Sue Montgomery expulsée du caucus de Projet Montréal

La mairesse de l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Sue Montgomery
Photo: Projet Montréal La mairesse de l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Sue Montgomery

La mairesse d’arrondissement Sue Montgomery a été expulsée du caucus de Projet Montréal vendredi par la mairesse Valérie Plante. Des comportements « graves assimilables à du harcèlement psychologique » observés dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce ont entraîné cette décision.

« J’ai une politique de tolérance zéro en matière de harcèlement, et cela vaut pour les élus, le personnel politique et l’ensemble des fonctionnaires de notre fonction publique », souligne Mme Plante dans un communiqué publié en fin de journée.

En réaction, Mme Montgomery a rétorqué qu’elle serait « la dernière personne à tolérer le harcèlement » et qu’elle n’a jamais vu les preuves des gestes reprochés.

À la base de la décision : un rapport d’enquête de la Division du respect de la personne, qui a conclu que deux employés de l’arrondissement de Mme Montgomery — une ancienne journaliste qui a été élue en 2017 — ont subi du harcèlement de la part d’une autre personne.

Dans la foulée de cette enquête, le contrôleur général de la Ville de Montréal a « mis en place des mesures immédiates et soumis des recommandations visant à prévenir toute manifestation de harcèlement psychologique ». Mme Plante a demandé à Sue Montgomery d’appliquer « chacune des recommandations », ce qu’elle aurait refusé de faire.

Ce n’est pas Mme Montgomery qui a eu le comportement reproché, mais une employée de son bureau. Sauf qu’à titre d’« employeur et de détentrice du pouvoir exécutif au sein de l’arrondissement », Sue Montgomery a « l’obligation légale de prendre les mesures nécessaires afin de faire cesser les comportements reprochés et de protéger les employés concernés », souligne le communiqué.

« Malgré les nombreuses interventions de mon cabinet et de moi-même visant à demander à Mme Montgomery d’accepter d’appliquer les recommandations du contrôleur général, force est d’admettre aujourd’hui qu’elle a choisi de refuser de s’y conformer. […] Elle a choisi de contester la validité du rapport et ses conclusions, et a ouvertement refusé d’appliquer les recommandations du contrôleur. Cela a amené à son retrait du caucus. »

Dans un texte transmis au Devoir, Mme Montgomery se dit « très déçue » d’avoir été écartée du caucus de Projet Montréal.

« On m’a demandé de renvoyer quelqu’un sans avoir vu les preuves, écrit-elle. Je n’ai pas vu le rapport, la mairesse Valérie Plante m’a dit qu’elle ne l’a pas vu, ni la personne qui fait l’objet du rapport. »

« Je serais la dernière personne à tolérer le harcèlement, poursuit-elle. Je ne tolérerai pas non plus l’absence d’une procédure régulière. Nous vivons dans une démocratie où les gens ont le droit de voir des preuves contre eux et de se défendre. Cela ne s’est pas produit et je ne peux pas l’accepter. »

Une douzaine de personnes oeuvrant dans l’arrondissement ont été rencontrées dans le cadre de l’enquête. Outre du harcèlement psychologique, les deux enquêteuses au dossier ont conclu à « des manquements importants » en martière de climat de travail dans cet arrondissement.

Le chef de l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville de Montréal, Lionel Perez, a fait savoir qu’il commenterait le dossier lundi, lors de son point de presse précédant le conseil municipal.

Deuxième cas

C’est la deuxième fois que Valérie Plante doit expulser de son caucus une mairesse de l’arrondissement. En août 2018, Giuliana Fumagalli (Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension) avait été mise à la porte à la suite d’allégations de « comportements inappropriés ».

L’enquête du contrôleur général avait permis « d’identifier et de confirmer des problématiques liées au climat de travail » et jugées « contraires à la Politique de respect de la personne de la Ville de Montréal ».