Les calèches seront bien interdites à Montréal dès le 1er janvier

Des dizaines de chevaux et leurs cochers vivent vraisemblablement leurs derniers jours de travail.
Photo: iStock Des dizaines de chevaux et leurs cochers vivent vraisemblablement leurs derniers jours de travail.

La période des Fêtes marquera vraisemblablement les derniers jours de travail de dizaines de chevaux et de leurs cochers dans les rues du Vieux-Montréal. À compter du 1er janvier, les calèches seront officiellement interdites dans les rues de la métropole.

Vendredi matin, le juge Michel A. Pinsonnault, de la Cour supérieure du Québec, a rejeté la demande d’injonction des cochers qui souhaitaient obtenir une suspension de l’entrée en vigueur du règlement adopté par la Ville de Montréal.

Sur Twitter, la mairesse Valérie Plantes’est réjouie de la nouvelle en soulignant que la décision du tribunal « vient confirmer la justesse et la pertinence de notre règlement. Notre administration a pris la bonne décision pour le bien-être des chevaux ».

 

Les cochers ont déposé leur requête cette semaine, à une quinzaine de jours de l’entrée en vigueur du règlement, et plaidaient l’urgence d’agir afin d’obtenir une suspension. Dans sa décision, le juge a noté que c’est l’action de dernière minute des demandeurs qui a causé cette fausse urgence et que ceux-ci auraient pu agir bien plus tôt.

Cependant, le juge Pinsonnault a reconnu que le débat de fond soulevé par les cochers méritait d’être entendu.

Propriétaire de la plus grande écurie de chevaux en activité à Montréal, Luc Desparois dit vouloir poursuivre la bataille, bien que la décision rendue vendredi soit accueillie avec déception.

« On va se battre, mais pour aujourd’hui, on va aller respirer. Je suis bien déçu, déprimé, ça fait un an et demi qu’on vit cette merde-là et cette menace-là, a-t-il commenté dans le couloir du palais de justice de Montréal. Sur le fond, la Ville va bien être obligée de nous donner quelque chose, elle nous enlève tout ! »

Pour justifier le dépôt in extremis de la requête, M. Desparois affirme qu’il n’avait pas les moyens de se défendre et qu’il devait d’abord profiter de l’été pour amasser les fonds nécessaires aux frais judiciaires. « On n’est quand même rien que des chauffeurs de calèches, on n’est pas la Ville de Montréal et on n’a pas le même budget, s’est-il défendu. On n’avait pas les moyens de se battre contre la Ville. La Ville, c’est notre boss ! »

Malgré le dur coup encaissé vendredi, Luc Desparois n’a pas l’intention d’abandonner, ne serait-ce que pour obtenir une meilleure compensation. « Quelque part, il y a bien un juge qui va comprendre que ça vaut quelque chose nos vies et nos investissements aussi », déplore celui qui espère profiter des derniers jours de la période des Fêtes pour encaisser encore un peu de revenus.

La Ville de Montréal a offert de verser une compensation de 1000 $ au propriétaire de chaque cheval afin de payer les frais de mise à la retraite des bêtes.

Du côté de la SPCA de Montréal, qui milite depuis longtemps contre les balades en calèche, on a accueilli favorablement la décision du juge Pinsonnault. « Nous espérons que, maintenant que les tribunaux ont confirmé l’interdiction, les propriétaires des chevaux feront le choix responsable d’inscrire leurs animaux à notre programme de placement afin de leur offrir la retraite paisible qu’ils méritent après toutes ces années de service », a écrit l’organisme sur sa page Facebook après l’annonce de la décision. L’organisme dit être capable d’offrir des familles adoptives pouvant prendre soin de ces chevaux.

Le conseil municipal avait annoncé son intention de mettre fin aux activités des calèches, qui promènent les touristes à travers les dédales de la vieille ville, dès juin 2018. Son règlement a finalement été adopté au printemps dernier. D’autres tentatives du genre avaient également été menées par l’administration précédente sous le maire Denis Coderre.