Montréal propose d’acheter le terrain du YMCA Notre-Dame-de-Grâce

La transaction vise aussi à donner un coup de pouce financier au YMCA Notre-Dame-de-Grâce.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La transaction vise aussi à donner un coup de pouce financier au YMCA Notre-Dame-de-Grâce.

La Ville de Montréal propose d’acheter pour 11,5 millions de dollars le terrain adjacent au bâtiment du YMCA Notre-Dame-de-Grâce (NDG) afin d’y aménager un parc et d’y construire des logements sociaux. Cette transaction vise aussi à donner au YMCA un coup de pouce financier, mais des élus de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce réclament de l’organisme qu’il s’engage à maintenir ses activités sur le site pendant sept ans.

Le YMCA NDG est fermé depuis mars dernier en raison de la pandémie et des citoyens du quartier craignent que le centre sportif ne puisse jamais rouvrir ses portes compte tenu de ses difficultés financières et de la chute de ses revenus. C’est dans ce contexte que la Ville de Montréal a entrepris des négociations avec les YMCA du Québec afin de faire l’acquisition d’une partie du terrain de la rue Hampton.

Une entente est intervenue entre les YMCA du Québec et la Ville afin que celle-ci acquière le terrain de 9000 mètres carrés pour la somme de 10 millions, à laquelle s’ajoutent les taxes. L’arrondissement en paiera une part, soit 840 000 $. L’entente a aussi été approuvée par les membres des YMCA du Québec la semaine dernière.

Ajout d’une condition

Sauf que lundi soir, lors de l’assemblée du conseil d’arrondissement de CDN-NDG, les élus ont approuvé à la majorité l’ajout d’une condition de vente, soit l’engagement du YMCA de maintenir ses activités sur le site pendant une période de sept ans. Cette condition, proposée par le conseiller et chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez, a été appuyée par la mairesse Sue Montgomery et par le conseiller indépendant Marvin Rotrand. Les trois élus de Projet Montréal s’y sont opposés, estimant qu’il était inapproprié que la Ville, à la dernière minute, ajoute une nouvelle exigence. Comme le vote de la mairesse Montgomery est prépondérant, la proposition d’amendement a été entérinée par l’arrondissement.

« Nous sommes favorables à la transaction et à l’entente intervenue, mais ce que nous voulons, c’est un engagement de sept ans. À l’heure actuelle, il n’y a aucune promesse. Je ne pense pas que ce soit déraisonnable », a expliqué lundi le conseiller Lionel Perez. « Dans sa lettre d’intention fournie par le YMCA, celui-ci s’engageait à maintenir ses services. Mais cela ne veut pas dire grand-chose. Techniquement, le YMCA pourrait, au lendemain de la transaction, décider de fermer ses portes et vendre le bâtiment pour aller ailleurs. »

Les YMCA du Québec ont fait état de leur étonnement quant à cette nouvelle condition. « Une lettre certifiant notre intention de maintenir une programmation à NDG a pourtant été déposée au dossier il y a déjà plusieurs semaines. Nous sommes donc surpris de cette nouvelle demande qui pourrait mettre en jeu l’entente avec la Ville ainsi que la pérennité du Y NDG », a commenté l’organisme sur Twitter mardi.

En entrevue au Devoir, le conseiller Christian Arseneault, de Projet Montréal, a dit craindre que cette nouvelle condition imposée par les trois élus mette en péril la transaction avec le partenaire qu’est le YMCA NDG. « Je comprends la frustration du YMCA, a-t-il dit. [Les élus Montgomery, Perez et Rotrand] ne font même pas confiance à la bonne foi du YMCA. »

Transaction approuvée

Mercredi matin, le comité exécutif de la Ville de Montréal a approuvé la transaction, mais tant le responsable de la stratégie immobilière, Robert Beaudry, que le président du comité exécutif, Benoit Dorais, ont exprimé leurs préoccupations quant à la condition réclamée par la mairesse Montgomery et les deux autres conseillers d’opposition de l’arrondissement.

« J’ai pourtant parlé trois fois avec la mairesse Montgomery lors des différentes négociations. Je l’ai mise au courant au fur et à mesure. […] On lui a demandé des lettres d’appui qu’elle a produites rapidement. J’ai eu cette collaboration intéressante avec Mme Montgomery. Ça s’est toujours bien passé. J’étais un peu estomaqué de voir que, sans crier gare et sorti de nulle part, la mairesse sorte une condition qu’elle n’a jamais demandée lors des différentes négociations », souligne M. Dorais.

De son côté, Robert Beaudry a dit espérer que l’arrondissement renonce à sa demande.

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