Le directeur d’arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce pourra réintégrer son poste

La conseillère de Projet Montréal, Magda Popeanu (à droite de la mairesse Sue Montgomery)
Photo: Jeanne Corriveau Le Devoir La conseillère de Projet Montréal, Magda Popeanu (à droite de la mairesse Sue Montgomery)

Le conseil d’arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce a invalidé la suspension du directeur d’arrondissement, Stéphane Plante, qu’avait décrétée il y a deux semaines la mairesse Sue Montgomery. Réunis en assemblée mercredi soir, les élus ont adopté à la majorité une motion pour réintégrer immédiatement le haut-fonctionnaire dans ses fonctions.

« Sue Montgomery a décidé d’appliquer une justice parallèle. Encore pire, elle punit une personne identifiée comme victime parce qu’il refuse d’interagir avec la personne qui lui a fait subir du harcèlement psychologique », a souligné la conseillère de Projet Montréal, Magda Popeanu.

Quelques minutes plus tôt, la mairesse Montgomery avait fait la lecture des motifs qui l’ont amenée à imposer deux suspensions sans salaire — l’une de deux jours et l’autre de 17 jours — au directeur d’arrondissement, Stéphane Plante. Elle a relaté qu’à deux reprises, les 26 et 27 février, Stéphane Plante avait quitté une réunion à laquelle participait la directrice de cabinet de Mme Montgomery, Annalisa Harris, identifiée par le Contrôleur général de la Ville comme ayant fait subir du harcèlement psychologique à deux employés, dont Stéphane Plante.

« J’estime que c’est un acte d’insubordination grave », a expliqué Mme Montgomery, « M. Plante est le premier fonctionnaire de l’arrondissement et il doit me tenir informée sur les dossiers de l’arrondissement. En refusant d’obéir à mes directives, il me prive d’informations et m’empêche d’exercer mes fonctions prévues par la Loi sur les cités et villes. »

Selon Mme Montgomery, le fonctionnaire aurait dû lui obéir et contester par la suite s’il était en désaccord avec ses directives.

Les autres élus de l’arrondissement ne sont pas de cet avis. « Nous ne pouvons d’aucune façon cautionner ces mesures disciplinaires aléatoires et abusives envers le directeur d’arrondissement. Les actions de la mairesse paralysent l’arrondissement et perpétuent un climat de travail toxique », a soutenu la conseillère Magda Popeanu.

Le conseiller et chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez a reproché à la mairesse de punir un fonctionnaire qui, dans les faits, voulait appliquer les recommandations du Contrôleur général. « La suspension est une mesure disciplinaire grave surtout quand il s’agit du plus haut fonctionnaire de l’arrondissement », a-t-il dit. Selon lui, cette affaire est une « distraction » et ne fait que nuire au bon fonctionnement de l’arrondissement.

Il a proposé l’adoption d’une motion visant à réintégrer Stéphane Plante immédiatement dans ses fonctions.

Quatre élus ont voté en faveur de cette motion afin de permettre à Stéphane Plante de reprendre son poste et de recevoir le salaire dont il a été privé pendant ses deux suspensions. Seule Sue Montgomery s’y est opposée.

Sue Montgomery est à couteaux tirés avec l’administration de Valérie Plante et le contrôleur général depuis des mois. Alors qu’elle s’était plainte auprès du contrôleur des agissements de certains fonctionnaires, celui-ci a plutôt conclu que sa directrice de cabinet, Annalisa Harris, avait fait subir du harcèlement psychologique à deux employés de CDN-NDG, dont le directeur d’arrondissement Stéphane Plante.

Mardi, la mairesse avait tenté de convaincre la Cour supérieure d’ordonner à la Ville de lui remettre les trois rapports de la Division du respect de la personne et du Contrôleur sans caviardage et de cesser de s’immiscer dans la gestion de l’arrondissement. Le juge a toutefois estimé que Sue Montgomery n’avait pas su démontrer l’urgence de sa requête.