Le fédéral injecte 50 millions dans le projet du grand parc de l’Ouest

Justin Trudeau a qualifié de «projet audacieux» ce parc de 3000 hectares annoncé il y a deux semaines par la mairesse Valérie Plante.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Justin Trudeau a qualifié de «projet audacieux» ce parc de 3000 hectares annoncé il y a deux semaines par la mairesse Valérie Plante.

Justin Trudeau a donné son appui au projet de la mairesse, Valérie Plante, de créer un grand parc urbain dans l’Ouest-de-l’Île. De passage à l’Hôtel de Ville mercredi, le premier ministre a annoncé une contribution financière de 50 millions de dollars du gouvernement fédéral pour la protection d’espaces naturels et l’achat de terrains dans l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro.

M. Trudeau a qualifié de « projet audacieux » ce parc de 3000 hectares annoncé il y a deux semaines par la mairesse Plante. Selon lui, il importe de poser des gestes dans le contexte des changements climatiques.

Cet espace protégé doit englober plusieurs parcs-nature existants, dont ceux de l’Anse-à-l’Orme, du Bois-de-l’Île-Bizard et du Bois-de-la-Roche. Le financement fédéral permettra notamment de faire des travaux pour contrer les inondations avec l’amélioration des émissaires pluviaux et l’installation d’équipements de pompage et des clapets pour prévenir les débordements lors des crues printanières. Ils serviront aussi à réaliser des travaux de cartographie et à mener des consultations.

Rappelons que l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro avait été affecté par les inondations de 2017 et de 2019. « Vaut mieux continuer d’investir à s’adapter aux changements climatiques plutôt que de devoir indemniser [les citoyens lors d’inondations] », estime le ministre fédéral de l’Infrastructure, François-Philippe Champagne.

Mais cet argent permettra aussi à la Ville de faire des acquisitions dans le cadre de son projet de parc urbain puisque plusieurs terrains inclus dans le périmètre du futur parc urbain appartiennent à des intérêts privés.

Un budget préliminaire

Le coût total de réalisation de ce grand parc — décrit comme le plus grand parc municipal au Canada avec une superficie huit fois supérieure à celle du Central Park de New York — demeure inconnu. La Ville a pour l’instant fixé à 125 millions le budget préliminaire de ce projet. « Au fur et à mesure que le projet va se concrétiser et que d’autres partenaires [vont s’impliquer], le budget évoluera en conséquence », a expliqué la mairesse Plante. « C’est un budget initial, mais ça ne sort pas de notre chapeau. On a réalisé d’autres projets de parcs. On a une compréhension des coûts qui sont nécessaires. Mais c’est sûr que ça va augmenter. »

De même, la mairesse n’a pu chiffrer le coût des achats de terrains qui seront nécessaires puisque des négociations seront nécessaires et que des expropriations pourraient être requises. Elle a toutefois signalé qu’il s’agissait des derniers espaces verts à Montréal qui ne sont pas contaminés. « En termes de coûts sur le long terme, on est gagnants », pense-t-elle.

La Ville souhaite aussi conclure des ententes avec des partenaires privés comme l’Université McGill et le Collège John Abbott qui disposent de terrains dans ce secteur.

Mise en demeure

La décision de l’administration Plante de se doter d’un grand parc dans l’Ouest-de-l’Île a valu une mise en demeure à la mairesse de la part de trois promoteurs du projet Cap Nature. Ceux-ci dénoncent la décision de l’administration Plante de créer un parc qui les empêchera de réaliser leur projet immobilier de 5500 unités sur les terrains qui leur appartiennent dans Pierrefonds-Ouest.

Valérie Plante a toutefois indiqué qu’elle entendait répondre « favorablement » à cette mise en demeure. « Les promoteurs ont demandé une rencontre. Alors, la rencontre aura lieu parce que c’est normal. Ils sont sur ce territoire et on rencontre tous les partenaires », a-t-elle dit, tout en soulignant qu’elle n’y assisterait probablement pas elle-même.

Questionnée sur la possibilité qu’une partie des terrains des promoteurs immobiliers de Cap Nature puisse être développée, la mairesse a eu cette réplique : « Ce sera un parc ».