Les chauffeurs d’autobus exigent d’être mieux protégés

Des passagers montréalais ont dû entrer dans leur autobus par la porte arrière, lundi, à la demande de chauffeurs.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des passagers montréalais ont dû entrer dans leur autobus par la porte arrière, lundi, à la demande de chauffeurs.

Les chauffeurs d’autobus de la Société de transport de Montréal (STM) estiment qu’ils devraient être mieux protégés contre le coronavirus. Mécontents de l’inaction de leur employeur, certains ont pris les devants et apposé des autocollants sur leurs autobus afin d’inviter les passagers à utiliser la porte arrière de leur véhicule pour monter à bord.

Au cours des derniers jours, les chauffeurs d’autobus de Montréal ont réclamé l’implantation d’une série de mesures alors que la pandémie progresse. Outre d’obliger les passagers à entrer par les portes arrière, ils ont demandé que le siège avant droit de l’autobus ne soit plus utilisé et qu’à bord des véhicules, les passagers se tiennent à une distance d’un mètre des chauffeurs. Ils souhaitent aussi que la perception soit suspendue et qu’ils puissent porter des gants ainsi que des masques dans certains cas.

« On veut protéger le service public et on va assurer le service pour toute la durée de la crise. Par contre, pour le faire, il va falloir qu’on se sente en sécurité », a fait valoir Renato Carlone, président du Syndicat des chauffeurs d’autobus et des opérateurs du métro de la STM. « Le premier ministre a parlé des « anges gardiens » pour décrire les employés de la santé, mais on se sent oubliés parce que c’est nous qui amenons ce monde-là aux hôpitaux. »

Il a soutenu que les discussions avec l’employeur n’avaient pas permis d’en venir à une entente concernant les mesures de protection à implanter. « On est laissés à nous-mêmes. Mais je ne pense pas qu’ils pourront dire non longtemps », avance Renato Carlone.

Autocollants

En mi-journée lundi, certains chauffeurs, avec l’appui de leur syndicat, ont pris l’initiative d’apposer des autocollants sur la porte avant des véhicules afin de forcer les usagers à utiliser celle située à l’arrière.

Des chauffeurs de la Société de transport de Laval (STL) ont aussi posé des affichettes exigeant des passagers qu’ils montent par la porte arrière. « Il s’agit d’une initiative mise en place par le syndicat des chauffeurs. La STL n’a pas déclaré la gratuité sur son réseau », a tenu à préciser la société de transport dans un communiqué.

Les opérateurs de métro et les agents de station sont pour leur part inquiets de devoir intervenir auprès d’usagers sans masques ou gants. Leur syndicat demande qu’ils n’aient plus à sortir de leur loge et qu’ils puissent communiquer avec le 911 pour obtenir de l’assistance.

La STM a refusé de commenter les demandes des chauffeurs lundi.

Lors de sa conférence de presse quotidienne pour faire le point sur la pandémie de la COVID-19, le premier ministre François Legault a fait remarquer que l’achalandage avait beaucoup baissé dans les transports en commun, notamment dans le métro de Montréal. « Il n’y a pas d’inquiétude à y avoir. C’est important de les laisser ouverts », a-t-il dit au sujet des réseaux de transport collectif.