Distribution des circulaires à Montréal: Transcontinental et des syndicats plaident pour le statu quo

L’imposition d’un système de consentement explicite (<em>opt-in</em>) pour la distribution de circulaires à Montréal entraînera la perte de milliers d’emplois, soutient Transcontinental,
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir L’imposition d’un système de consentement explicite (opt-in) pour la distribution de circulaires à Montréal entraînera la perte de milliers d’emplois, soutient Transcontinental,

L’imposition d’un système de consentement explicite (opt-in) pour la distribution de circulaires à Montréal entraînera la disparition du Publisac et la perte de milliers d’emplois, soutient Transcontinental qui, de concert avec des syndicats et des représentants des journaux locaux, a demandé à la Ville de renoncer à ce projet.

La recommandation visant à privilégier un système de consentement qu’a adoptée la Commission sur l’eau et l’environnement jeudi dernier est « insensible, incohérente et impraticable », a soutenu François Olivier, président et chef de la direction de TC Transcontinental, lors d’une conférence de presse lundi en compagnie de représentants syndicaux et de médias locaux.

L’administration de Valérie Plante n’a pas encore pris de décision concernant la distribution de circulaires, mais Transcontinental appréhende déjà la perte de milliers d’emplois, tant au sein de l’entreprise que chez les fournisseurs et les partenaires, si la Ville va de l’avant avec la formule opt-in. Le propriétaire du Publisac craint aussi le monopole que pourrait exercer Postes Canada sur la distribution de circulaires.

Isabelle Marcoux, présidente du conseil de TC Transcontinental, reconnaît que le système actuel pourrait être amélioré, mais elle presse l’administration d’engager une discussion à ce sujet.

Présent à la conférence de presse, Benoit Chartier, président du conseil d’administration d’Hebdos Québec, prévoit aussi des pertes d’emplois dans les salles de rédaction. La grande majorité des journaux membres d’Hebdos Québec sont distribués dans le Publisac. Avec une soixantaine de publications à travers le Québec, Hebdos Québec emploie un millier de travailleurs, dont 300 journalistes. « En 2020, on ne peut se permettre de mettre en jeu des postes de journalistes », a indiqué M. Chartier.

Une dizaine de journaux sont directement menacés par la fin du Publisac à Montréal, mais les éditeurs croient que la disparition du Publisac dans la métropole aurait des effets négatifs sur les publications en région, d’autant plus que d’autres villes pourraient emboîter le pas à Montréal si celle-ci opte pour un système de consentement explicite.

Transcontinental n’envisage pas pour l’instant d’intenter des procédures judiciaires et insiste plutôt sur la nécessité d’un dialogue avec l’administration Plante.

Postes Canada a pris connaissance des recommandations de la Commission sur l'eau et l'environnement, mais la société d'État n'a pas voulu dire si elle se plierait aux décisions de la Ville en matière de distribution des circulaires. À l'heure actuelle, Postes Canada offre aux citoyens qui ne souhaitent pas recevoir de courrier publicitaire de s'inscrire à son programme « Choix des consommateurs ».