant surviennent en milieu scolaire. « Comme on est plus agressif, dès qu’il y a un cas de variant, on déclare cela comme une éclosion », souligne-t-elle. Il faut habituellement deux cas de COVID-19 pour qu’une éclosion soit décrétée.

Afin d’empêcher la transmission de variants, la Santé publique a recours au dépistage massif, à la fermeture de classes et à l’isolement d’un nombre élargi de contacts. « Ça semble porter fruit », dit la Dre Mylène Drouin.

Considérant la situation actuelle, ne faudrait-il pas offrir le vaccin d’AstraZeneca aux enseignants ? Le Canada recevra 500 000 doses, dont 300 000 ont une date d’expiration rapprochée, soit le 2 avril. « On va attendre les conclusions du comité d’immunisation du Québec pour nous indiquer les groupes pour lesquels ce vaccin est recommandé », a-t-elle répondu.

La directrice régionale a rappelé que l’île de Montréal détenait suffisamment de doses pour les 70 ans et plus. « Est-ce qu’on va [offrir ce vaccin] au prochain groupe [prioritaire] ou vers des travailleurs ? s’est-elle interrogée. Le vaccin d’AstraZeneca, pour le moment, son efficacité, elle est démontrée pour les formes sévères de la maladie. Clairement, on va aussi regarder à privilégier les groupes qui ont des chances d’avoir des formes sévères de maladie. »

Appel à la prudence

Le nombre de cas demeure stable dans la métropole depuis la semaine dernière. Un « certain plateau » a été atteint, selon la Dre Mylène Drouin.

Dans les hôpitaux et les milieux de vie pour aînés, la situation s’améliore, selon Lynne McVey, présidente-directrice générale du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal et représentante du Centre de commandement du réseau de la santé montréalais lors du point de presse.

Mercredi, 351 personnes étaient hospitalisées en raison de la COVID-19, dont 77 aux soins intensifs. « Au cours de la dernière semaine, nous avons eu seulement trois nouvelles éclosions en RPA [résidences privées pour aînés] et aucune éclosion en CHSLD », a indiqué Lynne McVey.

Malgré ces progrès, la « prudence » est de mise, signale la Dre Mylène Drouin. L’effet du « cocktail variants et semaine de relâche » n’a pas encore été mesuré. La médecin a évoqué la possibilité d’une troisième vague début avril.

Lors de son point de presse mercredi à 17 h, le premier ministre François Legault a annoncé que Montréal demeurera en zone rouge après la relâche scolaire, contrairement à de nombreuses autres régions. À quand un Montréal orange ? La vaccination de masse permettra éventuellement d’« alléger » les mesures de confinement, estime la Dre Drouin. « En sachant que les effets sur la mortalité, la morbidité et le système de santé ne seront pas là, on va pouvoir se permettre une gestion du risque différente », pense-t-elle.

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