REM: la fermeture du tunnel du mont Royal repoussée au 30 mars

Les usagers appréhendent particulièrement les conséquences de ces travaux.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les usagers appréhendent particulièrement les conséquences de ces travaux.

Les usagers des trains de Deux-Montagnes et de Mascouche peuvent pousser un soupir de soulagement : la fermeture du tunnel du mont Royal, qui devait avoir lieu à compter du 6 janvier, a été remise au 30 mars prochain. Mais ce n’est que partie remise puisque la durée des travaux demeure inchangée.

CDPQ Infra a annoncé sa décision mardi après-midi. La filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec qui pilote le chantier du Réseau express métropolitain (REM) assure que ce report n’aura pas d’incidence sur l’échéancier global du projet. La facture du REM a toutefois grimpé de 230 millions de dollars, pour atteindre 6,5 milliards.

Des travaux importants sont requis pour retaper le tunnel qui passe sous le mont Royal afin d’accommoder le futur REM. Ils entraîneront d’importantes perturbations pour les 18 000 usagers des lignes de Deux-Montagnes et de Mascouche puisque les trains d’Exo ne pourront plus emprunter ce passage pendant le chantier.

Les usagers du train de Deux-Montagnes appréhendent particulièrement les conséquences de ces travaux. Ils verront leur temps de parcours allongé de façon substantielle, et ce, pour quatre ans, car les rails et l’alimentation électrique de cette ligne devront être remplacés avant l’arrivée du REM.

Les usagers inquiets obtiennent donc un sursis de trois mois. CDPQ Infra a indiqué avoir conclu une entente avec le consortium NouvLR pour « optimiser » les travaux. Le report de la fermeture du tunnel permettra au consortium de mieux planifier les travaux dans cette section du chantier, a-t-on souligné.

Directeur général à CDPQ Infra, Harout Chitilian reconnaît que la durée des travaux dans le tunnel demeure la même, soit deux ans. Il insiste toutefois pour dire que les autorités ont obtenu l’assurance du consortium que les délais prescrits seront respectés et que le tunnel sera rouvert en avril 2022. « L’inquiétude des citoyens qui n’ont pas de prévisibilité sur la durée des travaux du tunnel, c’est un élément qui venait nous chercher », a expliqué M. Chitilian au Devoir.

Ce changement sera sans effet sur l’échéancier du projet global du REM, car les travaux seront accélérés sur les autres antennes, a-t-il assuré. Et ce report accordera un répit d’un hiver pour les usagers. « C’est important pour les voyageurs parce qu’il y avait trois hivers prévus dans les mesures d’atténuation », dit-il.

Soulagement

Porte-parole de Comité des usagers du train de Deux-Montagnes, Francis Millaire espère que les autorités sauront utiliser les trois mois de sursis pour « faire un examen de conscience » et trouver des solutions plus adéquates pour les usagers qui appréhendaient depuis des mois les répercussions des perturbations sur leur carrière, leur vie de famille et leur santé psychologique.

« J’espère que dans trois mois, on va revenir avec des mesures qui vont mettre les citoyens devant les besoins de l’entrepreneur et du promoteur, avec des durées [de trajet] raisonnables et prévisibles et moins de correspondances », avance-t-il.

Le comité n’entend pas en rester là et poursuivra la mobilisation pour mettre de la pression sur les autorités et réclamer une plus grande transparence. Le communiqué de presse publié mardi par CDPQ Infra ne mettait pas beaucoup l’accent sur la place des citoyens, fait remarquer M. Millaire.

Si la nouvelle du sursis de trois mois est accueillie avec soulagement par les usagers, elle n’est pas sans conséquences pour certains d’entre eux, qui avaient pris des arrangements pour modifier leur parcours, signale Francis Millaire. « Il y en a qui ont résilié leur abonnement Exo pour prendre leur voiture. D’autres ont acheté des cartes de métro. Il va falloir trouver des façons pour accommoder ces gens-là à très court terme. »

Des bus en renfort

Des navettes d’autobus étaient prévues pour transporter les passagers vers le réseau de métro pendant les travaux dans le tunnel. Appelée en renfort, la Société de transport de Montréal (STM) s’était engagée à mettre à la disposition d’Exo une cinquantaine d’autobus. Compte tenu de son manque d’autobus, elle avait même loué 30 autocars du fournisseur Galland pour deux navettes. Le contrat de 6 mois devait coûter 2,9 millions de dollars.

La STM a dit prendre acte de l’annonce faite par CDPQ Infra mardi. « Nous avons été en mesure de repousser le contrat des autocars avec le fournisseur Galland jusqu’au 30 mars », a indiqué la porte-parole de la STM, Isabelle Tremblay, par courriel. « Nos équipes étaient prêtes pour la mise en place des mesures d’atténuation au début janvier et elles le seront également le 30 mars 2020. »

Les chauffeurs seront affectés au service d’autres lignes de bus du réseau habituel, a-t-elle ajouté.

CDPQ Infra a aussi annoncé que de nouvelles mesures tarifaires seront offertes dès le début de 2020 pour les usagers du train de Deux-Montagnes. Le titre de transport sera gratuit pour le mois de janvier et un rabais allant jusqu’à 30 % sera proposé pour les titres mensuels TRAIN et TRAM pour la période allant de janvier à mars.

Le REM, qui comptera 26 stations sur 67 kilomètres, doit entrer en service progressivement d’ici la fin de 2024.