Les émissions de GES ont baissé de 28% depuis 1990 à Montréal

Le transport représente 40% des GES émis sur l'île de Montréal, selon les données dévoilées par le directeur du Bureau de la transition écologique et de la résilience, Sidney Ribaux.
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir Le transport représente 40% des GES émis sur l'île de Montréal, selon les données dévoilées par le directeur du Bureau de la transition écologique et de la résilience, Sidney Ribaux.

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont baissé de 28 % sur l’île de Montréal entre 1990 et 2015, a indiqué mercredi le directeur du Bureau de la transition écologique et de la résilience, Sidney Ribaux. Montréal s’approche donc de son objectif d’une diminution de 30 % des émissions de GES pour 2020.

Les émissions pour l’île de Montréal ont totalisé 11 135 kilotonnes (kt) équivalent CO₂ en 2015.

Le transport représente 40 % des GES, alors que le secteur industriel occupe une part de 20 %, les domaines commercial et industriel 16 % et le résidentiel 12 %.

Le secteur résidentiel et celui des institutions, commerces et industries ont enregistré une baisse de 38 %, un résultat attribuable à la réduction de la consommation de gaz naturel et de mazout, ainsi qu’à une diminution des activités du secteur manufacturier et la fermeture d’une raffinerie, a expliqué Sidney Ribaux, qui présentait les résultats de l’inventaire des GES aux élus mercredi à l’occasion de la réunion hebdomadaire du comité exécutif.

Le parc automobile

Malgré la hausse de 21 % du nombre de véhicules en circulation depuis 25 ans, les émissions liées au transport n’ont augmenté que de 2 %. La Ville attribue cette faible hausse à l’efficacité accrue des véhicules et à l’ajout obligatoire de biocarburants dans l’essence et le diesel depuis 2010. Le secteur routier représente 77,1 % des émissions en transport.

Les GES ont bondi dans le secteur des procédés industriels et l’utilisation des produits (PIUP), avec une hausse de 36 %. Sidney Ribaux a indiqué que les produits de réfrigération et de climatisation dommageables à la couche d’ozone qui ont été interdits dans le cadre du Protocole de Montréal ont été remplacés par des produits émettant une grande quantité de gaz à effet de serre.

Pour leur part, les GES attribuables aux matières résiduelles ont chuté de 77 %, résultat d’une plus grande efficacité de la captation des biogaz sur les sites d’enfouissement. « Il reste beaucoup de réduction à faire en améliorant la captation [des biogaz] et en diminuant les matières qu’on envoie dans les sites d’enfouissement, notamment par le compostage et le traitement de ces matières. La station d’épuration des eaux est aussi un grand émetteur », a précisé Sidney Ribaux.

Révision des calculs

L’inventaire des émissions de GES publié l’an dernier pour 2014 indiquait une réduction beaucoup moindre, soit 23 %, ce qui laissait croire que Montréal raterait ses objectifs de réduction de 30 % pour 2020 par rapport à 1990. Mais depuis, des ajustements dans le calcul des GES ont été appliqués, ce qui a permis à Montréal d’améliorer son bilan pour 2015, explique la Ville dans son inventaire. Ainsi, la diminution de 28 % tient compte de certaines modifications dans la méthodologie et la disponibilité des données.

La responsable de la transition écologique au comité exécutif, Laurence Lavigne Lalonde, a déploré que la Ville n’ait pas de données plus récentes que 2015 pour faire son analyse. Dans ce contexte, la Ville devra vraisemblablement attendre à 2022 ou 2023 pour savoir si elle a atteint ses objectifs de réduction de GES.

« On a bon espoir qu’on va atteindre notre objectif de 30 %. On y est presque, a commenté la mairesse Valérie Plante. On va mettre toute l’énergie nécessaire pour y arriver. C’est là-dessus qu’on se base pour dire qu’on est capables d’atteindre une baisse de 55 % [d’ici 2030]. »