La Ville de Montréal décrète l’état d’urgence

À la demande du directeur national de la Santé publique du Québec, Montréal a décrété l’état d’urgence sur le territoire de l’agglomération de Montréal en raison de la pandémie de COVID-19. Pour l'instant toutefois, la Ville n'entend pas contrôler les déplacements hors de l'île de Montréal ni fermer les ponts.

« Non, la ville n’est pas en confinement. Elle n'est pas en quarantaine, ni aujourd’hui ni demain. Si un jour cela devait être le cas, ce sera à la demande du gouvernement du Québec et de la santé publique », a expliqué la mairesse Valérie Plante lors d’un point de presse en compagnie de la directrice régionale de la santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin..

La Ville a pris cette décision en raison des problèmes criants en matière d’itinérance compte tenu de la fermeture de plusieurs ressources pour les sans-abri et la réduction des services auprès à cette clientèle vulnérable.

« Cette crise sanitaire ne doit pas devenir une crise humanitaire », a dit la mairesse Plante.

La Ville entend ainsi créer cinq centres qui pourront accueillir 1000 itinérants par jour. Le premier sera ouvert au square Cabot. « Nous voulons agir vite », a ajouté la mairesse.

D'autres mesures seront implantées progressivement pour permettre aux policiers de faire respecter les ordonnances de confinement, car la situation nécessite plus de mesures contraignantes compte tenu de la croissance du nombre de cas de contamination au coronavirus.« Face à une propagation du virus, on ne peut plus tolérer aucun laisse-aller », a fait savoir la Dre Drouin. 

Les policiers devraient donc être plus visibles sur le terrain et pourraient, par exemple, délivrer des constats d'infraction aux commerces qui n'auraient toujours pas fermé leurs portes ou aux personnes qui participeraient à des rassemblements.

« Notre souhait, ce n’est pas que la police se mette à donner des contraventions partout, mais si c’est nécessaire, on n’aura pas le choix », a soutenu la Dre Drouin.

À Montréal, on dénombre à ce jour 971 cas de contamination et quatre décès.

Le Dr Horacio Arruda a demandé à la Ville, vendredi après-midi, de déclarer l’état d’urgence local. Il a ainsi invoqué l’article 42 de la Loi sur la sécurité civile.