Montréal remet à plus tard un chantier municipal majeur sur trois

La révision des chantiers avait été demandée par la mairesse Valérie Plante en septembre dernier.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La révision des chantiers avait été demandée par la mairesse Valérie Plante en septembre dernier.

Afin de réduire les problèmes de congestion routière, la Ville de Montréal reportera 20 chantiers majeurs l’an prochain. Cette opération devrait permettre de réduire de 42 % les entraves sur la circulation.

La révision des chantiers avait été demandée par la mairesse Valérie Plante en septembre dernier en raison de l’exaspération exprimée par les automobilistes à l’égard des nombreuses entraves à la circulation.

Ainsi, un chantier majeur sur trois sera mis sur la glace l’an prochain, a indiqué Claude Carette, directeur du Service des infrastructures, de la voirie et des transports à la Ville, lors d’une présentation mercredi matin aux membres du comité exécutif.

Cette mesure s’appliquera uniquement sur les travaux effectués par la Ville de Montréal qui, dans les faits, est responsable de 25 % des chantiers à Montréal, alors que les autres sont réalisés par des entreprises de services comme Hydro-Québec, Bell ou Énergir, par des promoteurs privés et par des organismes comme le ministère des Transports du Québec (MTQ) la Société de transport de Montréal (STM).

Dans Griffintown, quatre chantiers d’infrastructures seront repoussés, soit ceux des rues Ottawa, William et Guy et Young. Dans le centre-ville, le chantier de la rue Sainte-Catherine Ouest sera maintenu, mais les travaux de réhabilitation de conduites d’aqueduc secondaires prévus sur le boulevard Saint-Laurent seront réalisés à une date ultérieure.

Dans le secteur Champ-de-Mars, les projets planifiés aux abords du CHUM seront mis sur la glace. Dans le secteur de la rue Jean-Talon, quelques chantiers seront reportés, mais les travaux du Service rapide par bus (SRB) Pie-IX, réalisés en collaboration avec l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), se poursuivront.

Montréal ralentit donc le rythme des travaux du plan d’infrastructures lancé en 2014 et qui devait s’échelonner sur dix ans.

La mairesse Plante a montré du doigt la pandémie. « Les gens sont fatigués. Nos vies ont été chamboulées à différents niveaux et on le comprend, a-t-elle commenté. Évidemment, l’idée n’est pas de cesser les travaux, ce serait irresponsable, mais de trouver des façons pour mieux naviguer dans les nombreux travaux qui doivent se faire. »

L’opposition à l’hôtel de ville voit plutôt dans cette décision un aveu d’échec de Valérie Plante qui s’est maintes fois décrite comme la « mairesse de mobilité ». « C’est clairement un geste électoraliste à la suite de sa gestion pourrie des chantiers au cours des trois dernières années », avance le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez. « Elle essaie de sauver les meubles en année préélectorale pour tenter de se faire réélire. »

Selon lui, le report de certains travaux risque entraîner des coûts supplémentaires pour les Montréalais.

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