Les candidats à la mairie du Plateau-Mont-Royal courtisent les commerçants

Les trois candidats en lice à la mairie d'arrondissement du Plateau-Mont-Royal ont convenu qu’il fallait agir pour obliger les propriétaires à louer leurs locaux dans un délai raisonnable et encadrer les baux commerciaux.
Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir Les trois candidats en lice à la mairie d'arrondissement du Plateau-Mont-Royal ont convenu qu’il fallait agir pour obliger les propriétaires à louer leurs locaux dans un délai raisonnable et encadrer les baux commerciaux.

À deux semaines de l’élection partielle à la mairie du Plateau-Mont-Royal, les candidats à la succession de Luc Ferrandez courtisent les commerçants. Lors d’un dîner-échange lundi, Luc Rabouin, Jean-Pierre Szaraz et Marc-Antoine Desjardins ont promis d’alléger le fardeau fiscal des commerçants et de s’attaquer à la spéculation immobilière.

À l’invitation des sociétés de développement commercial (SDC) de l’arrondissement, les candidats ont tour à tour expliqué les mesures qu’ils entendaient mettre en place pour donner un coup de pouce aux commerçants. Tous ont convenu qu’il fallait agir pour obliger les propriétaires à louer leurs locaux dans un délai raisonnable et encadrer les baux commerciaux, bien que dans ce domaine, la Ville ne puisse agir seule.

Luc Rabouin, le candidat de Projet Montréal, a rappelé que l’administration Plante avait adopté plusieurs mesures pour réduire le fardeau fiscal des commerçants, dont une réduction de la taxation de 10 % pour la première tranche de 500 000 $ et moins de l’évaluation foncière ainsi qu’une compensation lors de chantiers. Il a suggéré de mettre sur pied un programme qui aiderait les commerçants indépendants à accéder à la propriété et à acheter les bâtiments qu’ils occupent.

Le candidat du Vrai Changement pour Montréal, Marc-Antoine Desjardins, s’est prononcé en faveur d’une taxation des locaux vacants. Il a aussi évoqué l’idée de recourir, avec la collaboration de Québec, à la forclusion, un système qui permettrait aux autorités d’offrir de façon temporaire ces locaux vacants à des artistes ou à des organismes sociaux.

De son côté, Jean-Pierre Szaraz, d’Ensemble Montréal, a proposé d’imposer une taxe sur les locaux vacants dans des endroits ciblés et d’offrir un crédit de taxes pour les nouveaux commerces.

Des permis coûteux

Les terrasses qui apparaissent au printemps sont populaires, mais le permis pour les aménager coûte très cher, ont convenu les trois candidats, qui s’engagent à revoir à la baisse les tarifs. « L’arrondissement doit être un facilitateur et non pas un frein à l’expansion [du commerce] », a fait valoir Marc-Antoine Desjardins, qui compte sur le dialogue avec les commerçants pour revitaliser les artères en difficultés.

« On a vu des terrasses qui ont atteint des frais d’administration de 18 000 $», a signalé Jean-Pierre Szaraz, qui plaide pour une baisse de tarifs pour les terrasses. « Ça ne devrait pas être une source de profits pour l’arrondissement. Il faut aider les commerçants plutôt que de leur nuire. […] Nos commerçants se font harceler pour des niaiseries. »

Luc Rabouin a lui aussi reconnu que les charges fiscales imposées aux commerçants étaient trop élevées. « Aujourd’hui, les terrasses du Plateau sont les plus belles à Montréal, mais elles sont aussi parmi les plus chères. Je m’engage donc à ce qu’on réduise progressivement leur tarification », a-t-il dit.

Les vélos

Les candidats se rejoignaient sur certains points, comme la lutte à la spéculation immobilière, mais ils ont aussi montré leurs divergences. Jean-Pierre Szaraz a notamment remis en question le Réseau express vélo (REV) que l’administration Plante veut implanter sur la rue Saint-Denis, mais qui, selon lui, pourrait nuire au commerce.

La réplique de Luc Rabouin n’a pas tardé : « Je veux un REV et on va le faire », a-t-il lancé. Selon lui, les commerces doivent miser sur la clientèle locale et ne s’attarder qu’à l’offre de stationnement ne réglera pas leurs problèmes. « Les centres commerciaux ont les mêmes problèmes de locaux vacants : Pourtant, ils ont des stationnements gratuits à profusion ».

Marc-Antoine Desjardins croit pour sa part qu’il faut revoir le plan local de déplacement : « Est-ce que le REV est optimal sur Saint-Denis ? Il faut se poser la question dans le cadre d’un plan local de déplacement ».


Les trois candidats en lice

Luc Rabouin (Projet Montréal)

Ex-directeur du Centre d’écologie urbaine de Montréal, Luc Rabouin a dirigé la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) Centre-sud / Plateau-Mont-Royal — devenue par la suite PME MTL. Depuis 2016, il occupe le poste de directeur du développement stratégique à la Caisse d’économie solidaire Desjardins.

Jean-Pierre Szaraz (Ensemble Montréal)

Consultant en médias sociaux et gestionnaire de communauté à son compte, Jean-Pierre Szaraz vient d’une famille de commerçants et a travaillé pour plusieurs commerces du Plateau Mont-Royal. En 2017, il avait tenté de se faire élire comme conseiller du district de De Lorimier avec l’Équipe Denis Coderre.

Marc-Antoine Desjardins (Vrai Changement pour Montréal)

Avocat, Marc-Antoine Desjardins a son propre cabinet de droit social et représente les accidentés de la route et du travail. Ce cycliste a aussi fondé la Cyclovia Camillien-Houde. En 2017, il avait été candidat au poste de conseiller dans le district de Jeanne-Mance avec l’Équipe Denis Coderre. Cette fois, il porte les couleurs du Vrai Changement pour Montréal, un parti qui ne compte aucun élu.