Montréal investit 60 millions pour relancer l’économie

Pour le centre-ville, qui peine à traverser la crise, Montréal réserve une somme de 10 millions dont une part de six millions sera destinée à la promotion des commerces et des restaurants et à des activités d’animation.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Pour le centre-ville, qui peine à traverser la crise, Montréal réserve une somme de 10 millions dont une part de six millions sera destinée à la promotion des commerces et des restaurants et à des activités d’animation.

Montréal entend investir 60 millions de dollars pour relancer l’économie de la métropole durement éprouvée par la pandémie de COVID-19. De cette somme, 10 millions seront consacrés au centre-ville.

Dans le budget 2021 déposé le mois dernier, la Ville avait déjà annoncé qu’un montant d’au moins 50 millions serait dédié à la relance économique l’an prochain. Jeudi, la mairesse Valérie Plante a détaillé les dix mesures qui, espère-t-elle, insuffleront du tonus à l’économie et permettront une relance une fois la pandémie terminée.

Pour le centre-ville, qui peine à traverser la crise, Montréal réserve une somme de 10 millions dont une part de six millions sera destinée à la promotion des commerces et des restaurants et à des activités d’animation. Trois millions serviront à des mesures d’embellissement. À plus long terme, Montréal promet de développer une stratégie pour le centre-ville en transformation.

Montréal consacrera 12,2 millions pour stimuler la vitalité commerciale et celle des sociétés de développement commercial. La Ville entend notamment créer un programme afin d’épauler les commerçants qui souhaiteraient devenir propriétaires des locaux qu’ils occupent. « On pense qu’avec une contribution de la ville, ça peut aider les commerçants à développer des montages financiers qui vont leur permettre d’acquérir leur bâtiment », a expliqué Luc Rabouin, responsable du développement économique au comité exécutif, qui a évoqué la possibilité de prêts à taux avantageux ou de subventions.

Un montant de 5,6 millions sera destiné aux entreprises culturelles pour des projets de création et pour les aider les salles de spectacles à prendre le virage numérique et à mieux insonoriser leurs espaces.

D’autres mesures visent notamment à appuyer les entreprises dans leur « virage vert » (8 millions) et à soutenir les projets en économie sociale (6 millions) et en agriculture urbaine (5 millions). Montréal appuiera aussi des projets en lien avec le développement du territoire (4,7 millions), l’innovation (3 millions), l’intégration au marché du travail (3,2 millions) et le rayonnement de la métropole à l’étranger (2,3 millions).

« Dans les villes canadiennes, on est hot avec notre plan », a soutenu la mairesse Plante. « Les gens vont peut-être dire que 60 millions, ce n’est pas tant que ça, mais c’est énorme ! Les autres villes canadiennes ne sont rendues où on est rendues et ça, c’est en raison de la mobilisation de l’écosystème. »

Critiques et félicitations

L’opposition ne croit pas que le plan de relance de l’administration aura l’effet escompté. « J’ai eu l’impression de revivre le plan de relance de juin 2020 : on annonce un déluge de mesures floues et de projets structurants dont la plupart ne relèvent pas de la compétence de Montréal », a soutenu Lionel Perez, par courriel. Le chef d’Ensemble Montréal estime que l’administration aurait dû miser sur la proposition présentée par son parti en décembre dernier, soit de privilégier un approvisionnement local de la part de la Ville de Montréal afin de stimuler l’économie de la métropole.

Plusieurs organisations ont toutefois salué le plan de relance de la Ville. Selon la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le plan démontre la volonté de l’administration de soutenir les entreprises des domaines du tourisme et de la culture, en plus d’appuyer des organismes stratégiques comme le Port de Montréal et l’aéroport Montréal-Trudeau.

« La voie empruntée par la Ville de Montréal est la bonne à suivre », croit pour sa part la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) qui cite l’allègement réglementaire et administratif proposé par la Ville.

L’Association des sociétés de développement commercial de Montréal (ASDCM) se dit aussi satisfaite du plan qui, croit-elle, aidera les commerçants à traverser la tempête.

Les rassemblements annulés

Questionnée sur la décision du gouvernement Legault d’interdire les rassemblements pendant les Fêtes, Valérie Plante s’est dite déçue de ce dénouement, mais croit que des efforts supplémentaires sont nécessaires compte tenu du nombre élevé de nouveaux cas de contamination et d’hospitalisations. « Je souhaite vraiment que la population adhère à cette consigne pour s’assurer qu’on ne soit pas plus durement atteints et, qu’à nouveau, on doive tout fermer », a-t-elle expliqué.

La mairesse n’a pas écarté la possibilité que les policiers imposent des amendes aux citoyens qui ne respecteraient pas les consignes.