Le dépistage connaît des ratés à Montréal

Après le cafouillage des derniers jours concernant le dépistage de cas de COVID-19 dans Montréal-Nord, la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, a assuré que le déploiement des unités mobiles dans les quartiers chauds serait mieux planifié dans les prochaines semaines.

À l’heure actuelle, trois autobus de la Société de transport de Montréal convertis en cliniques mobiles se déplacent dans les quartiers les plus touchés de l’île. Mais à ce jour, aucun ne s’est arrêté dans Montréal-Nord, même s’il s’agit de l’arrondissement le plus durement affecté par la pandémie.

Les élus locaux les réclament depuis plusieurs jours, d’autant que la clinique temporaire installée au CLSC de Montréal-Nord devait fermer lundi soir. Le CIUSSS du Nord-de-l’île-de-Montréal a finalement décidé de maintenir cette clinique pour quelques jours et un autobus viendra faire une halte dans ce quartier à compter de jeudi, possiblement pour une semaine.

« La confusion montre la déconnexion entre le gouvernement et ce qui se passe sur le terrain », déplore la députée libérale de Bourassa-Sauvé, Paule Robitaille. « On est au centre de la pandémie, mais jusqu’à maintenant, ils n’ont pas été capables de déplacer l’unité mobile à Montréal-Nord. »

La Dre Mylène Drouin a reconnu que le déploiement des cliniques mobiles, lancées la semaine dernière, était en période de rodage. « Je pense que cette semaine, on va être en mesure de faire connaître à l’avance l’horaire. On va essayer d’être plus stable dans la planification », a-t-elle dit en annonçant que cinq autobus seront sur la route d’ici la fin de la semaine.

Depuis le début que je demande une unité mobile. Mais je viens d’avoir la confirmation qu’un autobus sera dans Parc-Extension les 19, 20 et 21 mai.

Les autorités souhaitent réaliser au moins 3000 tests par jour à Montréal. Le nombre de tests est passé de 1000 prélèvements par jour à la fin avril à 1900 dépistages quotidiens. Chaque autobus devrait pouvoir en réaliser jusqu’à 250 par jour.

Les bus qu’on s’arrache

Mais Montréal-Nord n’est pas le seul secteur chaud dans la métropole. D’autres élus locaux pressent la Santé publique de leur envoyer un autobus. C’est le cas de la conseillère Mary Deros dans Parc-Extension, où on craint une explosion de cas d’infection.

« Depuis le début que je demande une unité mobile. Mais je viens d’avoir la confirmation qu’un autobus sera dans Parc-Extension les 19, 20 et 21 mai », a-t-elle fait savoir.

L’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve est aussi sur le qui-vive, car on y recense un nombre élevé de décès, soit 199, dont 171 dans des CHSLD ou résidences pour personnes âgées, principalement dans Mercier-Est. Le maire Pierre Lessard-Blais espère qu’un autobus s’arrêtera bientôt dans le quartier.

« Depuis la semaine dernière qu’on demande qu’il vienne dans Mercier-Est, mais que je sais qu’il y a des enjeux logistiques. Au moins, on a un site de dépistage près du métro L’Assomption. »

Déconfiner ou pas

Montréal a maintenant franchi le cap des 2000 décès, dont 85 % dans des CHSLD ou résidences pour personnes âgées. Le réseau de la santé est particulièrement atteint avec 3743 travailleurs infectés, soit plus de 20 % des cas comptabilisés.

Compte tenu de la situation à Montréal, la Dre Drouin n’écarte pas la possibilité de reporter à une date ultérieure le déconfinement prévu pour le 25 mai pour certains secteurs d’activité, laissant ainsi entendre que les commerces pourraient rouvrir leurs portes avant les écoles. « Je ne pense pas que la réouverture des centres d’horticulture, ça ait créé un gros impact sur la transmission communautaire », a-t-elle dit.

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