Une première école ferme à Montréal en raison d'une éclosion

Les cas de COVID-19 se sont multipliés depuis la fête du Travail à l’école Herzliah, située à Côte-desNeiges. La direction de l’établissement et la Santé publique de Montréal ont convenu qu’il était donc préférable de renvoyer tout le monde à la maison pour deux semaines.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Les cas de COVID-19 se sont multipliés depuis la fête du Travail à l’école Herzliah, située à Côte-desNeiges. La direction de l’établissement et la Santé publique de Montréal ont convenu qu’il était donc préférable de renvoyer tout le monde à la maison pour deux semaines.

Tandis qu’une éclosion de cas de COVID-19 a engendré la fermeture temporaire d’une école juive de Montréal, la Santé publique s’inquiète que la situation s’aggrave alors que s’amorcent les festivités du Nouvel An juif. D’autant que dans l’arrondissement de Côte-Saint-Luc, non loin duquel est située l’école où 15 cas ont été recensés, le taux d’incidence est en hausse, a confirmé la directrice de santé publique de Montréal, Mylène Drouin.

« Nous avons des discussions avec les leaders de la communauté juive. Nous regardons la possibilité de renforcer certaines recommandations et on va leur transmettre [l’information jeudi] après-midi. Nous voulons évidemment nous assurer que le nombre de personnes dans ces rassemblements sera réduit, que s’ils ont des célébrations, ils gardent une distance de deux mètres, et que s’ils ne peuvent le faire à l’extérieur, qu’il y ait une bonne ventilation », a-t-elle indiqué. Les aînés ou les personnes ayant un problème de santé sont invités à ne pas participer aux célébrations de Rosh Hashana, qui est une fête religieuse très familiale.

Cette célébration, suivie du Yom Kippour (27 au 28 septembre) et de la Souccot (2 au 9 octobre), fait partie des raisons pour lesquelles la direction de l’école secondaire privée Herzliah, située dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, a demandé à la Direction de la santé publique de Montréal l’autorisation de fermer toutes ses classes et de donner les cours en virtuel. Ça, mais surtout le fait que déjà cinq classes étaient en quarantaine et que plus de 15 cas de COVID avaient été recensés depuis la fête du Travail, dont 8 dans un même groupe, selon les autorités de la santé publique.

« Devant un nouveau cas [mercredi], dans une nouvelle classe, et avec notre préoccupation des fêtes juives qui commencent […], on avait une inquiétude à garder l’école ouverte », a indiqué Brigitte Fortin, directrice des communications de l’école. Seules les personnes présentant des symptômes ont été testées et aucun enseignant n’aurait reçu un diagnostic positif.

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Bar-mitzvah à l’origine ?

Les cours en présence devraient reprendre le 5 octobre. « Ça donne deux semaines où tout le monde est techniquement à distance. On va espérer et on demande à nos familles d’être vigilantes et de limiter tout contact physique avec des personnes extérieures », a ajouté Mme Fortin, en précisant qu’elle ne peut être responsable de ce qui se passe en dehors de l’établissement.

Cette école secondaire privée de 500 élèves était pourtant plus que prête. Des plexiglas avaient été installés dans toutes les classes et tous les enseignants devaient porter le masque. « C’est une malchance. Il y a eu un concours de circonstances et ça prend juste une personne infectée pour en infecter plein d’autres », soutient Mme Fortin.

Selon ce qu’a avancé The Gazette, les premiers cas se seraient déclarés à la suite d’une bar-mitzvah à laquelle avaient participé des élèves de l’école Herzliah. « Pour l’instant, ce sont beaucoup des cas dus à des événements privés, mais pas tous religieux », a dit pour sa part la Dre Sarah-Amélie Mercure, cheffe par intérim de la Prévention et du contrôle des infections à la Direction de la santé publique de Montréal. Elle dit surveiller de près l’incidence en hausse dans Côte-Saint-Luc, Snowdon et Outremont, des secteurs qui avoisinent l’école. « Les gens font ça en pensant qu’il n’y a pas de risques à se rassembler dans un mariage ou un baptême. »

Un « mauvais numéro »

Pour Sydney Benudiz, président de l’Association des écoles juives, la fermeture de l’école Herzliah doit être un incitatif à redoubler d’ardeur. « C’est bien que ça se sache que bien que l’école ait pris des précautions, il y a des impondérables et des choses qu’on ne peut pas anticiper. C’est comme un avertissement pour dire à tout le monde qu’il faut faire encore plus attention. »

Au printemps dernier, la communauté juive avait connu d’importantes éclosions à la suite de rassemblements, notamment des mariages. Le fait que le premier établissement scolaire à fermer soit une école juive n’augmentera pas nécessairement la stigmatisation, croit David Ouellette, du Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA). « Je n’ai pas vraiment de crainte, car on assiste à une recrudescence de la COVID partout à l’échelle de la province, même dans les régions très excentrées. La vérité est que nous y faisons tous face, peu importe notre origine ethnique, a-t-il insisté. La communauté juive prend très au sérieux la situation et appliquera très rigoureusement les directives et mesures sanitaires du gouvernement. »

Avec Isabelle Paré et Jeanne Corriveau

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