Royalmount: revu et corrigé, mais toujours aussi controversé

Le esquisses du projet remanié font la part belle à la verdure.
Photo: Carbonleo Le esquisses du projet remanié font la part belle à la verdure.

Le Royalmount sera plus vert et inclura un volet résidentiel. Il comportera aussi moins d’espaces commerciaux, de bureaux et de places de stationnement que le projet initial. Mais pour la mairesse Valérie Plante, l’absence de logements sociaux sur le site est inacceptable.

Visé par de nombreuses critiques au cours des cinq dernières années, le promoteur Carbonleo a présenté, mardi, la nouvelle mouture du projet Royalmount qui verra le jour dans deux ans, à l’angle des autoroutes 15 et 40.

 

Comme il s’était engagé à le faire, le promoteur a ajouté un volet résidentiel à son projet avec 4500 unités. Il a par ailleurs réduit substantiellement les superficies de bureaux qui passeront de 2,8 millions à 950 000 pieds carrés. Les espaces commerciaux couvriront 1,4 million de pieds carrés, au lieu de 2 millions. Carbonleo renonce aussi à une des deux salles de spectacles intérieures, de même qu’à sa scène extérieure. Le site comptera 7180 espaces de stationnement — en souterrain —, dont 2250 pour le volet résidentiel, au lieu de 12 000.

Le promoteur a aussi donné une facture beaucoup plus verte à son projet. Ainsi, il n’a pas lésiné sur la verdure et pas moins d’un demi-million de végétaux seront plantés sur le site, a promis Andrew Lutfy, président et chef de la direction de Carbonleo, qui a évoqué sa volonté « d’amener le rythme de la nature en ville ». Les tours résidentielles seront même dotées de murs végétaux verticaux.

Carbonleo vise une certification LEED. Or, pour le bâtiment commercial qui sera carboneutre. « Ça va devenir une référence en développement durable », a soutenu Claude Marcotte, vice-président directeur chez Carbonleo.

Pas de logements sociaux

Le site sera 100 % piétonnier, a assuré M. Marcotte. Le promoteur estime cependant que 94 000 déplacements s’ajouteront chaque jour dans le secteur déjà fort congestionné. Il s’agit tout de même d’une baisse par rapport aux prévisions qui les chiffraient à 126 000 déplacements.

Comme la station De la Savane est située tout proche et qu’elle sera dotée d’une passerelle au-dessus du boulevard Décarie, le promoteur croit que 36 % des personnes qui fréquenteront le complexe Royalmount utiliseront les transports en commun ou le vélo, alors que 57 % d’entre elles s’y rendront en voiture.

Le projet est sans doute plus acceptable, mais le coeur du problème demeure le centre commercial et la mobilité autour

Carbonleo a entrepris des discussions avec les autorités scolaires pour la construction d’une école pour le volet résidentiel. Il n’envisage toutefois pas de construire de logements sociaux. « Il faut comprendre que le projet n’est pas à Montréal et n’est pas assujetti à la même réglementation, a fait remarquer Claude Marcotte. On aura des discussions avec les instances gouvernementales. »

La phase commerciale devrait être inaugurée à l’automne 2022, et le reste du projet sera réalisé sur un horizon d’une dizaine d’années avec des investissements de 7 milliards de dollars.

Des critiques

La mairesse Valérie Plante, qui avait durement critiqué le projet au cours des dernières années, a salué les améliorations apportées au projet, mais la « version 2.0 » du Royalmount est loin de la satisfaire. En point de presse, elle a souligné que le problème de congestion automobile demeurait entier et que l’absence de logements sociaux était « inacceptable ».

Les citoyens aussi sont sceptiques. « Le projet est sans doute plus acceptable, mais le coeur du problème demeure le centre commercial et la mobilité autour du projet », a fait valoir Pierre Avignon, du comité citoyen RoyalementContreRoyalmount.

Il se réjouit toutefois que la mobilisation citoyenne ait pu forcer le promoteur à améliorer son projet. « Mais je maintiens qu’il y a un déficit démocratique dans ce projet-là parce qu’il n’a pas été autorisé par l’instance qui représente le plus les citoyens de l’île de Montréal, soit le conseil d’agglomération », dit-il.

« L’opération des derniers mois, c’est essentiellement une opération de relations publiques pour tenter de faire accepter le projet », croit pour sa part Christian Savard, directeur général de Vivre en ville, en évoquant la série de consultations menées par le promoteur.

Il déplore que la nature commerciale du projet n’ait pas été remise en cause. Selon lui, le projet demeure replié sur lui-même, sans cohérence avec son environnement : « C’est le symbole de la démesure du projet, surtout en cette ère où on a de la difficulté avec nos artères commerciales et nos centres d’achats. »

1 commentaire
  • Brigitte Garneau - Abonnée 26 février 2020 03 h 48

    Le comble de la bêtise a un nom: Royalmount

    Je croyais que la "Palme d'or" allait au Dix30 où l'on a sacrifié de bonnes terres agricoles afin de mettre en place le plus gros îlot de chaleur. Pour le Royalmount on a déjà un espace engorgé, congestionné et bouchonné et tout ce qu'on trouve à faire, parce qu'"on n'arrête pas le progrès!" C'est un "gigantesque centre d'achats "! Le seul prix de consolation est que le nom de cette aberration ne soit pas francophone. Avec ce projet de dépenses et d'endettement, la bêtise est plus que totale: elle est "ROYALE ". Quant à la montagne et bien...ce sera une montagne de problèmes!