Ville-Marie veut protéger son patrimoine

Les élus de l’arrondissement de Ville-Marie ont entériné, mardi soir, un plan de mise en valeur du patrimoine local. En plus d’avoir identifié 19 enseignes commerciales à protéger, l’arrondissement a dressé un inventaire des bâtiments d’intérêt patrimonial.

Un volet important du plan s’attarde aux enseignes commerciales devenues emblématiques. Quelque 200 enseignes ont été recensées par la firme l’Enclume et de ce nombre, 19 ont été sélectionnées pour faire l’objet d’une protection particulière. Parmi celles-ci figurent l’enseigne de la Guaranteed Pure Milk (la Pinte de lait) et celles de Farine Five Roses, d’Archambault, de Birks et même du Café Cléopâtre, considérée comme caractéristique de l’ancien Red Light.

« Le retrait de l’enseigne d’Archambault [en 2018] a été la bougie d’allumage. On a pris conscience de certaines failles dans la réglementation qu’il fallait corriger », a commenté Anne-Marie Sigouin, responsable du dossier du patrimoine dans l’arrondissement de Ville-Marie. « S’il y a un projet de démolition ou de transformation d’un bâtiment sur lequel se trouve un des enseignes, il va tout de suite y avoir un drapeau qui va se lever. Des mesures spécifiques vont viser leur préservation. »

Inventaire

Le plan de l’arrondissement ne se limite pas aux enseignes. L’arrondissement a notamment recensé les éléments architecturaux d’intérêt patrimonial sur les façades de près de 4500 bâtiments résidentiels construits sur son territoire avant 1945. Des fiches d’information pour chaque immeuble seront expédiées aux propriétaires afin de les guider dans les travaux de restauration de leur bâtiment. Mme Sigouin reconnaît que cet inventaire n’impose pas de contraintes supplémentaires aux propriétaires et qu’il servira davantage d’outil d’information et de sensibilisation. Elle fait toutefois remarquer que le Comité consultatif d’urbanisme (CCU), qui doit examiner les demandes en matière d’urbanisme et d’intégration architecturale, est exigeant quand il s’agit de bâtiments anciens.

« On voit le plan comme un outil dont les citoyens pourront s’approprier et qui leur fera mieux connaître le patrimoine de Ville-Marie, pas seulement les maisons victoriennes du Mile Carré Doré, mais aussi les maisons ouvrières de Sainte-Marie », explique Anne-Marie Sigouin.

Un volet du plan s’intéresse aussi aux deux anciennes stations de pompage du territoire. Si la station Riverside, occupée par les Forges de Montréal, est en bon état, la station Craig se retrouve dans une situation beaucoup plus préoccupante. « Le site est encore en analyse pour savoir ce qu’on peut encore conserver. Est-ce qu’on va pouvoir en conserver une partie sur le site ou est-ce qu’on va plutôt opter pour un démantèlement et un remontage du bâtiment ? Ça reste à déterminer. »

La remise en état de la station Craig ne se réalisera pas à court terme puisque l’autoroute Ville-Marie, qui est adjacente, doit faire l’objet de travaux majeurs jusqu’en 2030, a prévenu l’élue.

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