Une carte des secteurs de Montréal les plus touchés

Image: Le Devoir

Cette carte interactive créée par Le Devoir vous donne un aperçu des endroits les plus touchés par la contamination au plomb de l’eau potable à Montréal.

Dans le cadre de son enquête avec l’Institut du journalisme d’enquête de l’Université Concordia et Global News, Le Devoir a obtenu par l’entremise de la Loi sur l’accès à l’information les résultats des tests effectués par la Ville de Montréal, entre 2004 et 2018, pour vérifier la présence de plomb dans l’eau des citoyens.

Notre carte se limite toutefois aux résultats des tests de la Ville et ne prend pas en compte les travaux effectués depuis pour corriger le problème à certaines adresses. Nous n’avons pu obtenir l’état des travaux de réhabilitation.

Toutefois, à défaut de pouvoir offrir un portrait précis et actuel de l’ampleur de la contamination, notre carte permet de connaître le nombre de tests effectués dans votre zone de résidence, le niveau maximum et minimum de plomb trouvé ainsi que la moyenne et la médiane des résultats par secteurs, informations que la Ville n’a pas cru bon d’ajouter sur sa propre carte.

En tout, plus de 26 000 bâtiments ont été testés de 2004 à 2018. Nous avons écarté un certain nombre de bâtiments en raison de l’absence de certaines informations. Nous avons agrégé les résultats par secteurs, en suivant la répartition territoriale utilisée par Statistique Canada .

Sur les 25 346 bâtiments testés (et retenus), 17 939 avaient une entrée de service en plomb ; 23,2 % d’entre eux dépassaient la norme québécoise de l’époque, soit 10 parties par milliard (ppb) ; et plus de la moitié (58,5 %) affichaient des niveaux supérieurs à la norme recommandée par Santé Canada, à 5 ppb.

Lors de ses tests, la Ville de Montréal faisait à l’époque deux prélèvements au robinet : un après 5 minutes d’écoulement de l’eau et un second après 15 minutes de stagnation de l’eau dans les tuyaux. C’est la première mesure que la Ville prenait en considération dans ses démarches pour répondre aux critères du Règlement sur la qualité de l’eau potable.

Nous avons préféré prendre en compte la deuxième mesure puisqu’elle est plus proche du niveau moyen d’exposition au plomb obtenu après 30 minutes de stagnation, selon Santé Canada.

Rappelons qu’une enquête du Devoir, de l’Institut du journalisme d’enquête de l’Université Concordia et de Global News a révélé le 16 octobre que la méthode consistant à laisser l’eau s’écouler pendant 5 minutes sous-évalue grandement la présence de plomb dans l’eau potable. Dans la foulée, le gouvernement Legault a annoncé que le Québec adoptera désormais la méthodologie de Santé Canada, qui recommande d’échantillonner l’eau au premier jet après 30 minutes de stagnation, et qu’il abaissera la norme acceptable de plomb à 5 ppb plutôt que 10 ppb.