Le SPVM suspend le déploiement des pistolets à impulsion électrique

«Les 124 armes que nous avons actuellement vont faire l’objet d’un remplacement avant un nouveau déploiement, parce qu’on est en discussion avec la compagnie Axon [compte tenu] des problèmes avec les armes», a déclaré le chef de police, Sylvain Caron.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne «Les 124 armes que nous avons actuellement vont faire l’objet d’un remplacement avant un nouveau déploiement, parce qu’on est en discussion avec la compagnie Axon [compte tenu] des problèmes avec les armes», a déclaré le chef de police, Sylvain Caron.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a suspendu l’achat et le déploiement de pistolets à impulsion électrique en raison de problèmes d’efficacité rencontrés avec les appareils utilisés.

En 2018, le SPVM avait annoncé son intention de doter toutes ses équipes de patrouilles d’armes à impulsion électrique (aussi appelées Taser) d’ici 2020. 

Or, lors de l’étude du budget par la Commission des finances, vendredi, le chef de police, Sylvain Caron, a fait savoir que le SPVM avait dû mettre le projet sur la glace.

« Notre orientation n’a pas changé. Par contre, on éprouve actuellement une certaine contrainte avec les armes qu’on utilise. Les modèles qu’on utilise éprouvent des difficultés d’efficacité », a-t-il expliqué aux élus membres de la Commission des finances. « On a mis temporairement un arrêt sur le déploiement pour voir comment on va poursuivre [le projet]. Les 124 armes que nous avons actuellement vont faire l’objet d’un remplacement avant un nouveau déploiement parce qu’on est en discussions avec la compagnie Axon [compte tenu] des problèmes avec les armes. »

Le budget du service de police fait d’ailleurs état d’un retrait de 693 700 $ dans les dépenses du SPVM pour 2020 en raison de cette décision. Par courriel, le SPVM a toutefois indiqué qu’aucune blessure n’avait été signalée relativement à l’utilisation des appareils. La nature des problèmes n’a cependant pas été précisée.

Femmes et minorités

Sylvain Caron a également fait un bilan des efforts déployés par le SPVM pour recruter des policières ainsi que des membres des minorités.

Ainsi, en 2019, le SPVM a embauché 180 nouvelles recrues. De ce nombre, 42 % sont des femmes. « Il reste encore du travail à faire », a reconnu Sylvain Caron.

Il s’agit toutefois d’une hausse importante par rapport à 2016 puisque cette année-là, 25 % des recrues étaient de sexe féminin. À l’heure actuelle, 30 % des effectifs policiers du SPVM sont des femmes.

Le SPVM tente aussi d’attirer des recrues provenant des communautés autochtones et des minorités visibles et ethniques, qui ne représentent que 17 % des effectifs policiers. Entre 2016 et 2019, la proportion de ces groupes au sein des nouvelles recrues est passée de 11 % à 24 %. « Les efforts se poursuivent en ce sens », a dit Sylvain Caron, qui a indiqué qu’en 2020, un officier de direction aurait pour mandat de trouver des stratégies pour recruter davantage de candidats provenant de ces groupes.

Cannabis

La légalisation du cannabis a eu un effet moindre que celui appréhendé, a aussi fait savoir le directeur du SPVM. « Au niveau du 911, on n’a pas eu plus d’appels au sujet de gens qui consomment ou qui dérangent. On n’a pas eu un impact important », a-t-il dit.

Des 4,8 millions de dollars versés à la Ville pour ce dossier, une part est remise au SPVM pour la formation des policiers et pour les opérations de contrôle routier. Le SPVM reçoit aussi du financement dans le cadre du programme Accès-Cannabis, qui vise à lutter contre la production et le trafic de cannabis. Treize policiers sont affectés à cette équipe et treize autres sont répartis sur le territoire, a précisé M. Caron. Entre le 1er octobre 2018 et le 1er mars 2019, les policiers ont traité plus de 86 dossiers, a-t-il ajouté.

Déficit structurel

Le budget du SPVM atteindra 665,3 millions de dollars en 2020. L’année 2019 se soldera toutefois avec un déficit de 39,3 millions. Sylvain Caron a invoqué le coût des enquêtes et les dépenses liées aux chantiers de construction pour expliquer cet écart.

Le directeur général de la Ville, Serge Lamontagne, a fait savoir que le Service de performance organisationnelle de la Ville examinerait, de concert avec le SPVM, les moyens qui pourraient être utilisés pour réduire les heures supplémentaires, qui plombent le budget. « Ça ne réglera pas le déficit structurel. C’est par des négociations avec le gouvernement pour la reconnaissance du niveau de service 5 [ pour les villes de plus d'un million d'habitants ] et l’effet métropole qu’on va y arriver, je pense », a-t-il avancé.

Le SPVM veut des armes d’assaut

L’opposition à l’hôtel de ville reproche à l’administration Plante et au Service de police de la Ville de Montréal le manque de transparence dans le dossier de l’achat d’armes d’assaut destinées au Groupe tactique d’intervention.

La Presse rapportait vendredi que le SPVM avait lancé un appel d’offres pour l’acquisition de 49 carabines de calibre.900 Blackout, un type d’arme que possèdent déjà la Sûreté du Québec et le Service de police de Longueuil.

« Je suis un peu surpris que ce dossier n’ait pas été discuté à la Commission de la Sécurité publique », a commenté Abdelhaq Sari, conseiller d’Ensemble Montréal et vice-président de cette commission. « Je crois beaucoup dans la désescalade. L’achat de telles armes ne va pas dans ce sens-là. »

Au cabinet de la mairesse Valérie Plante, on précise que d’autres discussions auront lieu avant l’achat des armes. « On trouve important que ce ne soit pas des acquisitions qui serviront au travail des patrouilleurs dans les interventions au quotidien, mais bien pour des groupes spécialisés d’intervention et spécifiquement pour des menaces bien précises auxquelles il faut être bien préparé », a indiqué Laurence Houde-Roy, attachée de presse au comité exécutif.