Montréal se dotera d’un commissaire à la lutte contre le racisme systémique

La mairesse de Montréal, Valérie Plante
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La mairesse de Montréal, Valérie Plante

Montréal se dotera d’un commissaire à la lutte contre le racisme et la discrimination systémiques. La Ville s’est mise en quête de la « perle rare » qui aura pour mandat d’accélérer la mise en place d’un plan d’action afin d’éliminer les pratiques discriminatoires dans l’appareil municipal.

La Ville procédera mercredi prochain à l’affichage du poste de commissaire, dont la création faisait partie des recommandations de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) dans un rapport rendu public en juin dernier.

Le commissaire aura pour mission de déposer d’ici un an un plan d’action pour contrer le racisme. Il devra conseiller les instances de la Ville dans la lutte à la discrimination, effectuer une vigie sur les pratiques dans l’appareil municipal en matière d’embauche notamment et informer les citoyens et employés de leurs droits et recours en cette matière.

Le commissaire devra mettre sur pied un bureau qui comptera une équipe de trois professionnels, dont l’un devra être spécialisé en profilage racial. Il travaillera à temps plein au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), mais relèvera du directeur général de la Ville, Serge Lamontagne. « Ce n’est pas un policier, c’est un fonctionnaire de la Ville de Montréal qui sera dépêché avec les équipes du SPVM », a précisé la mairesse Valérie Plante.

L’administration demeure toutefois vague sur les tâches qu’effectuera ce fonctionnaire. « Pour l’instant, on laisse au commissaire le soin de déterminer la description détaillée de ce poste parce qu’on souhaite pouvoir bénéficier de son expertise pour aller chercher la meilleure personne », a expliqué Cathy Wong, responsable de la lutte au racisme et à la discrimination au comité exécutif. L’élue a dit espérer que le bureau puisse être opérationnel d’ici la fin de l’année.

En juin dernier, un rapport de l’OCPM avait reproché à la Ville de Montréal d’avoir été incapable d’enrayer le racisme systémique dans l’appareil municipal et de n’avoir jamais établi d’objectifs contraignants qui auraient pu lui permettre de combattre adéquatement ce phénomène.

L’office recommandait alors, dans un premier temps, de reconnaître l’existence du racisme et de la discrimination systémiques et de poser des gestes concrets pour le combattre. Il suggérait notamment la création d’un poste de commissaire qui aurait pour tâche d’élaborer des objectifs précis et mesurables en cette matière.

Avant même que le rapport ait été rendu public, Valérie Plante avait reconnu qu’il existait du racisme systémique à la Ville. Elle avait par la suite confié à la conseillère Cathy Wong la responsabilité politique du dossier.

Questionnée sur le refus du premier ministre François Legault de reconnaître l’existence du caractère systémique du racisme au Québec, Valérie Plante a fait valoir qu’il était important de nommer les enjeux pour pouvoir les combattre. « Je le dis sans hésitation : le racisme et la discrimination systémiques existent, a-t-elle dit. Il revient au premier ministre de déterminer quels mots il veut utiliser, mais comme je l’ai déjà dit, reconnaître qu’il existe ne fait pas des Montréalais ou les Québécois des gens racistes. Je pense que c’est une façon de reconnaître que nous avons des biais, parfois par manque de connaissances, par ignorance ou à cause de stéréotypes. »

L’opposition à l’hôtel de ville estime que l’administration Plante a mis bien du temps à lancer le processus de création du poste de commissaire, une action qui survient près cinq mois après le dépôt rapport de l’OCPM. Le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez, s’attendait plutôt à ce que la mairesse dévoile vendredi le nom du titulaire de ce poste. « C’est un non-sens d’attendre plus de quatre mois pour afficher un poste », soutient M. Perez qui croit que cela aurait pu être fait dès le mois de juin.

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