Les rassemblements sont inacceptables, dit Valérie Plante

Valérie Plante a souligné que les rassemblements tels que celui des Tam-Tam au pied du mont Royal en fin de semaine dernière ne pouvaient se répéter.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Valérie Plante a souligné que les rassemblements tels que celui des Tam-Tam au pied du mont Royal en fin de semaine dernière ne pouvaient se répéter.

Montréal étant passé en zone rouge, la mairesse Valérie Plante a pressé les opposants aux masques à ne pas venir dans la métropole pour manifester s’ils ne respectent pas les règles sanitaires. « Allez donc dans un champ de patates », a-t-elle lancé mardi matin.

La mairesse dit attendre le décret gouvernemental afin de voir de quelle façon les policiers pourront intervenir dans le contexte d’alerte maximale, mais selon elle, il importe que les forces policières puissent faire respecter la règle des deux mètres et le port du masque dans les lieux publics. Les policiers seront d’ailleurs plus présents dans les parcs. « Le droit de manifester est fondamental . Il n’est pas question d’empêcher la liberté d’expression », a-t-elle répété, tout en invitant les manifestants antimasques à s’abstenir de venir dans les rues de la métropole et mettre la santé de la population en danger. « Je ne peux pas accepter qu’il y ait des manifestants antimasques qui viennent à Montréal, là où on a été le plus durement touchés », a-t-elle dit.

Valérie Plante a souligné que les rassemblements tels que celui des Tam-Tam au pied du mont Royal en fin de semaine dernière ne pouvaient se répéter. « Ça, c’est décourageant et ce n’est pas acceptable. On ne peut pas être dans une période de pandémie, être dehors et être collés comme ça », a-t-elle dit. « Notre volonté, c’est de faire en sorte de donner des aires de repos et de quiétude aux Montréalais, mais les rassemblements, il faut mettre ça de côté. »

À la suite des déclarations de la mairesse Plante, des opposants au port du masque ont lancé sur les réseaux sociaux un appel à la tenue d’une manifestation « solidaire et pacifique » au parc La Fontaine mercredi soir, quelques heures avant le passage officiel de la région de Montréal en zone rouge. En entrevue à Radio-Canada, Valérie Plante a soutenu que les policiers seront présents et que les règles sanitaires devront être respectées.

Donner un coup de barre

Lundi, François Legault a annoncé que la grande région métropolitaine passerait dès jeudi matin en zone rouge et que les restaurants, les bars et les salles de spectacle seraient fermés pour une période de 28 jours.

La directrice régionale de santé publique de Montréal, Mylène Drouin, a précisé que dans la métropole, les principales éclosions étaient survenues dans les lieux de travail — où on en a recensé 38 —, les écoles, les services de garde et dans les milieux de soins. Celles-ci sont généralement bien contrôlées à part dans le cas de deux écoles, a-t-elle ajouté. En revanche, le contrôle s’avère plus difficile dans les activités sociales et elle a pressé les Montréalais à faire preuve de vigilance et à respecter les consignes.

« On garde les gens au travail parce que c’est important. Mais ce qu’on voit dans nos situations d’éclosion, c’est que la transmission se fait beaucoup, non pas dans le contexte où le travailleur est avec un élève, un enfant dans son service de garde ou sur son plateau de travail, mais dans la salle de repos, dans la salle de repas, lorsqu’il y a du covoiturage et lors des activités après le travail », a expliqué la Dre Drouin.

Elle a cependant admis que la Santé publique n’avait pas enregistré d’éclosions dans les bars et les restaurants dans les dernières semaines. « La décision de fermer les bars et les restaurants ne s’est pas faite uniquement sur la situation des éclosions, mais davantage dans un objectif de donner un coup de barre et cibler l’ensemble des lieux où on a de la socialisation pour amener les gens à rester dans leur bulle familiale ou domiciliaire le plus possible », a-t-elle expliqué.

Le cas des jeunes adultes

La Santé publique a par ailleurs lancé un appel aux jeunes adultes afin de les inciter à se faire dépister. « Nos taux de positivité sont très élevés chez les 18-34 ans, mais ils ne participent pas beaucoup au dépistage », a souligné Mylène Drouin. Une campagne de sensibilisation s’adressant à cette clientèle sera d’ailleurs déployée à compter de mardi.

Le nombre de cas est en hausse sur tout le territoire montréalais — avec une moyenne de 240 nouveaux cas par jour —, mais pour l’instant, l’ouest de l’île est moins touché. En revanche, la propagation semble plus rapide dans certains secteurs comme Outremont, Parc-Extension, Snowdon, le secteur de Concordia, Saint-Michel, Saint-Léonard, Montréal-Nord, le Centre-Sud et Pointe-Saint-Charles.

En matière de dépistage, l’attente est de moins d’une heure et les résultats peuvent être généralement transmis en 24 à 48 heures, a soutenu Sonia Bélanger, présidente-directrice générale du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

Le réseau de la santé

La situation est inquiétante pour le système de santé, mais le réseau montréalais dispose de 5000 lits dans les établissements hospitaliers et 1000 lits ont été réservés aux patients atteints de la COVID-19. De ce nombre, 150 sont octroyés aux soins intensifs.

Malgré la hausse appréhendée des cas de COVID-19, les hôpitaux sont en mesure de faire le suivi des chirurgies, a précisé Mme Bélanger. Les visites seront toutefois restreintes, non seulement dans les CHSLD, mais aussi dans les hôpitaux.

À l’heure actuelle, 61 personnes sont hospitalisées en lien avec la COVID-19, dont 17 aux soins intensifs dans plus d’une vingtaine d’hôpitaux de la métropole.

De son côté, la Ville de Montréal entend procéder à une évaluation de ses services et activités municipales afin de déterminer lesquels seront maintenus.

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