Un confinement de Montréal comprendrait les banlieues, selon Valérie Plante

Puisque les refuges ont dû réduire leur offre d’hébergement en raison de la pandémie de COVID-19, les autorités ont convenu d’ouvrir des ressources supplémentaires pour accueillir les itinérants la nuit.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Puisque les refuges ont dû réduire leur offre d’hébergement en raison de la pandémie de COVID-19, les autorités ont convenu d’ouvrir des ressources supplémentaires pour accueillir les itinérants la nuit.

La mise en quarantaine de l’île de Montréal ou d’un quartier de la ville n’est pas envisagée à court terme dans la foulée de la pandémie de coronavirus, a répété mardi Valérie Plante. Mais si un confinement devait être décrété, il s’appliquerait plutôt à l’ensemble de la région métropolitaine, croit la mairesse.

Tandis qu’elle annonçait l’ouverture de deux nouveaux centres d’hébergement d’urgence pour itinérants, la mairesse a commenté les plus récentes statistiques sur la propagation du coronavirus à Montréal.

Selon les données publiées par la Direction générale de la santé publique, l’île de Montréal compte maintenant 1991 cas de contamination à la COVID-19, soit 379 de plus que la veille.

« Ça m’inquiète. Comme Montréalaise, ce n’est pas un chiffre qui me plaît. Mais est-ce que je suis découragée ou pessimiste ? Non », a dit la mairesse. La capacité du réseau à traiter les cas de contamination la rassure, a-t-elle ajouté.

Un scénario de confinement de l’île ou d’un quartier n’est pas considéré à court terme, a-t-elle affirmé. Mais si les autorités optaient pour ce type de mesure, c’est plutôt à l’échelle métropolitaine qu’un confinement s’appliquerait, a-t-elle dit. « On voit qu’il y a énormément de cas à Laval et à Longueuil. Les banlieues communiquent directement avec l’île de Montréal. Donc, ça serait beaucoup plus un périmètre régional de la grande région métropolitaine », a-t-elle expliqué.

Valérie Plante a réitéré qu’une telle décision serait prise par les autorités nationales de santé publique en collaboration avec la Ville. Pour l’instant, Montréal mise davantage sur la surveillance accrue effectuée par les policiers pour freiner la propagation du virus.

Services accrus pour les itinérants

La Ville a par ailleurs annoncé l’ouverture de deux centres d’hébergement supplémentaires pour les itinérants afin de pallier la réduction du nombre de lits dans les refuges existants. Situé au Marché Bonsecours, le premier est déjà prêt à accueillir 50 hommes, alors que dès jeudi le centre Jean-Claude Malépart pourra héberger 60 hommes et femmes.

Une aile de l’hôpital Royal-Victoria sera aussi aménagée pour accueillir une centaine de sans-abri plus âgés. L’ancien hôpital recevra aussi des itinérants atteints par le coronavirus ou en attente d’un résultat de test.

En tout, avec les unités qui seront accessibles pour les femmes au YMCA du centre-ville et au complexe Guy-Favreau pour les hommes, le CIUSSS du Centre-Sud estime à 350 le nombre de nouveaux lits qui seront offerts aux itinérants.

De concert avec des organismes communautaires, Montréal a aussi ouvert cinq centres de jour en plein air. Après ceux du square Cabot et de la place Émilie-Gamelin, trois autres sont désormais accessibles à la place du Canada, au parc Jeanne-Mance et à l’extérieur de l’aréna Francis-Bouillon.

Toutes ces nouvelles ressources ont été mises en place avec la collaboration d’organismes tels que l’Accueil Bonneau, la Mission Old Brewery et la Maison du père.

Un cas de contamination

À ce jour, un seul itinérant a contracté le coronavirus, a indiqué Julie Grenier, directrice adjointe au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal. Il est décédé dimanche dernier.

Cinq itinérants en attente d’un résultat de test sont par ailleurs hébergés à l’hôtel situé dans le Quartier des spectacles qu’a réquisitionné la Ville. Cet hôtel a une capacité de 30 chambres.