Parc municipal: les menaces de poursuite ne freinent pas Valérie Plante

La mairesse Valérie Plante
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La mairesse Valérie Plante

Valérie Plante a qualifié de « prévisible » la mise en demeure expédiée par trois promoteurs de Cap Nature, dont le projet immobilier est compromis par la création d’un grand parc dans l’Ouest-de-l’Île. La mairesse assure que l’administration a la ferme intention d’aller de l’avant pour préserver davantage d’espaces verts. Des annonces pourraient être faites sous peu dans ce dossier, a-t-elle dit.

Le mécontentement des promoteurs immobiliers n’étonne pas la mairesse Plante, d’autant que les administrations précédentes les ont encouragés à faire du développement immobilier dans Pierrefonds-Ouest, a-t-elle expliqué au conseil municipal quand le chef de l’opposition, Lionel Perez, l’a interrogé à ce sujet. « Quand on se lance dans un projet comme celui-ci, évidemment, une mise en demeure était prévisible puisque les administrations comme la vôtre, lorsque vous étiez au pouvoir, ont dit à des promoteurs : “Ben oui, construisez dans des terres inondables. Les gens achèteront les maisons et se retrouveront les pieds dans l’eau. Pis ? On verra” », a-t-elle dit.

Valérie Plante rejette toutefois les critiques de l’opposition qui l’accuse d’improviser dans ce dossier et de ne pas être en mesure de présenter un plan de financement cohérent. Le 8 août dernier, la mairesse avait annoncé la création d’un grand parc municipal dans l’Ouest-de-l’Île. Sa superficie englobe plusieurs parcs-nature, dont celui de l’Anse-à-l’Orme, mais également les terrains appartenant à cinq promoteurs immobiliers qui souhaitent y bâtir 5500 unités résidentielles.

Annonce prochaine

La semaine dernière, trois d’entre eux ont fait parvenir une mise en demeure à la mairesse et à l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro qu’ils accusent d’avoir saboté la réalisation de leur projet sur lequel ils travaillent depuis 14 ans. Dans la missive, ils relatent les rencontres qu’ils ont eues avec l’ancien responsable des grands parcs au comité exécutif, Luc Ferrandez. Celui-ci leur aurait notamment dit que l’administration misait sur un engagement des libéraux de Justin Trudeau pour obtenir une aide financière qui permettrait à la Ville de procéder à l’achat des terrains convoités.

« On ne fait pas des trucs sur le bout d’une table sans avoir un plan de match », a fait valoir la mairesse. « Je vous invite à rester très attentifs dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, à ce qui s’en vient. Les Montréalais vont comprendre à quel point ce projet-là, on y tient et qu’on est capables de le mener à terme parce que c’est une volonté de l’ensemble des Montréalais qu’on préserve les derniers espaces verts. »

Quel plan ?

Reste qu’aux yeux de Lionel Perez, le projet demeure « mal ficelé » bien qu’il ne s’oppose pas à la création de ce grand parc. Les citoyens sont en droit de connaître les détails du plan de l’administration, insiste-t-il. « S’il y a une poursuite, ce sera aux contribuables de payer pour les avocats de la mairesse. […] Madame la mairesse veut faire de belles annonces, mais la poutine, le quotidien et la rigueur ne sont pas au rendez-vous », a-t-il indiqué.

Le maire de Pierrefonds-Roxboro et membre d’Ensemble Montréal, Jim Beis, est aussi blâmé par les promoteurs dans leur mise en demeure, mais Lionel Perez maintient que la décision ultime de créer un parc revient à l’administration Plante.