Montréal: la conseillère Marie-Josée Parent se retire du dossier de la réconciliation

Élue en 2017 sous la bannière d’Équipe Denis Coderre, Marie-Josée Parent a siégé comme indépendante à compter de l’été 2018 avant de rejoindre le parti de Valérie Plante en janvier dernier.
Photo: Catherine Legault Le Devoir Élue en 2017 sous la bannière d’Équipe Denis Coderre, Marie-Josée Parent a siégé comme indépendante à compter de l’été 2018 avant de rejoindre le parti de Valérie Plante en janvier dernier.

La conseillère municipale et membre de l’administration de Valérie Plante, Marie-Josée Parent, a décidé de renoncer à la responsabilité du dossier de la réconciliation après que des doutes eurent été exprimés au sujet de sa réelle ascendance autochtone.

Deux chercheurs, Éric Pouliot-Thisdale et Dominique Ritchot, ont épluché les données généalogiques de la conseillère du district de Champlain-L’Île-des-Soeurs, mais ne lui ont trouvé aucun ancêtre autochtone dans sa lignée paternelle, a révélé Radio-Canada mardi. Pourtant, Mme Parent s’est toujours présentée comme étant de descendance micmaque du côté paternel, devenant du même coup la première élue autochtone à la Ville de Montréal.

Dominique Ritchot a cependant relevé des ascendances micmaques lointaines du côté maternel de l’élue, dans les 10e et 12e générations, ce qui ne lui permet pas de s’identifier comme autochtone, précise toutefois la chercheure.

Tradition orale

Dans une déclaration écrite, Marie-Josée Parent a qualifié de « discutables » les sources des recherches généalogiques effectuées sur son cas. « Notre sentiment d’appartenance à la nation M’ikmaq émerge d’une tradition orale familiale qui raconte les affiliations que nous avons avec cette Nation, à différents moments de notre histoire, et d’un long processus de réinscription de notre famille dans une culture avec laquelle nous avions perdu plusieurs liens », explique-t-elle.

Photo: Ville de Montréal Marie-Josée Parent

Mme Parent précise qu’elle et sa soeur ont été encouragées par la communauté autochtone à exprimer publiquement leur identité. Elle ajoute avoir appris à mieux comprendre les enjeux autochtones au Canada et s’être engagée bénévolement à travailler pour que les premières nations aient davantage de pouvoir au sein des structures de gouvernance. « Cette compréhension m’amène aussi à saisir que pour certains, me réclamer d’une identité autochtone publiquement est problématique », écrit-elle.

Estimant que le processus de réconciliation entrepris à la Ville de Montréal est « fondamental » et compte tenu du malaise causé par la situation, Marie-Josée Parent a décidé de se retirer du dossier. « J’espère y revenir rapidement », ajoute-t-elle.

Questions identitaires

« Marie-Josée Parent a pris la bonne décision en se retirant du dossier de la réconciliation au comité exécutif », a commenté la mairesse Plante dans une déclaration transmise par son cabinet. « Cela démontre sa bonne foi et sa sensibilité autour de ces questions identitaires. »

Élue en 2017 sous la bannière d’Équipe Denis Coderre, Marie-Josée Parent a siégé comme indépendante à compter de l’été 2018 avant de rejoindre le parti de Valérie Plante en janvier dernier.