Près de 10% des cas de COVID-19 à Montréal sont liés au variant britannique

La semaine de relâche fait craindre à la Direction de la santé publique de Montréal une hausse des cas.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La semaine de relâche fait craindre à la Direction de la santé publique de Montréal une hausse des cas.

Montréal se prépare à lancer une vaste opération de vaccination contre la COVID-19 qui débutera la semaine prochaine. La Direction de la santé publique espère ainsi freiner la propagation du variant britannique du virus, responsable de 22 éclosions sur le territoire depuis janvier. À compter de jeudi, les personnes de 85 ans et plus pourront prendre rendez-vous pour se faire vacciner.

À ce jour, 94 000 personnes ont été vaccinées à Montréal, dont 58 000 travailleurs du réseau de la santé. La métropole s’attend à recevoir quelque 75 000 vaccins la semaine prochaine, ce qui permettra de vacciner les 42 000 aînés de 85 ans et plus que compte la métropole. Quand cette population sera vaccinée, d’autres groupes seront priorisés. La santé publique compte dresser un bilan des inscriptions pour la vaccination dès la fin de semaine.

Montréal demeure en zone rouge et compte de 350 à 400 nouveaux cas de contamination chaque jour. La directrice régionale de la santé publique de Montréal, Mylène Drouin, a précisé mercredi que de 8 à 10 % des cas sont liés au variant britannique. De ce nombre, 40 % concernent des jeunes de 0 à 17 ans, et 20 % des personnes âgées de 35 à 44 ans, possiblement leurs parents.

La Dre Drouin s’attend à ce que le variant britannique gagne du terrain sur la souche actuelle et qu’il devienne prédominant tôt ou tard, puisqu’il est plus contagieux. De là l’importance de consacrer autant d’énergie pour contrer sa propagation.

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Pour mener à bien cette tâche, la totalité des cas positifs sont criblés afin de détecter les variants du virus. « On a une approche beaucoup plus intensive, rapide, et je dirais “agressive” dans notre traçage, a souligné Mylène Drouin. Les contacts qu’on aurait normalement jugés faibles vont être considérés comme élevés. On va isoler plus de gens. On va faire des dépistages de masse si ça touche un milieu. Et, dans certains contextes, on va fermer un milieu durant la période du dépistage. »

Depuis janvier, la Direction de la santé publique a recensé 22 éclosions liées au variant britannique, essentiellement dans les milieux scolaires et les services de garde. La semaine de relâche fait craindre une hausse des cas. C’est pourquoi la Dre Drouin a insisté sur l’importance de respecter les consignes sanitaires durant le congé scolaire : « Le vaccin n’est pas magique. Surtout chez les personnes âgées ; il prend jusqu’à trois semaines avant de faire effet. Donc, on ne relâche pas les mesures de santé publique. »

Selon les données publiées mercredi par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), 602 cas présumés de variants ont été détectés par criblage au Québec jusqu’à maintenant, soit 118 de plus que la veille. Par ailleurs, 23 cas de variants ont été confirmés par séquençage génomique, dont 18 liés à la souche britannique à Montréal.

Hospitalisations en baisse

Dans les hôpitaux, la pression s’atténue un peu, selon Sonia Bélanger, p.-d.g. du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. Le nombre de personnes hospitalisées a baissé et atteint maintenant 374 patients, soit 105 de moins que le 10 février dernier. Quatre-vingt-cinq patients se trouvent aux soins intensifs. Cette embellie fait en sorte que les blocs opératoires se préparent à reprendre leurs activités à un taux de 75 %, a indiqué Mme Bélanger.

Dès jeudi, les personnes de 85 ans et plus pourront prendre rendez-vous pour se faire vacciner en passant par le site Internet du gouvernement québécois ou en composant le 1 877 644-4545 entre 8 h et 18 h. Les accompagnateurs pourront se faire vacciner en même temps, mais ils devront être âgés d’au moins 70 ans, a précisé Mme Bélanger.

Cette dernière a lancé un appel à la patience dans les prochains jours, en attendant que le système de prise de rendez-vous soit rodé. « Mais nous sommes très confiants. Ça devrait bien fonctionner. On est habitués à faire de la vaccination de masse à Montréal. On l’a vécu avec le H1N1. C’est sûr qu’avec la COVID-19, c’est autre chose, mais c’était quand même une opération qui avait très bien réussi », a-t-elle dit.

Des bénévoles seront présents dans les 15 sites de vaccination — notamment au Stade olympique et au Palais des congrès — pour accueillir les personnes qui se font vacciner. Des organismes communautaires seront aussi mis à contribution pour le déplacement des personnes âgées jusqu’aux cliniques de vaccination.

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