Les nouvelles politiques du SPVM sont un pas dans la bonne direction, dit le CRARR

Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Sylvain Caron
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Sylvain Caron

Les démarches en vue de contrer le profilage racial chez les policiers montréalais sont un pas dans la bonne direction, mais ne vont pas assez loin.

Le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR) s’est réjoui, mercredi matin, de l’annonce d’une nouvelle politique d’interpellations au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et de l’intention exprimée par la Ville de Montréal d’équiper les policiers de caméras corporelles.

Le directeur du SPVM, Sylvain Caron, a annoncé la semaine dernière qu’il présenterait la nouvelle politique le 8 juillet prochain.

« C’est sûr qu’on applaudit ces annonces, parce que ça fait quand même depuis 35 ans qu’on parle de profilage racial », a déclaré le porte-parole du CRARR, Alain Babineau.

« Il semblerait qu’on a l’écoute, qu’on a l’oreille de la police et de la municipalité. On doit applaudir ce genre de prononcement. Mais ce n’est pas assez. Ce qu’on veut entendre, c’est une déclaration officielle que le profilage racial systémique existe. Et ça, on ne l’a pas entendu encore, surtout de la part de M. Caron, qui a manqué à l’appel depuis le mois d’octobre l’an passé, depuis que le rapport est sorti. »

Le rapport auquel fait référence M. Babineau, réalisé par des chercheurs universitaires à la demande du SPVM et déposé en octobre 2019, concluait à un « biais systémique » du corps policier. Il faisait état d’un risque de quatre à cinq fois plus élevé d’être interpellé pour les jeunes Noirs et Arabes et de 11 fois plus élevé pour les femmes autochtones.

Le CRARR réclame une consultation publique sur la nouvelle politique d’interpellations, faisant valoir que celles menées jusqu’ici ont raté la cible : « M. Caron dit qu’il y a eu 150 personnes qui ont été consultées, mais nous, on n’en connaît aucune. On aimerait bien savoir qui sont ces 150 personnes-là, alors on demande une consultation réelle de la part du comité de sécurité publique sur la politique en matière d’interpellations. »

Parallèlement, l’organisme annonce la mise sur pied d’un « comité consultatif communautaire. Ce n’est pas une question politique, c’est la communauté qui est impactée par le profilage racial ».

Il demande également une politique pour que soient recueillies les données « fondées sur la race », afin de pouvoir assurer un suivi.

Quant aux caméras corporelles, le CRARR approuve tout à fait cette initiative, mais avertit la Ville que le temps des projets-pilotes — comme il y en a déjà eus — est révolu et qu’il est temps de passer aux actes pour tout le corps policier.

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