La STM installera des panneaux de plexiglas dans ses autobus

Tous les autobus de la STM seront équipés de panneaux de plexiglas afin de protéger les chauffeurs de la COVID-19.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Tous les autobus de la STM seront équipés de panneaux de plexiglas afin de protéger les chauffeurs de la COVID-19.

La Société de transport de Montréal (STM) entend doter tous ses autobus de panneaux de plexiglas pour protéger les chauffeurs d’autobus dans le contexte de la pandémie de coronavirus. À terme, cette mesure lui permettra de recommencer à percevoir les droits de passage.

Au mois de mars dernier, la STM avait autorisé les usagers du transport en commun à monter à bord des autobus par la porte arrière après que les chauffeurs eurent exigé d’être mieux protégés en raison de la pandémie. La STM avait alors cessé de contrôler les titres de transport.

Le Syndicat des chauffeurs de la STM souhaitait que leur employeur prenne des mesures supplémentaires avec l’installation de panneaux de plexiglas à côté du siège du conducteur. La STM a acquiescé à cette demande.

« On travaille avec le Syndicat des chauffeurs pour que ce soit une mesure qui convienne, que ça assure leur sécurité et que ce soit facilement nettoyable. Il faut juste être conscient qu’installer ça dans 1900 bus, ça ne se fera pas dans une fin de semaine », a indiqué au Devoir le président du conseil d’administration de la STM, Philippe Schnobb, mardi.

M. Schnobb ignore toutefois si cette mesure sera permanente. « Peut-être qu’après deux ans, on déterminera que c’est moins nécessaire, dit-il. Mais si on doit les laisser indéfiniment, on le fera. »

Les masques

La STM doit présenter dans les prochains jours son plan en prévision du déconfinement prévu pour le 18 mai prochain à Montréal, mais l’obligation pour les usagers de porter un masque n’est toujours pas envisagée à court terme. Philippe Schnobb n’écarte cependant pas la possibilité que les consignes changent. « Est-ce que ça peut évoluer ? On va voir, mais pour l’instant, la raison évoquée par la mairesse Plante — et je suis tout à fait d’accord —, c’est que si on l’oblige, on donne la responsabilité aux inspecteurs de faire respecter cette règle. Les chauffeurs de bus pourraient décider de ne pas laisser monter quelqu’un à bord. On essaie de rendre ça le plus simple possible et d’encourager fortement les gens à le porter. »

La STM compte mener des campagnes de sensibilisation auprès des usagers à ce sujet. « Je pense que la pression sociale va faire que les gens vont être incités à les porter. Il faut que ça devienne un standard ». La STM étudie toutefois la possibilité de distribuer de couvre-visages aux usagers si la capacité d’approvisionnement le permet.

Mardi, le ministère des Transports, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail et l’Institut national de santé publique du Québec ont pour leur part réitéré l’importance de se couvrir le visage dans les transports collectifs.

Philippe Schnobb rejette aussi l’idée de condamner des sièges — un sur deux par exemple — pour limiter le nombre de passagers et faciliter la distanciation sociale comme l’a fait Paris : « Il faut évaluer les impacts d’une mesure comme ça. Ça voudrait dire qu’on limiterait beaucoup notre capacité d’accueil ».

Un plan à venir

Le plan de déconfinement que compte présenter d’ici la fin de la semaine la STM détaillera les mesures à mettre en place et celles qui sont déjà implantées. Philippe Schnobb estime que lorsque les travailleurs seront plus nombreux à emprunter les transports collectifs, les employeurs devront moduler les horaires de travail pour l’engorgement du réseau. « Le port du masque vise à accueillir davantage de gens, mais ce n’est pas parce qu’on a un masque qu’on est obligés d’être tassés les uns sur les autres », signale Philippe Schnobb.

Les sociétés de transport en commun ont enregistré des baisses majeures d’achalandage et de revenus depuis le début de la crise. À Montréal, la baisse d’achalandage dépasse les 80 %. À l’échelle du Canada, les pertes sont estimées à 400 millions $ par mois. C’est pourquoi, le mois dernier, la Fédération canadienne des municipalités (FCM) a réclamé une aide d’urgence de 2,4 milliards $ du gouvernement fédéral destinée aux sociétés de transport à la grandeur du pays.

La STM a réduit son service d’autobus, mais Philippe Schnobb assure que la société de transport ne procédera pas à la suppression de postes : « D’autres sociétés l’ont fait au Canada, mais on sait qu’on va avoir besoin de tout le monde et de tous les bus et les métros lorsque les activités vont reprendre. On ne peut pas se permettre de réduire le personnel ».

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