Valérie Plante condamne le coup d’éclat d'Extinction Rebellion

Bien avant d’être à la tête de Projet Montréal et devenir la mairesse de Montréal, Mme Plante a par ailleurs elle-même été membre d’un regroupement, nommé «SalAMI», qui prônait la désobéissance civile non-violente, tout comme le groupe écologiste Extinction Rebellion.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Bien avant d’être à la tête de Projet Montréal et devenir la mairesse de Montréal, Mme Plante a par ailleurs elle-même été membre d’un regroupement, nommé «SalAMI», qui prônait la désobéissance civile non-violente, tout comme le groupe écologiste Extinction Rebellion.

La mairesse de Montréal condamne à son tour le coup d’éclat mené par des militants du groupe écologiste Extinction Rebellion, mardi, sur le pont Jacques-Cartier. Le Devoir a toutefois appris que Valérie Plante a elle-même fait partie d’une organisation qui prônait la désobéissance civile au début des années 2000, soit avant sa carrière politique.

« Même si clairement l’urgence d’agir habite les gens, tout comme elle m’habite également, je considère que cette façon de faire n’est absolument pas productive, en plus de mettre en danger la sécurité des personnes et des premiers intervenants. Je ne peux donc en aucun cas la cautionner », a fait valoir jeudi la mairesse, dans une déclaration écrite transmise au Devoir par son équipe de communication.

La position de la mairesse Plante n’est pas partagée par tous au sein de son équipe, puisque la conseillère du Vieux-Rosemont, Christine Gosselin, a exprimé publiquement son appui aux manifestants. « À celles et ceux qui font de la désobéissance civile, moi, je dis merci », a écrit l’élue sur sa page Facebook mercredi soir. Un statut qui lui a valu plusieurs commentaires négatifs, mais qui a aussi été appuyé par certaines personnes, notamment par l’écologiste et auteure Laure Waridel.

Passé militant

Bien avant d’être à la tête de Projet Montréal et devenir la mairesse de Montréal, Mme Plante a par ailleurs elle-même été membre d’un regroupement, nommé « SalAMI », qui prônait la désobéissance civile non-violente, tout comme le groupe écologiste Extinction Rebellion.

Valérie Plante était membre de SalAMI en 2000, alors que l’organisation militait notamment contre les négociations de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA). Le regroupement avait même organisé, en mars 2001, une « perquisition » symbolique et non violente des textes de la ZLEA. Quelque 87 personnes avaient alors été arrêtées.

La mairesse n’a jamais été arrêtée, indique son entourage. Jeudi, elle n’a pas voulu condamner tous les types de désobéissance civile. « Il existe différentes façons d’exprimer ses revendications. Je n’ai jamais moi-même fait de désobéissance civile, mais j’ai participé dans le passé à différentes manifestations. Toutefois, quand les actions mettent en danger la vie des citoyens et des premiers répondants, je ne peux les cautionner », a-t-elle précisé.

En plus de la mairesse de Montréal, plusieurs élus du gouvernement de François Legault ont condamné cette semaine le coup d’éclat des militants écologistes d’Extinction Rebellion, qui a conduit à une fermeture complète du pont Jacques-Cartier pendant une heure, mardi matin. Québec solidaire n’a pas voulu condamner le geste, ce qui lui a valu des critiques de la part d’élus de la Coalition avenir Québec.

Le candidat libéral Steven Guilbeault n’a pas voulu non plus condamner les militants grimpeurs. « Dans les sociétés pluralistes et démocratiques, la désobéissance civile est acceptée comme un geste de protestation. Quand on pose des gestes de désobéissance civile, c’est inspiré de ce qu’ont fait Gandhi ou Martin Luther King », a-t-il dit.

À titre de membre de Greenpeace, M. Guilbeault avait lui-même escaladé en 2001 la tour du CN, à Toronto, afin de dénoncer l’inaction fédérale en matière de lutte contre les changements climatiques.