Montréal compte maintenir l’état d’urgence en attendant la deuxième vague

Les risques liés à la rentrée scolaire, qui pourraient entraîner une recrudescence des cas de contamination, la poursuite du déconfinement et la reprise graduelle des activités, de même que l’absence d’un vaccin et l’incertitude quant à l’immunisation des personnes ayant déjà contracté le virus, incitent le Centre de sécurité civile à privilégier le maintien des mesures d’urgence.
Photo: Getty Images Les risques liés à la rentrée scolaire, qui pourraient entraîner une recrudescence des cas de contamination, la poursuite du déconfinement et la reprise graduelle des activités, de même que l’absence d’un vaccin et l’incertitude quant à l’immunisation des personnes ayant déjà contracté le virus, incitent le Centre de sécurité civile à privilégier le maintien des mesures d’urgence.

Bien que le nombre de cas de coronavirus soit en baisse dans la métropole, Montréal craint une deuxième vague et entend renouveler l’état d’urgence jusqu’au 30 septembre. La rentrée scolaire, le déconfinement graduel et l’absence de vaccin incitent le Centre de sécurité civile à privilégier le maintien des mesures d’urgence.

L’administration Plante a tenu vendredi matin une séance extraordinaire du comité exécutif au cours de laquelle Annick Maletto, chef de section au Centre de sécurité civile, a fait le point sur la situation à Montréal. Elle a souligné que le rythme des contaminations avait ralenti après la première vague observée entre mars et juin. Les habitudes de distanciation adoptées par les citoyens et le port obligatoire du masque dans les lieux fermés ont diminué les risques de contamination, a-t-elle signalé.

Néanmoins, les risques liés à la rentrée scolaire, qui pourraient entraîner une recrudescence des cas de contamination, la poursuite du déconfinement et la reprise graduelle des activités, de même que l’absence d’un vaccin et l’incertitude quant à l’immunisation des personnes ayant déjà contracté le virus, font craindre aux autorités une deuxième vague.

« Il est impossible à l’heure actuelle de prévoir adéquatement la forme de la vague. Est-ce qu’elle va ressembler à la première ? Ou plutôt à des vaguelettes, comme celles de juillet ? C’est imprévisible. Pour cette raison, il y a un choix de maintenir l’état d’urgence pour un temps indéterminé », a expliqué Annick Maletto.

Montréal entre dans la deuxième phase d’intervention de sa lutte contre le coronavirus, a pour sa part indiqué la mairesse Valérie Plante. « On vient de vivre l’une des pires crises de l’histoire et le combat se poursuit. Avec la rentrée scolaire qui s’opère graduellement, il ne faut pas baisser la garde. C’est pourquoi nous reconduisons l’état d’urgence jusqu’au conseil municipal du mois de septembre prochain », a-t-elle dit.

Elle s’est pas ailleurs réjouie que la firme Standard & Poor’s ait maintenu la cote de crédit AA- de la Ville.

La décision du comité exécutif devra être entérinée, lundi, par le conseil municipal et par le conseil d’agglomération lors d’assemblées extraordinaires. Rappelons que Projet Montréal détient la majorité des sièges au conseil municipal.

Manque d’écoute

L’opposition accuse l’administration Plante d’utiliser la pandémie pour faire avancer son « agenda politique ». « L’administration a abusé de son pouvoir en imposant son agenda politique avec les pistes cyclables et les VAS. Ils ont refusé d’être à l’écoute des commerçants et de la population. Il y a une véritable déconnexion entre la mairesse et la population », a soutenu le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez.

Le chef de l’opposition reproche aussi à la mairesse son refus de dévoiler la situation financière réelle de la Ville et des pertes de revenus découlant de la pandémie. « Pourquoi refuse-t-elle de partager cette information avec la population et avec l’opposition alors qu’elle est prête à le faire en catimini avec Standard & Poor’s ? […] Je pense que la population a de sérieux doutes sur la façon dont l’administration gère la crise. »

Le parti décidera d’ici lundi s’il donne son appui ou non au renouvellement de l’état d’urgence.

La métropole avait déclaré l’état d’urgence une première fois le 27 mars dernier et l’avait renouvelé à plusieurs reprises depuis. Cette mesure permet à la Ville d’engager des dépenses sans devoir suivre les procédures habituelles d’octroi de contrats et de déployer ses effectifs là où elle le juge nécessaire. Comme prévu, la Ville démantèlera progressivement les voies actives sécuritaires et les pistes cyclables temporaires aménagées au début de l’été.

En date du 25 août, on dénombrait 29 638 cas de contamination sur le territoire de l’agglomération de Montréal et 3465 décès.