110 constats en deux semaines pour les trottinettes et vélos en libre-service

L’infraction la plus fréquente touche les véhicules qui ne sont pas garés debout, essentiellement des trottinettes, aux endroits désignés.
Photo: Benoît Philie Le Devoir L’infraction la plus fréquente touche les véhicules qui ne sont pas garés debout, essentiellement des trottinettes, aux endroits désignés.

La Ville de Montréal a dressé 110 constats d’infraction aux entreprises Lime, Bird et Jump pour des trottinettes et des vélos mal stationnés, selon des données obtenues par Le Devoir. À la lumière de ce bilan, le responsable de la mobilité au sein de l’administration Plante, Éric Alan Caldwell, constate que, malgré le resserrement des règles, la délinquance est demeurée importante.

Le bilan des constats d’infraction qui a été obtenu par Le Devoir grâce à la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics concerne uniquement les constats d’infraction en matière de stationnement que délivrent les inspecteurs de la Ville. Le nombre de constats donnés par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour les infractions au Code de la sécurité routière — omission du port du casque ou circulation sur les trottoirs — n’est pas encore connu.

L’infraction la plus fréquente touche les véhicules qui ne sont pas garés debout, essentiellement des trottinettes, aux endroits désignés. Elle a donné lieu à 104 infractions, dont 53 à Lime.

Rappelons que la Ville a commencé à sévir seulement après le 21 octobre dernier, moment où des modifications ont été apportées au règlement pour serrer la vis aux entreprises concernées.

Auparavant, les entreprises avaient deux heures pour déplacer les véhicules mal stationnés, mais la Ville avait jugé que les infractions étaient trop nombreuses.

Hiver précoce

Le projet-pilote lancé à la mi-avril dans plusieurs arrondissements, dont Ville-Marie et Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, ainsi que dans la Ville de Westmount, devait se terminer le 15 novembre. L’hiver a cependant été précoce, la première neige s’étant abattue le 12 novembre sur la métropole. C’est donc dire que 110 constats ont été remis sur une période d’environ deux semaines, a précisé Éric Alan Caldwell.

« Ça montre que, malgré tous les appels qu’on a faits, il y a eu beaucoup de délinquance. C’est révélateur qu’il y a encore beaucoup de travail à faire », a souligné l’élu.

L’administration attendra les données du SPVM pour dresser un bilan du projet-pilote et décider dans quelles conditions le projet pourrait être reconduit l’an prochain. « C’est clair pour nous que ça va demander d’autres ajustements », a dit M. Caldwell.

L’obtention obligatoire d’un permis pour les entreprises, les règles claires adoptées avant le déploiement des trottinettes et des vélos ainsi que la limitation du nombre de véhicules en circulation ont permis de mieux contrôler les nuisances.

Dans plusieurs villes dans le monde, dont Paris, le système de trottinettes s’est développé de façon anarchique sans réglementation préalable.

« On est satisfaits du projet-pilote, dans le sens où on a pu contenir le phénomène et où le projet a eu des proportions raisonnables, mais on est déçus quant à la responsabilisation des opérateurs. On constate que ce n’est pas à la hauteur de nos attentes », conclut Éric Alan Caldwell.

Un bilan sera présenté avant le printemps prochain.

Il n’a pas été possible, lundi, d’obtenir les commentaires des trois compagnies concernées. Cet automne, Lime avait averti ses clients que toutes les amendes leur seraient facturées.

« Il y a eu beaucoup de délinquance », constate Éric Alan Caldwell.