Le bras de fer se poursuit dans Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce

La mairesse Sue Montgomery se voit reprocher d’avoir instauré un climat néfaste dans l’arrondissement.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La mairesse Sue Montgomery se voit reprocher d’avoir instauré un climat néfaste dans l’arrondissement.

Les relations entre la mairesse Sue Montgomery et les autres élus de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce continuent de s’envenimer. Lors d’une séance extraordinaire du conseil d’arrondissement jeudi, ces derniers ont voté en faveur d’une motion qui leur permettra désormais de communiquer directement avec le directeur d’arrondissement, Stéphane Plante, malgré le désaccord de la mairesse.

Le 5 octobre dernier, une première motion avait été adoptée en ce sens par la majorité des élus qui souhaitaient pouvoir échanger des informations avec le plus haut fonctionnaire de l’arrondissement sans devoir passer par le cabinet de la mairesse Montgomery. Celle-ci a toutefois exercé son droit de véto et renversé la décision, comme le lui permet la Loi sur les cités et villes.

Les autres élus sont revenus à la charge et ont convoqué une assemblée extraordinaire virtuelle qui s’est tenue jeudi après-midi. En adoptant pour une seconde fois la motion, ils forcent la mairesse à se plier à leur décision.

Sue Montgomery s’est opposée à la motion parce qu’elle estime que cette décision conduira Stéphane Plante à partager des informations avec certains élus, mais pas à avec d’autres alors qu’il devrait le faire avec l’ensemble du conseil. « Ce serait contre la loi, a-t-elle affirmé. Je ne crois pas cette motion soit dans le meilleur intérêt de notre arrondissement, de nos résidents ou du bon fonctionnement de l’arrondissement. Je vous rappelle que nous sommes ici pour les citoyens. »

Depuis l’automne dernier, les élus étaient tenus de passer par le cabinet de la mairesse Montgomery pour toute demande au haut fonctionnaire.

Le conseiller Lionel Perez croit que de pouvoir communiquer avec le directeur d’arrondissement permettra aux conseillers de faire leur travail avec plus d’efficacité, comme ils le faisaient avant la directive émise par Sue Montgomery l’automne dernier. « J’ai le droit de demander des informations [au directeur d’arrondissement] pour pouvoir préparer des dossiers sans que j’aie Big Brother derrière moi », a-t-il indiqué au Devoir.

Lionel Perez reproche à la mairesse Montgomery d’avoir instauré un climat néfaste dans l’arrondissement : « Depuis 10 mois maintenant, on n’entend parler que de la chicane de notre arrondissement alors qu’on est en pleine pandémie ».

De son côté, la mairesse entend s’adresser aux tribunaux pour contester la décision des autres élus, a indiqué son cabinet jeudi à l’issue de la séance.

Rappelons que la mairesse Montgomery est à couteaux tirés avec le directeur d’arrondissement Stéphane Plante qu’elle a suspendu à quatre reprises depuis février dernier. Ces suspensions ont toutes été renversées par le conseil d’arrondissement.

Elle a aussi refusé de congédier sa directrice de cabinet, Annalisa Harris, à la suite d’un rapport de la Division du respect de la personne alléguant que celle-ci avait fait du harcèlement psychologique à l’endroit de deux fonctionnaires, dont M. Plante. Sue Montgomery continue de se porter à la défense de son employée, estimant que les preuves étaient insuffisantes pour justifier une telle accusation.