Masques: la STM misera sur la sensibilisation plutôt que les amendes

À compter du 13 juillet, le port du couvre-visage sera obligatoire pour tous les usagers des transports en commun au Québec.
Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir À compter du 13 juillet, le port du couvre-visage sera obligatoire pour tous les usagers des transports en commun au Québec.

À compter de lundi, le port du masque sera obligatoire dans les autobus et le métro, mais plutôt que d’expulser les passagers récalcitrants ou de leur remettre des constats d’infraction, la Société de transport de Montréal (STM) distribuera des couvre-visages et fera de la sensibilisation auprès de la clientèle.

À l’heure actuelle, la STM estime à 60 % la part des usagers qui portent un masque, alors que ceux-ci étaient très rares au début du mois de mai.

L’arrêté ministériel prévu pour encadrer le port du masque dans le transport collectif n’a pas encore été publié, ce qui laisse encore plusieurs questions sans réponses concernant l’application des nouvelles règles, a reconnu Philippe Schnobb, président du conseil d’administration de la STM, lors d’une conférence de presse vendredi. « Notre attitude, c’est de rendre ça facile. On va distribuer des couvre-visages », a-t-il dit.

Les agents dans les stations ainsi que les inspecteurs en remettront aux usagers qui n’en ont pas. Jusqu’à maintenant, 235 000 couvre-visages ont été donnés aux usagers depuis le début de la pandémie. D’ici l’automne, la STM estime que 1,5 million d’entre eux auront été distribués dans le Grand Montréal.

La STM ne compte pas exiger de ses chauffeurs qu’ils expulsent les passagers qui ne porteraient pas de masque ou qui le retireraient au cours du voyage. Elle ne refusera pas l’accès à ceux qui auraient le visage découvert. « Ça peut être complexe d’appliquer une mesure semblable. C’est pour ça qu’il sera important de voir ce qui sera écrit dans le décret », a indiqué Philippe Schnobb.

La STM entend plutôt miser sur une campagne de sensibilisation pour inciter les usagers à porter un couvre-visage. L’opération prévoit de l’affichage dans le métro et les autobus ainsi que la diffusion de messages dans les véhicules.

Rappelons que le 30 juin dernier, le premier ministre François Legault avait annoncé qu’à compter du 13 juillet, le port du couvre-visage serait obligatoire pour tous les usagers des transports en commun au Québec de 12 ans et plus, avec une période de grâce de 14 jours. Le premier ministre avait alors précisé qu’à partir du 27 juillet, les usagers sans masque ne pourraient avoir accès aux autobus et au métro. Il avait aussi fait savoir qu’aucune amende ne serait imposée aux contrevenants. L’arrêté ministériel se fait toujours attendre.

Embarquement par l’avant

La STM a par ailleurs annoncé que l’embarquement par l’avant dans ses autobus et la perception des titres reprendraient à compter du 20 juillet sur 43 lignes desservant le centre-ville. Des cloisons en polycarbonate ont été installées dans une partie de la flotte d’autobus afin de protéger les chauffeurs. L’ensemble des autobus devraient être dotés de ces panneaux d’ici le début du mois d’août, une opération qui coûtera 2,8 millions $.

Une distance de deux mètres entre l’îlot du chauffeur et les passagers devra être maintenue. Ainsi, le siège situé derrière le chauffeur ne pourra être utilisé. Et les passagers seront tenus de circuler de l’avant des véhicules vers l’arrière et ne pourront descendre des autobus par la porte avant.

Des revenus en baisse

Comme c’est le cas pour toutes les sociétés de transport au pays, les revenus de la STM ont fondu depuis le début de la pandémie. Au plus fort de la crise, l’achalandage avait chuté de 90 %. Il est en hausse depuis le début du déconfinement, mais le directeur général Luc Tremblay admet que les dépenses devront être comprimées. Il écarte toutefois la possibilité de réduire les services pour l’instant. « C’est sûr qu’il va y avoir des efforts à faire. On ne peut pas perdre 90 % de nos revenus et n’avoir aucun impact », a-t-il dit.

La STM a constaté une hausse de 27 % de l’achalandage depuis la semaine du 5 avril, moment où il était à son plus bas niveau. À l’heure actuelle, l’achalandage atteint 40 % de celui observé habituellement. La baisse est plus importante dans le métro que dans les autobus, signale la STM.

Faute d’arrêté ministériel et en attendant des directives claires de la part du gouvernement, la Société de transport de Laval (STL) et le Réseau de transport de Longueuil (RTL) mettront aussi l’accent sur la distribution de masques et sur la sensibilisation de la clientèle.

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