Trois artères de Rosemont-La Petite Patrie fermées aux voitures

Des tronçons des rues Beaubien et Masson et du boulevard Saint-Laurent seront aménagés en voies partagées de type «transit mall» pour faciliter la distanciation physique.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Des tronçons des rues Beaubien et Masson et du boulevard Saint-Laurent seront aménagés en voies partagées de type «transit mall» pour faciliter la distanciation physique.

Trois artères commerciales de Rosemont-La Petite-Patrie seront fermées à la circulation automobile pour la saison estivale. Des tronçons des rues Beaubien et Masson et du boulevard Saint-Laurent seront aménagés en voies partagées de type « transit mall » pour faciliter la distanciation physique dans le contexte de la pandémie de coronavirus, a annoncé l’arrondissement mardi.

Ainsi, seuls les piétons, les cyclistes et les autobus pourront circuler sur les segments de ces artères commerciales. Sur la rue Masson, le tronçon visé s’étendra de la 2e Avenue au boulevard Saint-Michel. Sur la rue Beaubien, c’est la section entre les rues Christophe-Colomb et Saint-Denis qui sera interdite aux automobilistes. Quant au boulevard Saint-Laurent, il sera en voie partagée entre les rues Saint-Zotique et Jean-Talon, selon un plan élaboré avec la ville-centre. Ces changements devraient entrer en vigueur à la fin mai ou au début du mois de juin.

« Ça nous permet d’essayer de nouveaux aménagements qu’on n’a jamais tentés à Montréal. Les activités ne reprendront pas pleinement à compter du 25 mai, alors, la circulation automobile ne sera pas très importante », explique le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François Croteau. « C’est le contexte parfait pour faire des tests et pour s’ajuster si nécessaire. Si on ne veut pas avoir un burn-out collectif, il faut trouver des espaces de vie pour que les gens puissent sortir quand il va faire chaud et prendre un peu d’air et surtout, aider les restaurants et les bars de passer à travers cette crise-là. »

L’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie a d’ailleurs accordé un mandat à une firme d’urbanisme afin d’élaborer des aménagements transitoires pour les restaurants et les bars qui pourront occuper davantage de place sur le domaine public.

Réfléchir à de nouvelles pratiques

Québec n’a toujours pas donné le feu vert pour permettre la réouverture de ces établissements, mais François Croteau pense qu’il faut déjà réfléchir à de nouvelles pratiques afin de composer avec les règles de distanciation. « Si on ne fait pas de nouveaux aménagements, ça va être très difficile pour eux de survivre. Il faut être innovants », dit-il.

Selon lui, il faudrait peut-être autoriser les bars à effectuer des commandes pour emporter et prévoir des aménagements extérieurs pour y permettre la consommation d’alcool sur le domaine public. « Et si les rues devenaient de grandes terrasses à ciel ouvert ? L’idée, c’est de tester ces idées-là. »

L’arrondissement entend également autoriser les citoyens à s’approprier des cases de stationnement dans les rues résidentielles afin d’y faire des aménagements. « Les gens qui n’ont pas accès à une ruelle ou qui n’ont pas de cour et n’ont qu’un balcon, on veut leur permettre d’avoir un endroit pour s’aménager des tables sur la rue, faire un potager, présenter des spectacles ou toute autre chose qui peut animer la vie sociale des citoyens. C’est une forme d’urbanisme tactique », avance M. Croteau en précisant que les citoyens devront au préalable aviser l’arrondissement de leurs intentions.

Le maire Croteau soutient que le retrait de places de stationnement aura peu d’impact. Sur les artères commerciales, dit-il, les autorités ont remarqué que la consommation était essentiellement locale : « Ce sera intéressant de voir les effets à long terme de cette modification des habitudes de vie des gens ».

Vendredi dernier, la mairesse Valérie Plante avait présenté une série de mesures pour réaménager l’espace public dans le contexte de la pandémie de coronavirus. Elle avait notamment annoncé la piétonnisation de l’avenue du Mont-Royal, la réduction de voies de circulation sur plusieurs artères comme le boulevard Saint-Laurent et la rue Saint-Denis ainsi que l’implantation de rues partagées dans l’ensemble du Vieux-Montréal.