Montréal presse les employés de revenir au centre-ville

Montréal a mis sur pied plusieurs comités pour stimuler la relance de l’économie.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Montréal a mis sur pied plusieurs comités pour stimuler la relance de l’économie.

Le télétravail fait mal au centre-ville de Montréal. Le taux d’occupation n’est que de 5 à 10 % dans les immeubles de bureaux, bien que la limite permise par les autorités sanitaires soit de 25 %. Le retour des employés sera nécessaire pour relancer le cœur de la ville, déserté depuis le début de la pandémie, ont plaidé mardi la mairesse Valérie Plante et le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc.

« On a besoin d’eux pour encourager l’économie locale, encourager notre centre-ville et encourager notre métropole du Québec », a déclaré la mairesse alors qu’elle faisait le point sur la relance économique de la métropole plus de cinq mois après le début de la pandémie.

Depuis le début de l’été, la Ville s’affaire à tenter de revitaliser ce secteur névralgique en animant les espaces publics et en mettant en place, avec les gouvernements supérieurs, des mesures d’aide aux commerçants. Mais le retour des employés dans les tours de bureaux tarde à venir.

« Le défi des employeurs, c’est d’exercer leur droit de gestion d’une façon responsable pour ramener leurs employés au centre-ville. Je dis aux employés et à tous ceux qui nous écoutent : revenez au centre-ville. Revenez de façon responsable en respectant les règles sanitaires, mais en même temps, on a le devoir de soutenir notre écosystème du centre-ville, a expliqué Michel Leblanc. Ça peut se faire de façon sécuritaire et agréable et ça permettrait à tous les commerces de traverser les prochains mois. Octobre et novembre peuvent être des mois très difficiles pour des petits commerces au centre-ville s’il n’y a personne. »

M. Leblanc reconnaît que le télétravail est là pour durer. Il ajoute toutefois qu’il n’est pas question de forcer la main des employeurs pour ramener davantage de travailleurs au centre-ville. Plusieurs employeurs ont déjà réussi à attirer 25 % de leurs employés et ils ont même demandé à la Chambre de commerce de convaincre le gouvernement du Québec et la Santé publique de hausser ce taux pour septembre, a-t-il fait remarquer.

Michel Leblanc croit par ailleurs que les gouvernements du Québec et du Canada devraient prendre des mesures précises pour aider les commerçants du centre-ville à traverser la crise. « Le programme d’aide aux loyers n’a pas très bien fonctionné. Il y a des commerçants qui vont devoir payer leurs taxes foncières et se remettre à payer des loyers. La charge qui s’en vient est énorme », a-t-il dit.

De son côté, la mairesse soutient que la Ville a atteint un taux de 25 % d’occupation de ses bureaux et qu’elle a renouvelé tous ses baux pour l’ensemble de ses édifices municipaux « pour donner l’exemple ».

Montréal a aussi mis sur pied plusieurs comités pour stimuler la relance de l’économie. Ces comités réunissent des gens d’affaires et des experts, parmi lesquels Guy Cormier, chef de la direction et président du conseil du Mouvement Desjardins, Yves Lalumière, p.-d.g. de Tourisme Montréal, Stéphane Paquet, p.-d.g. de Montréal International, et Monique Simard, présidente du conseil du Quartier des spectacles.

Plus tôt dans la journée, Montréal International a révélé que le Grand Montréal s’en était relativement bien tiré en matière d’emploi. Entre février et juillet 2020, Montréal a connu une baisse de l’emploi estimée à 5,7 %, ce qui la place au deuxième rang parmi les 20 grandes métropoles du Canada et des États-Unis en ce qui a trait à la reprise de son marché du travail depuis le début de la crise de la COVID-19. Seule la région métropolitaine de Phoenix a subi une baisse moins élevée.

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5 à 10 %

Le taux d’occupation n’est que de 5 à 10 % dans les tours de bureaux, bien que la limite permise soit de 25 %.