La hausse de taxes ne dépassera pas 2% en 2020, promet Valérie Plante

Montréal a déposé son nouveau rôle d’évaluation qui servira de base de calcul pour établir les taxes municipales et scolaires.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Montréal a déposé son nouveau rôle d’évaluation qui servira de base de calcul pour établir les taxes municipales et scolaires.

La valeur des immeubles sur le territoire de l’agglomération de Montréal a augmenté de 13,7 %, indique le rôle d’évaluation déposé par la Ville de Montréal mercredi pour les trois prochaines années. Pour le secteur résidentiel, cette hausse atteint 15 %. L’administration de Valérie Plante promet toutefois que les hausses de taxes des Montréalais seront limitées à 2 % en moyenne l’an prochain.

Les données du nouveau rôle d’évaluation contrastent avec celles du précédent rôle, qui fixait à 5,9 % la hausse de valeur pour l’ensemble des propriétés de l’île de Montréal.

 
19,8 %
C’est dans l’arrondissement de Verdun qu’on retrouve la hausse moyenne de la valeur des propriétés la plus élevée.

Ce sont les immeubles résidentiels de six logements ou plus qui ont connu la plus forte progression avec une croissance de 21,7 %. La valeur des unifamiliales a pour sa part augmenté de 16,7 %, tandis que celle des immeubles résidentiels de cinq logements ou moins a bondi de 13,6 %. Quant aux logements en copropriété divise (condominiums), dont la croissance avait été limitée à 2,2 % dans le rôle précédent, leur valeur a grimpé de 8,7 %. Leur valeur moyenne atteint 359 800 $ à Montréal.

La valeur des immeubles non résidentiels a quant à elle augmenté en moyenne de 9,8 % sur l’île de Montréal.

Verdun en tête

À l’échelle de la ville de Montréal, ce sont les arrondissements de Verdun (19,8 %), du Sud-Ouest (17,1 %), du Plateau-Mont-Royal (16,7 %), d’Outremont (16,3 %) et de Rosemont–La Petite-Patrie (14,6 %) qui ont connu les hausses de valeur les plus importantes. Les arrondissements d’Anjou (8,1 %), de Montréal-Nord (6,9 %) et de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles (6,5 %) ferment la marche.

 
27,4 %
Le titre de ville liée ayant la plus forte augmentation revient à L’Île-Dorval.

Du côté des villes liées, L’Île-Dorval (27,4 %) trône au sommet du palmarès des hausses de valeur, suivie de Beaconsfield (25,9 %), de Hampstead (23,6 %), de Mont-Royal (23,1 %), de Kirkland (22,6 %) et de Westmount (20,6 %).

Un total de 488 683 unités sont inscrites dans ce rôle qui couvre les années 2020, 2021 et 2022, pour une valeur totale de 384,5 milliards de dollars, ce qui représente une hausse de 75,7 milliards par rapport au rôle précédent.

Plusieurs facteurs ont pu contribuer aux hausses observées dans l’ouest de l’île, où elles avaient été plutôt mitigées lors du dernier rôle. « Il y a peut-être juste un rééquilibrage », note Joanie Fontaine, économiste à la firme JLR. Mais l’effet du Réseau express métropolitain (REM) pourrait commencer à se faire sentir, non seulement dans les villes liées, mais aussi à Verdun — qui englobe L’Île-des-Soeurs, où une station sera construite —, avance-t-elle : « Il va y avoir une plus-value dans les secteurs qui sont à proximité du REM. »

L’impact sur les taxes

Révisé tous les trois ans, le rôle foncier sert de référence au calcul des taxes scolaires et municipales. Il se base sur les données du marché immobilier au 1er juillet 2018. À cette date, 31 000 transactions avaient été enregistrées sur l’île de Montréal.

Les hausses de valeur n’entraînent pas nécessairement une augmentation des taxes du même ordre puisque le rôle pourrait être étalé sur trois ans, et la Ville ajuste à la baisse le taux de taxation. Reste que les propriétaires dont la résidence est touchée par une valeur au-dessus de la moyenne peuvent s’attendre à devoir assumer une hausse de taxes plus salée.

Le président du comité exécutif, Benoit Dorais, a toutefois promis que les hausses de taxes se limiteraient à l’indice des prix à la consommation (IPC) établi par le Conference Board, soit à une moyenne de 2 % pour le secteur résidentiel et à 1,5 % pour les immeubles non résidentiels. Ce taux n’inclut pas les taxes locales que pourraient imposer certains arrondissements, a-t-il précisé. « 2 %, c’est raisonnable, croit-il. C’est sûr que ça se répartira différemment selon les arrondissements. »

Le budget 2020 de la Ville, qui déterminera le taux de taxation et les hausses relatives à chacun des arrondissements montréalais, sera déposé plus tard cet automne.

Le groupe citoyen Montréal pour tous n’est pas rassuré par les promesses de M. Dorais. « L’élastique de la taxation foncière actuelle ne peut plus être étiré », soutient l’organisme, qui presse la Ville d’adopter d’autres mesures pour aider les contribuables comme demander à Québec 1 % de la TVQ et créer un programme de prêts à taux réduit qui permettrait aux propriétaires en difficulté de reporter le paiement de leur impôt foncier.

Variations des valeurs foncières par arrondissement

Verdun 19,8 %

Le Sud-Ouest 17,1 %

Le Plateau-Mont-Royal 16,7 %

Outremont 16,3 %

Rosemont–La Petite-Patrie 14,6 %

Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce 13,7 %

Ville-Marie 13,5 %

Lachine 13,1 %

Pierrefonds-Roxboro 13,0 %

LaSalle 12,1 %

Saint-Michel–Parc-Extension 12,1 %

Saint-Laurent 10,9 %

Mercier–Hochelaga-Maisonneuve 10,6 %

Ahuntsic-Cartierville 10,5 %

L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève 9,1 %

Saint-Léonard 8,7 %

Anjou 8,1 %

Montréal-Nord 6,9 %

Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles 6,5 %

Villes liées
L’Île-Dorval 27,4 %

Beaconsfield 25,9 %

Hampstead 23,6 %

Mont-Royal 23,1 %

Kirkland 22,6 %

Westmount 20,6 %

Baie-D’Urfé 18,5 %

Pointe-Claire 17,0 %

Dollard-des-Ormeaux 16,9 %

Montréal-Ouest 16,5 %

Côte-Saint-Luc 14,0 %

Sainte-Anne-de-Bellevue 11,8 %

Dorval 11,1 %

Montréal-Est 10,6 %

Senneville 8,5 %