Le cabinet de la mairesse Plante nie l’existence d’une crise au sein de Projet Montréal

«La dissidence est perçue comme une attaque personnelle contre la chef. C’est décevant», a relaté au <i>Devoir</i> un élu qui n’a pas voulu être identifié.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne «La dissidence est perçue comme une attaque personnelle contre la chef. C’est décevant», a relaté au Devoir un élu qui n’a pas voulu être identifié.

Le cabinet de la mairesse Valérie Plante se défend d’empêcher les élus de Projet Montréal s’exprimer ou de vouloir contrôler l’information. On fait plutôt valoir que l’exercice du pouvoir requiert une cohérence dans les messages qui sont diffusés.

Radio-Canada relatait jeudi le mécontentement de plusieurs élus de Projet Montréal à l’égard du contrôle de l’information par le cabinet de la mairesse Plante et de la centralisation du pouvoir. C’est le cas notamment Julie-Pascale Provost, une conseillère de l’arrondissement de Lachine, expulsée du parti vendredi dernier après qu’elle ait diffusé une vidéo dans laquelle elle critiquait ses collègues dans le dossier de la marina de Lachine.

Au Devoir, un élu qui n’a pas voulu être identifié, a mentionné qu’exprimer son désaccord contre une décision de l’administration n’était pas bienvenu au sein du parti. « La dissidence est perçue comme une attaque personnelle contre la chef. C’est décevant », a-t-il relaté.

D’autres élus estiment que les désaccords sont une chose normale dans une formation politique comme Projet Montréal. « Ce n’est pas étonnant que dans une équipe où il y a des idées fortes et des débats, il y ait des gens qui soient déçus par moments », estime le conseiller dans le Plateau-Mont-Royal Alex Norris. « Je crois que l’écoute qui est bien meilleure à l’intérieur de notre caucus que ce qu’il y a eu dans les administrations précédentes. Ce n’est pas un one man show comme Coderre, Bourque ou d’autres maires qu’on a eus à Montréal. »

Directeur des communications au cabinet de la mairesse Plante, Youssef Amane nie l’existence d’une crise au sein du parti. « Il n’y a pas un contrôle d’image. C’est un contrôle d’équipe pour s’assurer qu’on est cohérents », dit-il.

Il rejette aussi les allégations selon lesquelles la mairesse ne souhaiterait pas que le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François Croteau, se représente lors des prochaines élections. « Les élus comme François Croteau, qui sont là depuis trois mandats, ont influencé énormément le sort de la ville et des arrondissements. On n’est pas là pour leur mettre des bâtons dans les roues », assure-t-il.

M. Amane reconnaît toutefois que le parti devra travailler à faire élire davantage de représentants de la diversité culturelle lors des prochaines élections qui se tiendront en novembre 2021. À l’issue du scrutin de 2017, seulement six candidats issus des minorités visibles — tous partis confondus — avaient été élus sur 103 postes à combler.

Projet Montréal envisage aussi revoir les règles entourant le processus d’investitures pour le choix des candidatures. Le dossier sera soumis aux membres du parti lors d’un congrès qui se tiendra le 8 novembre prochain.

La mairesse Valérie Plante, qui devait commenter la situation à l’issue d’une conférence de presse sur l’itinérance jeudi, a finalement quitté les lieux sans répondre aux questions des journalistes à ce sujet.