Trottinettes en libre-service: Montréal sévira contre Lime et ses clients délinquants

L’administration municipale en a assez des trottinettes abandonnées n’importe où; elle imposera désormais des amendes aux délinquants et à l’entreprise qui loue les trottinettes.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’administration municipale en a assez des trottinettes abandonnées n’importe où; elle imposera désormais des amendes aux délinquants et à l’entreprise qui loue les trottinettes.

Jugeant que les infractions en matière de stationnement sont trop nombreuses, la Ville de Montréal a décidé de serrer la vis à la compagnie de trottinettes Lime. Le règlement encadrant ces véhicules en libre-service a été modifié et, à compter du 21 octobre prochain, toute trottinette garée illégalement pourra entraîner l’imposition d’une amende à la compagnie ou à l’usager surpris à abandonner son véhicule au mauvais endroit.

« Il y a trop de trottinettes mal stationnées dans les rues de Montréal », a dit vendredi le responsable de la mobilité au comité exécutif, Éric Alan Caldwell, un mois après le déploiement des trottinettes de Lime.

Auparavant, Lime avait deux heures, à la suite d’un signalement du public ou de la Ville, pour déplacer une trottinette mal garée. À compter du 21 octobre, elle recevra une amende de 100 $ si un inspecteur de la Ville ou un policier constate la présence d’une trottinette stationnée hors des zones désignées sur la chaussée. Les usagers pourront se voir imposer une amende de 50 $.

« On resserre la vis et, maintenant, on remettra une contravention à vue lorsqu’on verra une trottinette mal stationnée », a expliqué M. Caldwell.

Les casques

L’élu soutient qu’aucun constat d’infraction n’a été remis à Lime depuis le déploiement des trottinettes le 13 août dernier, car l’entreprise déplaçait les véhicules en infraction à l’intérieur du délai prescrit de deux heures. « Mais on réalise que ce système-là ne nous permet pas d’atteindre un niveau de conformité au règlement comme on le souhaite », a soutenu Éric Alan Caldwell.

Quant aux casques, que bon nombre d’usagers omettent de porter, l’élu estime que Québec, qui supervise le projet-pilote, devra prendre en considération cet enjeu dans sa réflexion.

On resserre la vis et, maintenant, on remettra une contravention à vue lorsqu’on verra une trottinette mal stationnée

 

Les modifications au règlement encadrant les trottinettes s’appliquent aussi aux vélos Jump d’Uber. L’administration Plante juge toutefois que l’entreprise a fait les efforts requis pour améliorer la situation. « Mais pour Lime, l’amélioration est beaucoup moins bonne. »

Une autre entreprise, Bird, a déposé une demande de permis pour 200 trottinettes, mais la Ville poursuit l’étude du dossier.

Le projet-pilote des trottinettes et des vélos électriques en libre-service à Montréal prendra fin le 15 novembre. La Ville indique qu’il est trop tôt pour dire si des permis seront accordés l’an prochain.

Volonté de collaborer

Par courriel, Lime a fait savoir que l’entreprise poursuivrait sa collaboration avec la Ville. « Nous sommes déterminés à continuer à informer les utilisateurs sur le stationnement approprié et à faire en sorte que les trottinettes deviennent un atout précieux pour la communauté montréalaise », a précisé l’entreprise.

De son côté, Jump a rappelé que des avertissements avaient été donnés à 1154 utilisateurs délinquants. Les récidivistes ont pour leur part reçu des amendes de 25 $ et certains ont perdu le droit d’utiliser les vélos de Jump.

Selon les données fournies par la Ville, Lime aurait enregistré une moyenne de 1570 trajets par jour depuis le 13 août. Pour sa part, les usagers de Jump auraient effectué une moyenne de 1702 déplacements par jour depuis le 26 juin.

L’administration Plante a mal géré ce dossier et les modifications apportées au règlement vendredi matin le démontrent, estime le chef de l’opposition, Lionel Perez. « L’administration de Projet Montréal est en mode panique. Il y a quelques mois, ils nous ont annoncé presque la 8e merveille du monde en disant que c’était une avancée importante de la mobilité, qu’ils avaient le règlement le plus sévère au monde et qu’ils allaient sévir », a-t-il dit. « C’est tout autre chose. »