Trop complexe de contrôler les passagers, affirme la STM

<p>La STM estime à 95% la proportion des usagers qui portaient le masque dans le métro mercredi, contre 86% lors de la semaine du 13 juillet qui marquait le début du port obligatoire du couvre-visage.</p>
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir

La STM estime à 95% la proportion des usagers qui portaient le masque dans le métro mercredi, contre 86% lors de la semaine du 13 juillet qui marquait le début du port obligatoire du couvre-visage.

Le décret gouvernemental sur le port obligatoire du masque dans les transports collectifs prévoit des amendes de 400 à 6000 $ aux transporteurs qui permettraient l’accès à des usagers sans couvre-visage. D’emblée, la Société de transport de Montréal (STM) reconnaît qu’il ne lui sera pas possible d’empêcher l’accès aux passagers qui ont le visage découvert compte tenu de la taille de son réseau.

C’est lundi prochain que la période de grâce pour le port du couvre-visage dans les transports en commun prendra fin. À compter du 27 juillet, il sera interdit aux sociétés de transport et aux exploitants en transport par train, bateau ou avion d’admettre une personne sans masque parmi leurs passagers.

Seuls seront exemptés les élèves du primaire et autres enfants de moins de 12 ans, de même que les personnes ayant une condition médicale qui les empêche de porter un couvre-visage.

Le décret précise qu’une personne qui consomme de la nourriture ou une boisson dans une aire réservée à la restauration n’aura pas à porter de masque. Les passagers pourront se découvrir le visage momentanément pour boire et manger, ou à des fins d’identification, ajoute-t-on.

Sur un traversier, les passagers n’auront pas à porter de masque s’ils demeurent à l’intérieur de leur véhicule.

Le décret indique qu’en cas de non-respect des directives, des amendes pouvant aller de 400 à 6000 $ pourraient être données, comme c’est le cas pour les propriétaires de lieux publics fermés. Il ne précise cependant pas qui aura la charge d’imposer ces amendes.

Il n’a pas été possible, jeudi, d’obtenir des informations supplémentaires sur les modalités d’application du décret de la part du ministère de la Santé et du ministère de la Sécurité publique du Québec

Questionné à plusieurs reprises sur l’application de ces règles, le premier ministre François Legault avait soutenu que, dans les autobus, il revenait aux chauffeurs de faire respecter les directives. Le syndicat du transport de Montréal, qui représente notamment les chauffeurs d’autobus de la Société de transport de Montréal (STM), a toujours soutenu que ses membres n’avaient pas à « jouer à la police du masque ». Le premier ministre avait aussi dit que des amendes n’étaient pas prévues contre les usagers récalcitrants, mais que, sans masque, ceux-ci n’auraient pas accès aux réseaux de transport collectif.

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Trop complexe

Par courriel, la STM a indiqué qu’elle allait continuer de miser sur la sensibilisation et la distribution de couvre-visages, car, selon elle, le contrôle des passagers est trop complexe à assurer. « Avec 68 stations de métro, des centaines d’édicules et plus de 1200 bus en circulation en pointe, nos équipes ne peuvent interdire l’accès aux installations ou aux véhicules, mais elles s’assureront de sensibiliser les clients à l’importance du respect de cette mesure », a précisé le porte-parole de la STM, Philippe Déry. « Nous visons à tout mettre en place pour faciliter le respect du décret par nos clients, mais la STM n’adoptera pas une approche coercitive pour son application. »

Il note par ailleurs que le décret ne précise pas qui est responsable de remettre les contraventions.

Dans l’autobus, si un chauffeur constate que des passagers omettent de garder leur masque, un message rappelant les consignes pourra être diffusé dans le véhicule. Des messages audio peuvent aussi être entendus dans le métro.

Selon les observations faites par la STM, le port du couvre-visage est en hausse dans le métro et les autobus. Ainsi, la société de transport estime à 95 % la proportion des usagers qui portaient le masque dans le métro mercredi, contre 86 % lors de la semaine du 13 juillet qui marquait le début du port obligatoire du couvre-visage et 60 % pour la semaine précédente.

Dans les autobus, le masque était porté par 96 % des passagers le 22 juillet, alors que le taux était de 87 % une semaine plus tôt, selon la STM.

L’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) a soutenu que les mesures nécessaires, telles que la distribution de couvre-visages et les opérations de sensibilisation, avaient été mises en place dans les sociétés de transport du Grand Montréal afin d’inciter les usagers à respecter les consignes.

142 nouveaux cas au Québec

Comme mercredi, le Québec fait état jeudi de 142 nouveaux cas de COVID-19, pour un total de 58 080 personnes infectées. Aucun nouveau décès n’a toutefois été rapporté. On compte donc toujours pour la province 5662 décès liés à la COVID-19 depuis le début de la pandémie. Le nombre d’hospitalisations a diminué de 14, pour atteindre un total de 221. Parmi celles-ci, 14 personnes se trouvent aux soins intensifs, une diminution de deux. On a réalisé le 21 juillet 14 725 prélèvements, pour un total de 1 101 665.

L’Ontario a pour sa part rapporté jeudi 103 nouveaux cas de COVID-19 et aucun nouveau décès. À Toronto, le maire John Tory, a déclaré qu’il était prêt à ordonner le port du masque dans les espaces partagés à l’intérieur des immeubles d’appartements et de condos de la ville, si les gestionnaires de ces immeubles refusent de le faire eux-mêmes. Les règles actuelles pour le port du masque imposées dans certaines villes ontariennes comme Toronto ne s’appliquent qu’aux espaces publics intérieurs, tels que les épiceries, les entreprises commerciales et les transports en commun, mais ne touchent pas les immeubles à logements multiples.