CDN-NDG: des mesures auraient été prises pour assainir le climat de travail

Comme le rapportait «Le Devoir» lundi, une enquête menée l’an dernier par une firme indépendante a révélé que le climat de travail au Service des travaux publics de l’arrondissement était «toxique» pour certains employés.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Comme le rapportait «Le Devoir» lundi, une enquête menée l’an dernier par une firme indépendante a révélé que le climat de travail au Service des travaux publics de l’arrondissement était «toxique» pour certains employés.

Le directeur de l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG), Stéphane Plante, assure que, contrairement à ce qu’affirme la mairesse Sue Montgomery, des mesures ont été mises en place rapidement pour assainir le climat de travail au Service des travaux publics.

Prenant la parole à l’occasion de la séance du conseil d’arrondissement lundi soir, le haut fonctionnaire a rejeté les critiques de Sue Montgomery qui l’accuse d’avoir caché l’existence d’un rapport faisant état de problèmes d’incivilités et d’intimidation à la division de l’aqueduc.

« Je dois vous avouer que c’est extrêmement difficile. Moi, je suis habitué à ces procès d’intentions. Ça fait plusieurs mois que ça se passe. Mais de voir que mes collègues sont entraînés dans ce tourbillon, je trouve ça extrêmement difficile pour eux », a-t-il expliqué d’entrée de jeu.

Comme le rapportait Le Devoir lundi, une enquête menée l’an dernier par une firme indépendante a révélé que le climat de travail au Service des travaux publics de l’arrondissement était « toxique » pour certains employés.

Le rapport rédigé par Severine Paladini, de la firme Expertise H2H, faisait état d’incivilités à répétition, de gestes d’intimidation et de favoritisme. Stéphane Plante a soutenu que les conclusions du rapport Paladini avaient été prises au sérieux par la direction de l’arrondissement et que des mesures avaient été mises en place pour corriger les lacunes relevées par la consultante. « Les gens qui avaient été identifiés dans le rapport et qui tenaient des propos inappropriés et posaient des gestes qui n’étaient pas appropriés ont immédiatement été rencontrés », a-t-il dit.

Photo: Capture d'écran Le directeur de l’arrondissement, Stéphane Plante
Des rencontres ont également été effectuées avec les cols bleus. De plus, un plan d’action a été élaboré avec des experts en ressources humaines pour corriger la situation, a-t-il précisé, rejetant du même coup les accusations de Mme Montgomery selon lesquelles les mesures proposées étaient insuffisantes. « Peu importe l’organisation, il y a des problèmes de climat de travail. Ce n’est pas normal, mais c’est inévitable. Notre travail à nous, en tant que gestionnaires — quand on peut faire notre travail et quand on n’a pas de bâtons dans les roues —, c’est de s’assurer qu’on élimine ces problèmes-là », a-t-il ajouté, visiblement excédé par l’attitude de la mairesse à son endroit.

« Je n’irai pas plus loin parce que je ne veux pas me mettre dans le trouble », a-t-il conclu.


Discorde

 

La tension était vive lors de l’assemblée du conseil d’arrondissement qui se tenait de façon virtuelle en raison de la pandémie de coronavirus.

La mairesse d'arrondissement Sue Montgomery a réclamé des autres élus qu’ils agissent pour rétablir un climat de travail sain pour les employés du Service des travaux publics. « Je suis extrêmement préoccupée par ce rapport. Il y a des allégations précises et graves d’abus d’autorité, de harcèlement psychologique et de congédiements injustifiés », a-t-elle dit.

Le conseiller de Projet Montréal Christian Arseneault a souligné l’attitude paradoxale de Sue Montgomery dans ce dossier. « La mairesse est contre le harcèlement sous toutes ses formes excepté quand cela survient dans son propre cabinet », a-t-il fait remarquer en rappelant qu’une employée n’avait pu retourner au travail parce que la mairesse ne pouvait lui assurer un environnement de travail exempt de harcèlement psychologique. « Je prends les déclarations de la mairesse sur le harcèlement avec un grain de sel. »

Photo: Capture d'écran Sue Montgomery

Depuis des mois, Sue Montgomery refuse de congédier sa directrice de cabinet, Annalisa Harris, accusée par le Contrôleur général d’avoir fait du harcèlement psychologique à l’endroit de deux fonctionnaires, dont Stéphane Plante. En guerre ouverte avec le directeur d’arrondissement, Sue Montgomery a d’ailleurs suspendu celui-ci à quatre reprises au cours des derniers mois. À chaque fois, les autres élus de l’arrondissement l’ont réintégré dans ses fonctions.

Pour sa part, la conseillère Magda Popeanu juge qu’il ne revient pas aux élus de se mêler du dossier, comme le réclame Sue Montgomery. Elle a d’ailleurs demandé à la mairesse si elle ou sa directrice de cabinet avaient déjà enregistré des conversations avec des élus ou des employés de la Ville à leur insu. Sue Montgomery a répondu par la négative.

« Vous n’êtes pas la reine de Côte-des-Neiges. Vous êtes la mairesse. Vous avez des obligations et des devoirs », a lancé Mme Popeanu quand Mme Montgomery a montré une pointe d’exaspération.

Les élus ont par ailleurs approuvé à la majorité une motion déposée par les conseillers Lionel Perez et Christian Arseneault demandant que les élus puissent désormais communiquer directement avec le directeur d’arrondissement, Stéphane Plante, sans devoir passer par la mairesse Montgomery ou par le personnel de son cabinet. Seule la mairesse a voté contre cette motion.


Sous-financement

 

Plus tôt dans la journée, les élus ont adopté le budget d’arrondissement qui prévoit une hausse de 2 % de la taxe locale. La mairesse Montgomery a dénoncé la faible augmentation des fonds accordés par la ville-centre, qui se limite à une indexation de 1 %, auxquels s’ajoute une bonification des transferts pour les activités de déneigement, parcs et bibliothèques. Selon elle, ces sommes sont insuffisantes pour couvrir les hausses des dépenses de l’arrondissement le plus populeux de Montréal.

Cette séance extraordinaire virtuelle a donné lieu à des échanges acrimonieux entre les élus, le conseiller de Projet Montréal Christian Arseneault reprochant notamment à la mairesse Montgomery — expulsée de Projet Montréal en janvier dernier — son incapacité à convaincre l’administration Plante-Dorais d’obtenir davantage de fonds pour l’arrondissement. « Vous savez quoi ? Projet Montréal se fout de CDN-NDG. Et vous, qu’avez-vous fait ? Qu’a fait Mme Popeanu ? Et M. McQueen ? Vous êtes tous les trois membres de Projet Montréal », a répliqué Mme Montgomery, en qualifiant de « peanuts » les transferts de la ville-centre.

Le budget a été adopté par la majorité, les conseillers Marvin Rotrand et Lionel Perez ont voté contre.

À voir en vidéo