Montréal veut bâtir un quartier écologique

Le quartier qu’entend développer Montréal s’étend de l’ancien hippodrome à la station de métro Namur.
Photo: Ville de Montréal Le quartier qu’entend développer Montréal s’étend de l’ancien hippodrome à la station de métro Namur.

D’ici une dizaine d’années, le site de l’ancien hippodrome sera transformé en quartier résidentiel carboneutre, a promis la mairesse Valérie Plante vendredi.

Le site de 46 hectares, vacant depuis la fin des activités des courses de chevaux en 2009, sera développé selon les principes d’écologie urbaine et de mobilité durable, a expliqué la mairesse Plante en dévoilant les grandes lignes du plan de développement qui devrait faire l’objet de consultations cet automne par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM).

Ce quartier, qu’on veut « exemplaire », devrait comporter quelque 6000 unités résidentielles, dont au moins 20 % de logements sociaux et 20 % de logements abordables, ainsi que des logements familiaux. Les bâtiments qui y seront construits devront respecter des critères de certification écologique et devront être performants en matière d’économie d’énergie.

Le futur quartier comportera aussi une école, des garderies, un centre communautaire, des commerces et des bureaux, a indiqué la mairesse. « Plus jamais on ne va faire des quartiers sans réfléchir au pôle civique, à un centre communautaire, à des commerces et à des écoles », a-t-elle soutenu.

Peu d’automobiles

La place de l’automobile y sera aussi limitée car l’administration souhaite privilégier les transports actifs et collectifs. La mairesse a évoqué la possibilité d’aménager les stationnements dans le pourtour du site. « Le principe “une habitation, un stationnement”, ce n’est pas dans ce quartier qu’on va le trouver », a-t-elle dit.

Le verdissement et la gestion écologique des eaux de pluie seront aussi mis en avant. L’anneau de course, visible sur le site, sera intégré à l’aménagement des lieux.

La mairesse est cependant restée vague sur l’ampleur des investissements qui seront requis pour doter le site d’infrastructures. La question de la congestion du réseau automobile demeure préoccupante, d’autant que l’ancien hippodrome se trouve à proximité du projet du futur mégacentre commercial Royalmount. La présence de la station de métro Namur demeure toutefois un atout, insiste l’administration.

Le raccordement du boulevard Cavendish devra se faire en parallèle avec le ministère des Transports du Québec (MTQ). « Mais ce ne sera pas un boulevard comme on en construit depuis 50 ans. Ce ne sera pas pour les autos solos », a prévenu la mairesse.

Des doutes

Cela fait au moins sept ans que la Ville tente de lancer le projet de l’ancien hippodrome. En 2012, l’administration de Gérald Tremblay avait conclu une entente avec le gouvernement du Québec pour que celui-ci lui cède le vaste terrain. Mais il a fallu cinq ans pour que le projet de cession se concrétise.

En vertu de cette entente, le gouvernement et la Ville se partageront en parts égales les revenus générés par la vente des lots à des promoteurs immobiliers. L’entente fixe à 2023 le début des travaux et du versement des revenus au gouvernement.

Le conseiller indépendant de Snowdon, Marvin Rotrand, doute du réalisme de la proposition de l’administration Plante. Selon lui, les promoteurs qui devront se plier à la politique 20-20-20 en matière d’habitation ne se bousculeront pas. « Obliger les promoteurs à construire des logements non rentables sur la moitié du site et interdire les voitures n’inciteront pas les promoteurs à participer au projet », a-t-il souligné.

Il reproche aussi à l’administration Plante d’avoir retardé le projet de prolongement du boulevard Cavendish, Projet Montréal s’y étant longtemps opposé.

Rappelons que la Ville de Montréal avait acheté le terrain de l’hippodrome en 1991 pour 50 millions et qu’elle l’avait vendu au gouvernement en 1997 pour 15,1 millions, une transaction qui avait plongé le maire Pierre Bourque dans une crise politique.